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Jean Castex au chevet de la Guyane en pleine épidémie de Covid-19

Le Premier ministre, Jean Castex, à son arrivée en Guyane le 12 juillet 2020. Derrière lui, un Airbus A400M contenant des équipement médicaux pour faire face à l'épidémie de Covid-19.
Le Premier ministre, Jean Castex, à son arrivée en Guyane le 12 juillet 2020. Derrière lui, un Airbus A400M contenant des équipement médicaux pour faire face à l'épidémie de Covid-19. © Jody Amiet, AFP
4 mn

Le Premier ministre, Jean Castex, est arrivé dimanche en Guyane pour un déplacement consacré à la lutte contre le Covid-19. Les centres hospitaliers sont déjà sous tension, alors que le pic de l'épidémie dans ce territoire français d'Amérique du sud est attendu pour la deuxième moitié de juillet.

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Assurer les habitants de la Guyane de "la pleine mobilisation de l'État" contre l'épidémie galopante de Covid-19, c'est la mission du Premier ministre, Jean Castex, qui est arrivé dimanche 12 juillet dans ce territoire français d'Amérique du sud dont les centres hospitaliers sont sous forte tension.

"La situation épidémiologique semble s'améliorer", a déclaré Jean Castex, masque de protection sur son visage, dans une allocution dès son arrivée. "Ceci ne doit rien au hasard […], la mobilisation de l'État et de l'ensemble des services publics n'est pas étrangère à cette évolution", a ajouté le Premier ministre.

Accompagné par le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, Jean castex a débarqué sur la base aérienne de Matoury, a constaté l'AFP. Le module médical de réanimation pour les opérations leur a été présenté à bord d'un l'avion de transport militaire Airbus A400M.

Il se rendra à Cayenne auprès du centre interministériel de crise qui vient d'être installé, sous les ordres du directeur de crise, Patrice Latron, arrivé jeudi de Paris. Il doit aussi rencontrer personnels hospitaliers et élus. Puis il ira à l'hôpital de Cayenne et à l'Institut Pasteur.

La Guyane, toujours placée sous état d'urgence sanitaire comme Mayotte, comptait samedi 5 949 cas de Covid-19 confirmés – dont 130 hospitalisations et 23 patients en réanimation – et 26 décès. Le pic de l'épidémie est attendu dans la deuxième quinzaine de juillet.

Le chef du gouvernement entend marquer que "la République est unie et solidaire et qu'elle n'abandonne en aucun cas la Guyane", a-t-il déclaré dans un entretien au journal France-Guyane.

"Je viens […] avec la volonté de préparer la France à une éventuelle deuxième vague [mais] en préservant la vie économique, la vie sociale", avait prévenu mercredi Jean Castex.

Proximité avec le Brésil

L'épidémie a fortement augmenté en Guyane depuis le déconfinement, alors que le territoire avait été relativement épargné lorsque la métropole était confrontée à la pleine expansion du virus. La Guyane a été confinée le 16 mars au stade 1 de l'épidémie, comptant alors moins de 10 cas.

Mais depuis mai, en raison notamment de la proximité de la Guyane avec le Brésil voisin fortement touché, le virus met à mal le système de santé déjà fragile. Les trois hôpitaux du territoire – les centres hospitaliers de Cayenne, de Kourou et de l'ouest guyanais à Saint-Laurent-du-Maroni –, déjà mobilisés pour des patients victimes de la leptospirose ou de la dengue, ont déclenché le week-end dernier leurs plans blancs.

L'ex-ministre des Outre-mer, Annick Girardin, venue fin juin avec des renforts sanitaires, avait lancé un appel à la solidarité nationale pour faire venir plus de soignants, estimant qu'il fallait au total 300 renforts supplémentaires pour permettre d'augmenter le nombre de lits en réanimation, très faible (une trentaine sur Cayenne actuellement).

Plus d'une centaine de membres de la réserve sanitaire sont déjà sur place et, vendredi, 22 militaires du service de santé des armées et du matériel de santé sont arrivés, pour appuyer le Centre hospitalier de l'Ouest guyanais (CHOG) à Saint-Laurent du Maroni.

Un hôpital de campagne de la sécurité civile a aussi été installé au centre hospitalier de Cayenne pour accueillir des patients "non Covid".

Évacuations sanitaires

Population et élus réclament régulièrement l'arrivée de l'hôpital de campagne militaire qui a déjà été mobilisé à Mulhouse ainsi qu'à Mayotte pendant la crise et qui dispose de lits de réanimation. Impossible selon le ministre de la Santé, car il s'agit d'une structure "qui prend beaucoup de temps pour être démontée, transportée et remontée".

Plusieurs évacuations sanitaires de malades ont été réalisées vers la Guadeloupe et la Martinique, mais le manque de places dans les hôpitaux antillais commencent à se faire sentir, a indiqué la directrice de l'Agence régionale de Santé (ARS), Clara de Bort.

Pour freiner l'épidémie, des mesures de reconfinement ciblé de certains quartiers ou de certaines communes ont été mises en place, et un couvre-feu est en vigueur.

Le Premier ministre est notamment attendu par le collectif Mayouri Santé Guyane, composé des principales forces militantes et politiques à l'origine du grand mouvement social de 2017, qui réclame des mesures et des moyens supplémentaires contre l'épidémie, et notamment un plus grand nombre de tests.

"Il y a des difficultés structurelles auxquelles j'ai bien l'intention de m'attaquer", comme "l'accès des Guyanais aux services publics et aux soins ou encore à la capacité de l'économie locale à produire de l'emploi et des perspectives", a affirmé le locataire de Matignon à France-Guyane.

Avec AFP

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