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Lartiste ne se voit pas en "chanteur à minettes"

Youssef Akdim alias Lartiste photographié le 15 juillet 2020 à Paris
Youssef Akdim alias Lartiste photographié le 15 juillet 2020 à Paris JOEL SAGET AFP
4 mn
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Paris (AFP)

Lartiste ne se considère pas comme un "chanteur à minettes" et veut qu'on lise un propos plus profond dans son nouvel album qui sort vendredi.

"Je n’ai pas été compris, j’ai été casé comme chanteur à minettes, qui essaie de faire le tube de l’été. Ça ne me correspond pas du tout. J’essaie d’avoir plus de finesse", souligne le rappeur/chanteur de 35 ans dans un entretien à l'AFP.

Le rap a explosé ces dernières années et il est de ceux qui l'ont accompagné vers la variété, comme Gims, Soprano ou Soolking. Parti de la MJC de Bondy (Seine-Saint-Denis), Lartiste a enchaîné les tubes avec son style festif, ses envolées d'autotune, ses collaborations avec des artistes internationaux. "Chocolat" (2017), son "hymne à la femme noire" en duo avec la chanteuse Awa Imani, a dépassé les 425 millions de vues sur Youtube.

Dans son nouvel album "Comme avant" (NuDeal/Because), illustré par une photo de lui enfant, il chante toujours la fête, les histoires d'amour à la Bonnie & Clyde, mais aussi la réussite et son coût, ou la violence tentatrice.

"Les messages ne sont pas forcément dans les mots, ils peuvent être dans le +featuring+ (les collaborations, ndlr), ou seulement dans l’intro", souligne Lartiste, toujours souriant, longiligne et gominé. "Je n'ai jamais donné un gramme de mon âme pour me nourrir", rappe-t-il dans "La chanson". Dans "Protège-moi", il parle des efforts faits pour ne pas céder au diable.

De son vrai nom Youssef Akdim, le rappeur est arrivé du Maroc enfant, rejoignant son père employé dans les fonderies. Il s'est d'abord vu footballeur avant de se faire remarquer par ses couplets.

- "Animal en studio" -

Lartiste s'est inspiré pour son nom d'un braqueur du film "Heat" de Michael Mann, mais l'a aussi choisi "parce qu'en banlieue les gens n’osent pas se dire artistes. Ailleurs des mecs posent des monochromes, on s’extasie devant. Et t'as des mecs qui se prennent la tête à écrire des bêtes de texte et se rabaissent en disant, non c’est rien, c’est du rap, c’est la street".

Depuis ses débuts, il joue sans limites avec l'autotune, qu'il a contribué à lancer en France avec Booba. Ce logiciel qui transforme la voix en "synthétiseur", permettant de toujours chanter juste, permet de "dépasser tous les blocages quand on n’a pas les capacités vocales", explique Lartiste.

Après l'échec de son album précédent en 2019, Lartiste est parti à la chasse dans les montagnes de ses grands-parents berbères. "J'y ai rencontré des personnes incroyables, j'y ai gagné en humanité", raconte Lartiste. "J’ai essayé de réfléchir à ce qui ne va pas en nous. (...) C’est toute cette concurrence entre les artistes, les marques, les idées, les couleurs de peau, les religions. Pour être vraiment libre il faut s'en détacher".

Il assure ne plus regarder la liste des tops albums et s'est fait plaisir sur "Comme avant". Il y retrouve la rappeuse d'origine brésilienne Caroliina, avec qui il avait enregistré le tube "Mafiosa" en 2019, pour un titre sensuel basé sur un sample d'Edith Piaf. Il rappe aussi avec la star guyanaise du dancehall Bamby et propose un duo inattendu avec Sofia Mestari, qui avait représenté la France à l'Eurovision en 2000. Il met enfin en avant les protégés de son label NuDeal, comme Sheyrine ou Mizi.

Lartiste ne livre pas la formule magique pour multiplier les millions de vues, mais parle de son rapport "physique" à sa musique dans son studio parisien. "Comme un alchimiste, j’essaie de trouver la formule pour que ça marche. J'appelle ça des zestes d’acide. Je tourne comme un animal en studio quand j’ai un début de bonne idée, comme un félin qui cherche sa proie".

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