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A Bordeaux, le maire vert Pierre Hurmic devra aussi s'atteler à l'insécurité

Pierre Hurmic interviewé le 13 juillet 2020 à Bordeaux
Pierre Hurmic interviewé le 13 juillet 2020 à Bordeaux Philippe LOPEZ AFP
4 mn
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Bordeaux (AFP)

Le Vert Pierre Hurmic, tombeur de la droite à Bordeaux, a été élu pour mettre en oeuvre "une écologie pragmatique" et répondre à l'"impératif" climatique, mais sur son bureau de maire, l'attend le dossier de la sécurité, avec la multiplication de rixes et agressions depuis plusieurs mois.

Q : Bordeaux découvre les problèmes de grande ville comme l'insécurité. Comment y répondre ?

Pendant longtemps, Bordeaux a été une ville assez paisible, avec peu de problèmes de sécurité et on s'est rendu compte que ces derniers temps ça avait un peu explosé dans certains quartiers. On va prendre ce problème à bras le corps (...) C'est une priorité de nos prochaines semaines.

On augmentera le nombre de policiers municipaux, cela passera par des embauches. Mais il faut aussi rétablir dans Bordeaux une police nationale de proximité. Nous sommes très attachés à l'idée de revenir à une politique de l'îlotage qui donnait des résultats.

Q: Vous avez décrété l'état d'urgence climatique, comme Strasbourg et Barcelone, en quoi cela consiste?

La première des mesures mises en place, c'est d'avoir une première adjointe en charge des finances mais aussi du défi climatique, cela veut dire que toutes nos politiques vont désormais être examinées à l'aune de leur impact climatique.

On s'est déjà mis au travail pour végétaliser provisoirement cet été un certain nombre de places de Bordeaux qui a la réputation d'être une ville très minérale, très bétonnée.

Q: Justement, vous avez l'intention de geler les projets immobiliers?

On va continuer à construire, mais sur des espaces déjà artificialisés (...) il est totalement exclu de construire des bâtiments nouveaux sur des espaces de nature. On respectera de façon républicaine ce qui est déjà très avancé mais pour les projets à l'état théorique, nous allons rencontrer les promoteurs et voir avec eux comme les rendre compatibles avec notre impératif zéro artificialisation des sols.

Q: quelle place comptez-vous donner à la voiture?

Je ne suis pas hostile à la voiture, mais jusqu'à présent on était dans une idéologie qui consistait à adapter la ville à la voiture, or c'est à la voiture de s'adapter au milieu urbain.

Un exemple précis: dans Bordeaux, actuellement, presque 70% de la voirie est consacrée au trafic automobile or ce dernier ne concerne que 29% des déplacements, il va falloir renverser les priorités. J'ai proposé pendant la campagne qu'il y ait à l'intérieur des cours (boulevards de l'hypercentre) des zones 20 km/h, dans lesquelles les piétons et cyclistes seraient prioritaires au détriment des automobilistes, cela me paraît une solution beaucoup moins contraignante qu'une interdiction totale de la voiture. On va commencer à l'étudier très rapidement (...) et cela ne demande pas des investissements considérables, seulement des panneaux.

L'écologie qu'on veut faire à Bordeaux sera pragmatique, elle mettra plus d'incitation que de la contrainte.

Q : Bordeaux, ville attractive, a été un bastion des "gilets jaunes", souvent venus des périphéries rurales oubliées. Comment corriger cette fracture territoriale?

Il faut peut-être arrêter de rêver d'agglomération millionnaire (en nombre d'habitants, ndlr) ! J'ai toujours combattu le slogan de la précédente majorité, "Magnetic Bordeaux" (une campagne de promotion de la métropole, ndlr), c'est-à-dire la vision d'une ville qui devait aspirer les habitants, les activités économiques, au détriment des territoires périphériques.

On souhaite promouvoir une vision plus équilibrée des territoires. Il faut se soucier d'un partage et d'une politique de coopération avec les villes moyennes, donc une politique moins égoïste de la ville et métropole.

Q: Alain Juppé, dont vous avez battu le dauphin après 73 ans de règne de la droite, vous a-t-il finalement félicité depuis votre élection surprise il y a 15 jours ?

Dans les courriers et les appels téléphoniques, non. Mais j'ai reçu pratiquement 1.000 textos (de félicitation), ... il s'est peut-être glissé dans l'un d'eux. J'ai tendance à penser que non (...)

Je comprends qu'il soit un peu groggy parce qu'il ne s'attendait pas du tout à la défaite de son camp. Mais j'aurais aimé qu'il profite de son apparition télévisée, rare, (à la mairie, le soir de l'élection) pour souhaiter bonne chance à la nouvelle équipe.

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