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Aux États-Unis, une première exécution fédérale en dix-sept ans

La prison de Terre Haute dans l'Indiana où Daniel Lee a été exécuté le 14 juillet 2020.
La prison de Terre Haute dans l'Indiana où Daniel Lee a été exécuté le 14 juillet 2020. AFP - SCOTT OLSON
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Un suprémaciste blanc, condamné à mort pour un triple meurtre, a reçu, mardi, une injection létale lors de la première exécution fédérale depuis dix-sept ans aux États-Unis.

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La Cour suprême américaine a autorisé, mardi 14 juillet, la reprise des exécutions fédérales aux États-Unis, après dix-sept ans d'interruption. Elle avait invalidé la suspension de quatre exécutions décidée la veille par un tribunal de Washington.

La première exécution a eu lieu le jour même. Daniel Lee, un suprémaciste blanc condamné à mort pour un triple meurtre, est décédé à 8 h 07 (12 h 07 GMT) d'une injection létale à la prison de Terre Haute, dans l'Indiana. Il devait être exécuté, lundi, mais des recours judiciaires de dernière minute ont retardé la procédure. 

"Vous tuez un homme innocent", a-t-il déclaré avant de mourir, selon un journaliste du Indianapolis Star, qui a assisté à l'exécution. Cet homme de 47 ans avait été condamné en 1999 à la peine capitale pour le meurtre d'un couple et de leur fillette de 8 ans dans l'Arkansas, lors d'un cambriolage destiné à financer un groupe suprémaciste.

Un recours refusé

Les condamnés affirment que le protocole d'exécution, une dose létale de pentobarbital, leur ferait subir une souffrance "irréparable" en violation de la Constitution, un argument souvent utilisé par les opposants à la peine capitale. La mère de deux victimes, Earlene Peterson, 81 ans, a également voulu saisir lundi la Cour suprême avec d'autres membres de la famille pour obtenir le report de l'exécution de Daniel Lee, en raison de la pandémie de coronavirus, mais la Cour a refusé.

"L'exécution de Danny Lee pour le meurtre de ma fille et de ma petite-fille n'est pas ce que je veux et apportera plus de douleur à ma famille", a-t-elle déclaré. Elle demandait à ce que la peine de mort soit commuée en réclusion perpétuelle, dont a écopé un deuxième homme ayant joué un rôle central dans les meurtres.

C'est "irresponsable de vouloir mener autant d'exécutions en si peu de temps" dans ce contexte de crise sanitaire, a également expliqué Robert Dunham, directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), qui fait référence sur le sujet. Il a dénoncé une "instrumentalisation politique de la peine capitale".

Aux États-Unis, la plupart des crimes sont jugés au niveau des États, mais la justice fédérale peut se saisir des actes les plus graves (attentats, crimes racistes...) ou commis sur des bases militaires, entre plusieurs États ou dans des réserves amérindiennes. 

Depuis le rétablissement de la peine capitale fédérale en 1988, seules trois personnes ont été exécutées à ce niveau-là dont Timothy McVeigh, en 2001, responsable de l'attentat d'Oklahoma City (168 morts en 1995).

Une opinion divisée

Après avoir annoncé l'an dernier la reprise de ces exécutions, le ministre de la Justice Bill Barr a fixé en juin leur calendrier, au moment même où l'épidémie de coronavirus s'intensifiait dans le pays.

Selon les sondages, le soutien pour la peine de mort s'est érodé chez les Américains, mais reste fort chez les électeurs républicains, à  77 % favorables pour l'appliquer aux meurtriers. Donald Trump, qui briguera un second mandat le 3 novembre, réclame régulièrement un usage renforcé de cette sanction ultime, notamment pour les tueurs de policiers ou les trafiquants de drogue. 

De leur côté, un millier de responsables religieux, catholiques et évangéliques, ont appelé le président à se "concentrer sur la protection de la vie et non sur les exécutions" en ces temps de Covid-19. 

Et l'Union européenne a demandé vendredi à Donald Trump de "reconsidérer" une position qui, selon elle, "va à l'encontre d'une tendance générale aux États-Unis et dans le monde d'abolir la peine de mort, par la loi ou en pratique".

Certains États américains, surtout dans le Sud, continuent d'appliquer la peine capitale. Vingt-deux exécutions ont eu lieu en 2019 aux États-Unis et sept depuis le début de l'année 2020. Deux autres exécutions fédérales sont programmées cette semaine, et une quatrième à la fin du mois d'août.

Avec AFP

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