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Ségur de la santé : une majorité syndicale approuve l'accord sur les salaires à l'hôpital

Les internes en médecine manifestent devant le ministère de la Santé, jeudi 9 juillet à Paris, pour dénoncer leur manque de moyens et l'accord pour les personnels hospitaliers, jugé insuffisant.
Les internes en médecine manifestent devant le ministère de la Santé, jeudi 9 juillet à Paris, pour dénoncer leur manque de moyens et l'accord pour les personnels hospitaliers, jugé insuffisant. © Ludovic Marin, AFP
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Trois syndicats de praticiens hospitaliers ont confirmé samedi qu'ils signeraient l'accord sur les hausses de salaires élaboré par le gouvernement dans le cadre du "Ségur de la santé". Le feu vert de ces trois organisations syndicales permet d'obtenir un accord majoritaire.

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Le projet de hausse de 450 millions d'euros pour les rémunérations des médecins hospitaliers élaboré dans le cadre du "Ségur de la santé" a fait l'objet d'un accord majoritaire, après le feu vert donné samedi 11 juillet par un troisième syndicat, qui permet de franchir le seuil des 50 % de représentativité.

Deux organisations syndicales de praticiens hospitaliers, le CMH et l'INPH, avaient déjà annoncé vendredi qu'elles signeraient l'accord élaboré dans le cadre du "Ségur de la santé". Une troisième organisation, le Snam-HP, a assuré samedi qu'elle ferait de même.

"Nous allons signer. C'est un bon accord, qui apporte une reconnaissance pour l'ensemble des médecins hospitaliers", a souligné auprès de l'AFP le président du Snam-HP, Sadek Beloucif.

Les deux autres syndicats représentatifs, APH et Jeunes médecins, ont assuré pour leur part qu'ils ne pouvaient valider en l'état le protocole d'accord, en estimant dans un communiqué que "les vrais sujets" avaient été "éludés de la négociation".

La décision du Snam-HP, qui permet à une majorité syndicale de se dégager en faveur du texte soumis par le gouvernement, survient alors qu'un accord majoritaire a été obtenu vendredi pour les personnels paramédicaux (aides-soignants, infirmiers…) et non médicaux (agents techniques et administratifs).

Ces deux accords devraient faire l'objet d'une signature officielle lundi après-midi à Matignon, en présence du Premier ministre, Jean Castex, et du ministre de la Santé, Olivier Véran, selon des sources concordantes.

L'accord pour les médecins hospitaliers, dont l'AFP a obtenu copie, comprend 16 mesures, dont une augmentation de la prime versée aux praticiens qui s'engagent à ne travailler que dans les hôpitaux publics, sans dépassement d'honoraires.

Cette indemnité, aujourd'hui de 490 euros brut par mois pour un temps plein et 700 euros après quinze années de "service public exclusif", doit ainsi passer à 1 010 euros "en deux temps", au 1er septembre, puis au 1er mars 2021.

Une "révision" des grilles de salaires est par ailleurs envisagée "à compter du 1er janvier 2021", avec des évolutions ciblées sur le début et la fin de carrière qui "représentent une somme prévisionnelle en année pleine de 100 millions d'euros".

"Égalité" et "équité"

Pour le Snam-HP, ces mesures vont permettre de renforcer "l'égalité" entre les médecins, mais également "l'équité", en donnant un coup de pouce plus important aux médecins en début de carrière qu'à ceux en fin de carrière – une mesure saluée par Sadek Beloucif.

Les syndicats espéraient à l'origine une enveloppe plus importante, de l'ordre de plusieurs milliards d'euros, pour les médecins hospitaliers. Mais le ministère de la Santé a refusé d'aller au-delà des 450 millions d'euros.

"On n'a pas eu tout ce qu'on voulait [mais] ce n'est pas une fin, c'est un début", a estimé Rachel Bocher, présidente de l'INPH.

Jeunes médecins et APH regrettent de leur côté que le gouvernement ait refusé de consacrer les 180 millions d'euros qu'ils réclamaient pour les "gardes" effectuées par les praticiens hospitaliers.

Les deux syndicats, absents lors de la dernière séance de négociation, demandent "la tenue d'une nouvelle réunion, respectant les règles du dialogue social [] qui permette de conclure à un protocole d'accord qui aura l'effet du choc d'attractivité tant attendu".

"Nous pouvons considérer aujourd'hui que le pseudo-accord qui va être signé par certains syndicats ne répond pas aux attentes des professionnels de terrain", a abondé dans un communiqué l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Pour ce syndicat, qui fait part de son "immense déception", "la montagne" du Ségur de la santé a accouché "d'une souris". "Nous risquons d'assister à des démissions dans les semaines qui viennent", assure-t-il.

Avec AFP

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