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Le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh démissionne

Le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh lors d'une cérémonie à Tunis, le 28 février 2020.
Le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh lors d'une cérémonie à Tunis, le 28 février 2020. © Zoubeir Souissi, Reuters
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Après le bras de fer entre le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh, fragilisé par une affaire de conflit d'intérêts, et le parti Ennahdha, principale force du Parlement, le chef du gouvernement a finalement présenté sa démission. 

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Le Premier ministre tunisien, Elyes Fakhfakh, a présenté sa démission mercredi 15 avril au Président Kaïs Saïed, après que Ennahdha, la principale formation au Parlement, a dit la veille vouloir lui retirer sa confiance.  

"Pour éviter au pays des conflits entre institutions, le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a présenté sa démission au président Kaïs Saïed, afin de lui ouvrir un chemin nouveau pour sortir de cette crise", écrivent les services du Premier ministre dans un communiqué.

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Motion de défiance

Cette démission intervient à un moment où la Tunisie, largement épargnée par le coronavirus, se trouve frappée de plein fouet par les retombées économiques et sociales de la fermeture des frontières, suscitant notamment des mobilisations dans le sud de son territoire.

Ennahdha, qui compte six ministres au gouvernement, avait dans la journée déposé une motion de défiance contre le Premier ministre, mettant en avant les soupçons de corruption pesant sur lui.

Ces six ministres, dont celui de la Santé Abdellatif Mekki qui a orchestré la lutte contre le Covid-19, ont été limogés jeudi soir, et remplacés par des intérimaires, ont indiqué les services du Premier ministre. 

Elyes Fakhfakh, 47 ans, chef d'un parti social-démocrate sans élu qui avait prêté serment le 27 février, va continuer à gouverner en attendant qu'un successeur soit nommé. Il aura effectué l'un des plus courts mandats depuis la révolution de 2011 qui a balayé le régime de Zine el Abidine Ben Ali.

Tensions politiques

La Tunisie, l'un des seuls pays touchés par les soulèvements du Printemps arabe à continuer sur la voie de la démocratisation, a depuis connu une valse de gouvernements, qui n'ont pas réussi à répondre aux attentes sociales de la population. 

Après l'union sacrée autour de la pandémie de Covid-19, qui a permis au pays de lutter avec succès contre le coronavirus, les tensions politiques repartent au moment où les Tunisiens sont touchés par les retombées économiques et sociales des restrictions sanitaires. Des protestations ont lieu dans le sud du pays depuis des semaines, pour réclamer des emplois.

Kaïs Saïed dispose désormais d'une semaine pour désigner un nouveau Premier ministre qui disposera à son tour d'un délai de deux mois pour former un nouveau gouvernement et le faire investir par le Parlement. Une gageure, étant donné que le Parlement élu en octobre est composé d'une myriade de partis.

Avec AFP et Reuters

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