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Malgré l'hommage qui leur est rendu, les soignants appelés à manifester

Manifestation des personnels hospitaliers le 30 juin 2020, à Rennes.
Manifestation des personnels hospitaliers le 30 juin 2020, à Rennes. © Damien Meyer, AFP
8 mn

Au lendemain de la signature du "Ségur de la santé", qui promet 8 milliards d'euros, et alors que la Nation rend hommage aux soignants engagés dans la lutte contre le Covid-19 à l'occasion de la fête nationale, les syndicats de soignants ont appelé à manifester ce mardi, après les cérémonies du matin. 

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"Merci et bravo". C'est par ces mots qu'Emmanuel Macron a conclu son discours aux armées à l'Hôtel de Brienne, le 13 juillet. Le président français adressait ses remerciements aux personnels soignants militaires. Le 14 juillet, à l'occasion de la fête nationale, l'hommage est rendu à toutes les personnes engagées dans la lutte contre le Covid-19, militaires et civiles. Mais cela suffira-t-il à calmer la colère des professionnels hospitaliers qui redoutent déjà une deuxième vague de Covid-19 et déplore un manque de moyens? 

"On apprécie les remerciements, mais on espère que les actes vont suivre", réagit sur France 24 Thomas Laurent, infirmier à l'hôpital Édouard Herriot de Lyon et membre du collectif Inter Urgences. "Le seul bémol c'est que le président parle de cette crise comme si elle était terminée, ce qui n'est pas le cas". 

Les soignants seront donc dans les rues, à Paris et à Lyon, ce mardi 14 juillet. Une manifestation du personnel hospitalier est prévue entre République et Bastille en milieu de journée à l'appel de six organisations, dont la CGT et Sud. Pendant le défilé militaire, une banderole a survolé la place de la Concorde, annonçant la couleur : on pouvait y lire d'un côté "l'économie nous coûte la vie" et de l'autre "derrière les hommages, Macron asphyxie l'hôpital". 

Le "Ségur de la Santé" pas suffisant

Un accord sur le "Ségur de la Santé" a pourtant été signé le 13 juillet, prévoyant une enveloppe de 7,5 milliards pour les personnels paramédicaux (infirmiers, aides-soignants) et autres non médicaux (agents techniques, administratifs…). Cette somme servira en majorité à financer une hausse de salaire dite "socle" de 183 euros net mensuels pour l'ensemble des personnels des hôpitaux et des Ehpad publics, mais aussi de nouvelles majorations pour les heures supplémentaires et le travail de nuit.

"Mais ces hausses de salaire ne correspondent pas à nos revendications", poursuit Thomas Laurent, qui estime que les 7,5 milliards d'euros ne seront pas suffisants. "Le budget de la Santé en France représente plus de 200 milliards donc c'est quelques pour cent en plus. Et nous sommes très nombreux, donc cela ne nous suffit pas pour remonter dans la moyenne des salaires des pays riches". 

Par ailleurs, les soignants restent inquiets face à une seconde vague. "On sait qu'on a tenu le choc, parce que le pays entier s'est arrêté de fonctionner, ce qui a peu de chance d'arriver en cas de deuxième vague. Et on a peur de ne pas réussir à fonctionner aussi bien", ajoute cet infirmier. "Cela fait plus d'un an que l'on se bat pour l'hôpital public. Il a fallu une pandémie pour instaurer un rapport de force avec les autorités. On aimerait éviter de devoir utiliser une deuxième vague pour continuer à améliorer l'hôpital public". 

 

 

 

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