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Le sortant Andrzej Duda remporte la présidentielle en Pologne

Le président conservateur, Andrzej Duda, s'adresse à ses partisans à Pultusk, en Pologne, le 12 juillet 2020.
Le président conservateur, Andrzej Duda, s'adresse à ses partisans à Pultusk, en Pologne, le 12 juillet 2020. © Janek Skarzynski, AFP
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Le conservateur polonais Andrzej Duda a été réélu à la présidence du pays, lundi, selon les résultats officiels. Après le dépouillement de 99,7 % des bulletins, il devançait légèrement le libéral pro-européen Rafal Trzaskowski avec 51,21 % des votes contre 48,79 %. 

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Le chef de l'État sortant, le conservateur Andrzej Duda a été réélu en Pologne, selon les résultats officiels publiés le 13 juillet. Après dépouillement de 99,97 % des bulletins, le candidat sortant avait cumulé 51,21 % des voix au deuxième tour. Andrzej Duda devance de peu le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, candidat libéral et europhile de la Plateforme civique (PO), principale formation de l'opposition, qui a cumulé 48,79 % des voix au second tour.

"Il manque 120 000 voix à dépouiller, celle des Polonais de l'étranger, et cela  ne pourra pas renverser la tendance", assure Gulliver Cragg, correspondant de France 24 en Pologne. 

Une Pologne polarisée

Le taux de participation de 67,9% est très élevé pour la Pologne qui ressort plus polarisée que jamais de cette élection, tant du point de vue de la géographie que de la démographie du vote. "Jamais dans l'histoire du pays, depuis la chute du communisme il y a trente ans, on avait eu un résultat aussi serré entre deux Pologne qui ne se rassemblent pas sur grand chose", commente Bruno Daroux, chroniqueur international à France 24. 

Se dessine une carte divisée entre une Pologne de l'ouest jeune, urbaine et progressiste et une Pologne de l'est plus conservatrice, traditionnelle, rurale et sans surprise, plus âgée. Cette frange du pays - qui remporte l'élection donc - est aussi plus nationaliste ou du moins eurosceptique. 

Selon un sondage Ipsos et tvn24, Andrzej Duda a remporté le vote de l'est et du sud-est du pays, alors que Rafal Trzaskowski a convaincu l'ouest et le nord-ouest. Le sortant a également plus convaincu dans les villages et les villes de moins de 50 000 habitants alors son opposant a plus séduit dans les villes de plus de 50 000 habitants. Enfin, la majorité des électeurs de Duda ont entre 50 et 60 ans, alors que ceux de Trzaskowski ont entre 18 et 49 ans.

La poursuite du programme ultraconservateur du PiS

"Cette victoire est en fait celle du parti Droit et Justice (PiS) et de son dirigeant, Jaroslaw Kaczynski", explique Gulliver Cragg. Le PiS, au pouvoir depuis 2015, va pouvoir poursuivre la mise en œuvre de son programme conservateur. "Andrzej Duda est fidèle au parti et susceptible de signer toute législation que le PiS mettra sur son bureau", estime Gulliver Cragg. 

Le parti est engagé dans une reprise profonde du système polonais, avec notamment la prise de contrôle du gouvernement sur l'appareil judiciaire et les médias publics. Il est maintenant probable qu'il veuille étendre le contrôle aux médias privés."Les dirigeants du PiS ne sont visiblement pas satisfaits d'avoir seulement pris le contrôle des médias publics et de les avoir transformés en médias de campagne en faveur d'Andrzej Duda. Ils estiment que les critiques émanant des médias privés, financés en partie par des subsides étrangers, ne sont pas acceptables", précise le journaliste. 

Le PiS mène également un combat sur les valeurs morales, avec la défense de la famille traditionnelle. Il a la volonté d'inscrire dans la Constitution l'interdiction pour les personnes de mêmes sexes d'adopter un enfant. Pendant sa campagne, Andrzej Duda a suivi cette ligne dure, attaquant notamment les droits des personnes LGBT et rejetant l'idée d'indemnisations pour les biens juifs volés par les nazis et sous le régime communiste. Ses détracteurs l'accusent de faire reculer les libertés démocratiques acquises il y a trois décennies à la chute du communisme. 

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"Gueule de bois à Bruxelles"

À Bruxelles, l'annonce de cette victoire risque d'être mal accueillie. "Ça doit être la gueule de bois à Bruxelles car il y avait un véritable espoir de changement à Varsovie", rappelle Bruno Daroux. La Commission européenne espérait voir élu l'europhile Rafal Trzaskowski, aux valeurs tout à fait compatibles. "Les relations risquent de rester tendues entre Varsovie et l'Union européenne", prédit le chroniqueur. 

La Pologne est l'un des pays les plus importants de l'Union européenne, tant en superficie qu'en démographie. "Son rôle politique est donc très important. Le fait que la Pologne se maintienne sur la voie de la démocratie autoritaire, à l'instar de la Hongrie, est forcément une mauvaise nouvelle pour Bruxelles", conclue Bruno Daroux. 

 

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