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Gazoduc Nord Stream 2: Pompeo ouvre la voie à des sanctions plus dures

Mike Pompeo, le 15 juillet 2020 à Washington
Mike Pompeo, le 15 juillet 2020 à Washington Andrew Harnik POOL/AFP
4 mn
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Washington (AFP)

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a ouvert la voie mercredi à des sanctions plus dures pour empêcher la mise en service du projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne.

"Ce à quoi nous nous attendons, c'est que ceux qui participeront à ce projet seront soumis à un examen pour d'éventuelles sanctions", a déclaré le secrétaire d'Etat américain au cours d'une conférence de presse.

Le président américain Donald Trump a promulgué fin décembre une loi imposant des sanctions contre les entreprises associées à la construction de Nord Stream 2, estimant que cet ouvrage allait accroître la dépendance des Européens au gaz russe et ainsi renforcer l'influence de Moscou.

Ces sanctions avaient été dénoncées avec force par Berlin, principal bénéficiaire de Nord Stream 2, et par l'Union européenne, qui les considéraient comme une "ingérence" américaine dans les affaires européennes.

M. Pompeo a annoncé mercredi que ce projet tombait désormais sous le coup d'une loi adoptée en 2017 par le Congrès pour "contrer les adversaires de l'Amérique à travers les sanctions" (Caatsa).

Tandis que les sanctions de décembre visaient l'assistance technique au projet de gazoduc, la loi Caatsa prévoit des mesures plus sévères, qui peuvent aller jusqu'à une interdiction d'accéder au système financier américain.

Après la promulgation de cette loi par le président Donald Trump en 2017, le chef de la diplomatie de l'époque, Rex Tillerson, avait exclu le projet Nord Stream 2 de son champ d'application, expliquant que le projet avait déjà commencé avant l'approbation de cette loi.

M. Pompeo a annulé mercredi cette exception, faisant tomber le gazoduc sous le coup de la loi Caatsa, mais cette décision n'autorise pas en elle-même de nouvelles sanctions.

- Contourner l'Ukraine -

Le projet de gazoduc Nord Stream 2, qui a coûté pour l'instant 9,5 milliards d'euros, est financé à moitié par le géant pétrolier russe Gazprom et à moitié par des sociétés européennes: les Allemands Wintershall et Uniper, l'Anglo-Néerlandais Shell, le Français Engie et l'Autrichien OMV.

Quasiment achevé, il doit permettre de doubler le volume des livraisons directes de gaz naturel russe vers l'Europe occidentale, en passant sous la mer Baltique pour arriver en Allemagne.

Alors que le gouvernement allemand continue de soutenir le projet, le diplomate Chris Robinson, chargé de la Russie au département d'Etat américain, a affirmé que d'autres pays européens y étaient opposés.

"Nous joignons aujourd'hui notre voix à celle des Européens qui s'inquiètent de l'agression russe", a-t-il déclaré à la presse. "Les outils que nous avons mis en place aujourd'hui aident à renforcer ce message".

L'Allemagne, principale bénéficiaire du projet, voit dans le gazoduc russe une source d'énergie stable. Mais les Etats-Unis et certains pays européens - l'Ukraine, la Pologne et les pays baltes - craignent qu'il permette au gaz russe de contourner l'Ukraine, pays avec lequel Moscou est en conflit ouvert.

"Le Kremlin continue de soutenir Nord Stream 2 pour exploiter et accroître la dépendance des Européens à l'énergie russe", a indiqué Frank Fannon, le diplomate américain chargé des ressources énergétiques.

"Les infrastructures énergétiques de l'Ukraine ont un effet dissuasif sur l'agression russe", a-t-il ajouté. "Le Kremlin cherche à affaiblir l'Ukraine en rendant ses infrastructures obsolètes".

Le président russe Vladimir Poutine a dit espérer que le gazoduc serait achevé au plus tard début 2021, ce qui représente un retard d'un an, la mise en service initiale ayant été prévue fin 2019 ou début 2020.

Alors que Berlin est traditionnellement l'un des alliés les plus proches de Washington en Europe, les relations de Donald Trump avec la chancelière allemande Angela Merkel sont tendues.

Lors d'un sommet de l'Otan en 2018, M. Trump avait provoqué un incident avec Mme Merkel lorsqu'il avait accusé l'Allemagne d'être "prisonnière de la Russie".

"Elle paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie", avait-il asséné, en référence au projet Nord Stream 2.

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