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14-Juillet : ce qu’il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron

Le président français, Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020, place de la Concorde à Paris.
Le président français, Emmanuel Macron, le 14 juillet 2020, place de la Concorde à Paris. © Ludovic Marin, AFP
8 mn

Dans un entretien télévisé, mardi après-midi, le chef de l’État a notamment affirmé qu’il souhaitait rendre le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos et a annoncé plusieurs mesures en direction des jeunes pour limiter le chômage de masse qui s’annonce à la rentrée.

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Port du masque, plan de relance, lutte contre le chômage des jeunes, réforme des retraites, lutte contre le réchauffement climatique : Emmanuel Macron a balayé de nombreux sujets et fait plusieurs annonces, mardi 14 juillet, lors d’un entretien télévisé réalisé à l’occasion de la fête nationale.

  • Port du masque obligatoire dans les lieux publics clos
Emmanuel Macron sur le port du masque

"On le fait dans les transports, ça marche très bien, mais c'est un peu erratique dans les lieux publics clos […] ça veut dire qu'il faut que les choses s'organisent", a souligné le chef de l’État qui a "recommandé à tous nos concitoyens de porter le masque au maximum, quand ils sont dehors et, a fortiori, quand ils sont dans un lieu clos".

"Aujourd'hui nous avons des inquiétudes", a-t-il souligné, avertissant qu'il "y a des indices [que] ça ré-accélère, nous avons des signes que ça repart quand même un peu", par exemple le taux de contamination par personne infectée est récemment repassé légèrement au-dessus de 1 (une personne infectée contamine plus d'une autre personne, donc l'épidémie augmente).

>> À lire : Avec ou sans masque dans les lieux publics clos : le casse-tête de l'exécutif

Rappelant que "la meilleure prévention c'est les gestes barrière", Emmanuel Macron a dit "souhaite[r] que dans les prochaines semaines on rende obligatoire le masque dans tous les lieux publics clos […] par exemple à partir du 1er août".

  • Une rentrée des classes "quasi normale"

La rentrée des 12 millions d’élèves français en septembre sera "la plus normale possible", a insisté le président, mais "évidemment", a-t-il précisé, "s'il y avait une accélération [du virus] pendant le mois d'août, on sera amené à revoir cette rentrée. Ça n'est pas ce que je souhaite, si on fait bien les choses, nous aurons une rentrée des classes un peu différente, encore plus exigeante".

>> À lire : Déconfinement dans les écoles : les enseignants s'adaptent mais s'interrogent

Le ministère de l'Éducation a publié le 10 juillet une circulaire pour encadrer la rentrée, qui se fera dans les mêmes conditions sanitaires que celles appliquées à la fin de l'année scolaire.

"Tous les élèves sont accueillis sur le temps scolaire", précise la circulaire. "Gestes barrière, hygiène des mains, port du masque pour les adultes et les élèves de plus de 11 ans lorsque les règles de distanciation ne peuvent être respectées dans les espaces clos, ainsi que dans les transports scolaires, nettoyage et aération des locaux", est-il détaillé.

  • Chômage : des dispositifs à destination des jeunes
Emmanuel Macron sur le plan de relance

Le gouvernement va mettre en place un "dispositif exceptionnel d'exonération des charges pour les jeunes", destiné en particulier à favoriser l'embauche de salariés à "faibles qualifications, jusqu'à 1,6 Smic", a annoncé Emmanuel Macron.

Ce dispositif, destiné à faire de la jeunesse "la priorité de cette relance", est "exceptionnel parce qu'il durera un à deux ans, on va l'évaluer", a précisé le président de la République, qui a également annoncé l’ouverture de 200 000 places dans les formations qualifiantes supérieures pour permettre aux jeunes de poursuivre un peu leurs études et la création de 300 000 projets et contrats d’insertion pour les jeunes éloignés de l’emploi.

  • "Au moins 100 milliards" d’euros pour le plan de relance

Le plan de relance de l'économie française représentera "au moins 100 milliards d'euros", en plus des 460 milliards déjà engagés en mesures sectorielles et de soutien à l'économie depuis le début de l'épidémie, a annoncé Emmanuel Macron.

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"On met avec ce plan de relance, en plus de cet argent déjà mis, au moins 100 milliards pour faire la relance industrielle, écologique, locale, culturelle et éducative. Je suis convaincu qu'on peut bâtir un pays différent d'ici à dix ans", a affirmé le président de la République.

Emmanuel Macron a en revanche exclu de financer l’explosion des dépenses publiques par une augmentation des impôts. "Il y a une trajectoire fiscale qui a été décidée, votée par la représentation nationale, c'est celle qui sera tenue", a-t-il affirmé, ajoutant qu'"on ne résout pas une crise comme celle-ci en augmentant les impôts".

  • Lutte contre le réchauffement climatique
Emmanuel Macron sur le réchauffement climatique

Emmanuel Macron a affirmé vouloir inscrire "le plus vite possible" la lutte contre le réchauffement climatique dans la Constitution, demande formulée par la Convention citoyenne pour le climat et pour laquelle il est favorable à l’organisation d’un référendum. Mais, a-t-il précisé, "il faut d'abord qu'il y ait un vote par l'Assemblée puis le Sénat dans des termes conformes […]. À ce moment-là, il peut y avoir ou un congrès ou un référendum".

Le président de la République a également annoncé plusieurs projets visant à réduire l’empreinte carbone de la France. Il souhaite notamment "redévelopper massivement" le fret ferroviaire, les trains de nuit et les petites lignes.

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Il a aussi affirmé vouloir lancer "un grand programme de rénovation" énergétique, à destination des écoles et des Ehpad dans un premier temps, dans le cadre du plan de relance économique. "On doit rentrer, et ce plan de relance en est l'opportunité, dans la construction d'un modèle qui est à la fois écologique, industriel et environnemental", a-t-il déclaré.

  • Réforme des retraites

Le chef de l’État a confirmé son intention de remettre la très contestée réforme des retraites "sur l'ouvrage" d'ici à la fin de son quinquennat. Le nouveau Premier ministre, Jean Castex, réunira les partenaires sociaux vendredi pour "tout mettre sur la table", a-t-il déclaré, défendant une réforme qu'il juge "juste".

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"Il faut peut-être se donner un peu plus de temps, mieux la concerter, on doit la remettre sur l'ouvrage", a-t-il affirmé à propos d'une réforme contestée pendant des semaines l'hiver dernier et que les partenaires sociaux rechignent à reprendre.

  • Généralisation des caméras-piétons "avant la fin du quinquennat"

"Cela fait trop longtemps qu'on parle de cela", a commenté Emmanuel Macron à propos des accusations de contrôles au faciès par les forces de l'ordre, estimant qu'ils pouvaient être une source de discrimination alimentant une "défiance démocratique".

>> À lire : Racisme dans la police française : l'institution contrainte de se réformer ?

Selon le chef de l'État, les caméras-piétons doivent permettre de "retracer la vérité des faits qui permettent de protéger, de rétablir [la] confiance". "On va généraliser avant la fin du quinquennat les caméras-piétons qui permettent sur ce sujet [les contrôles au faciès] comme sur celui des modes opératoires, de rétablir la confiance entre la population et la police", a-t-il déclaré, considérant qu'il s'agit là d'un "élément essentiel" du "patriotisme républicain".

  • Respect de la "colère" féministe, mais refus de la "démocratie d'opinion"

"Je respecte toujours l'émoi et la colère des causes justes et donc, la cause féministe, je la partage, j'en ai fait un fil rouge de ce quinquennat", a dit Emmanuel Macron, affirmant qu'il ne cèderait "rien" dans la lutte contre les violences faites aux femmes et pour l'égalité réelle entre femmes et hommes.

Les défenseurs des droits des femmes ont fustigé sur les réseaux sociaux et lors de manifestations la nomination comme ministre de l’Intérieur de Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol et qui fait l'objet d'une enquête relancée mi-juin à la demande de la cour d'appel de Paris.

>> À lire : Dupond-Moretti et Darmanin, deux nominations qui passent mal chez les féministes

Se posant aussi en "garant de la présomption d'innocence", le chef de l'État a appelé la démocratie française à "ne pas céder à une émotion constante". "Si à partir du moment où quelqu'un est accusé, n'est pas jugé, il devient en quelque sorte la victime d'un jugement de rue ou de réseaux sociaux, parce qu'il y a une émotion – et je peux comprendre cette émotion parce que je partage la cause –, alors s'impose le choix politique et démocratique, de dire 'celui-ci ou celle-là ne peut pas avoir de responsabilité politique', notre démocratie change de nature, elle devient une démocratie d'opinion", a poursuivi Emmanuel Macron.

Avec AFP et Reuters

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