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Rose Christiane Ossouka Raponda, une femme à la tête du gouvernement pour relancer le Gabon

Rose Christiane Ossouka Raponda en octobre 2018, alors qu'elle était maire de Libreville, la capitale gabonaise. Le 16 juillet 2020, elle a été nommée Première ministre du Gabon.
Rose Christiane Ossouka Raponda en octobre 2018, alors qu'elle était maire de Libreville, la capitale gabonaise. Le 16 juillet 2020, elle a été nommée Première ministre du Gabon. © Steeve Jordan, AFP
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Économiste de formation, et proche du président Ali Bongo Odimba, Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée Première ministre du Gabon. Ministre du Budget puis de la Défense par le passé, elle aura désormais la tâche de relancer l’économie du pays, affaibli par la crise liée au Covid-19.

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Elle est la première femme à occuper ce poste au Gabon. Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée le 16 juillet Première ministre par le président gabonais, Ali Bongo Ondimba. À 56 ans, elle remplace Julien Nkoghe Bekalé, qui dirigeait le gouvernement depuis janvier 2019.

"Par décret du président de la République, est nommé Premier ministre, chef du gouvernement, Madame Rose Christiane Ossouka Raponda", a annoncé la présidence dans un communiqué. Ali Bongo l'a chargée "de former le nouveau gouvernement", ajoute le texte.

"Cette nomination a surpris toute la classe politique du pays", commente Ismaël Obiang Nze, correspondant de France 24 à Libreville, capitale du Gabon. "Elle n'est pourtant pas une inconnue dans le sérail politique du pays", ajoute-t-il. Son nom circulait d'ailleurs déjà pour la primature en 2019, mais Julien Nkoghe Bekalé lui avait été préféré. Cette fois, alors que le Gabon se débat avec une crise socio-économique liée à la pandémie de Covid-19, cette technocrate, proche d'Ali Bongo Odimaba, s'est imposée comme une évidence.

Une économiste pour relancer le pays

Une évidence : pour ses compétences en matière d'économie et de finances publiques en premier lieu. Cette économiste de formation, diplômée de l'Institut gabonais de l'économie et des finances avec une spécialisation en finances publiques, a débuté sa carrière comme directrice générale de l'Économie et directrice générale adjointe de la Banque de l'habitat du Gabon au début des années 2000.

Puis elle a fait son entrée au gouvernement en 2012 en qualité de ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, lors du premier mandat du chef de l'État. Un profil idéal pour celle qui doit aujourd'hui s'atteler à deux défis de taille : faire remonter la pente au secteur pétrolier en berne depuis la chute du prix du baril en 2014 et endiguer la crise du Covid-19. Dans ce pays d'Afrique centrale, qui avait enregistré 6 121 cas et 46 décès au 15 juillet, la distribution d'eau potable et de kits alimentaires a été un véritable casse-tête alors que de nombreux chefs d'entreprises redoutent une faillite post-confinement. 

Elle aura pour "mission" prioritaire "d'assurer la relance économique et l'accompagnement social nécessaires en raison de la crise mondiale liée à la Covid-19", détaille le communiqué du cabinet de la présidence. "L'État a perdu des centaines de milliards de francs CFA pendant la crise sanitaire. Cette crise devrait occuper la Première ministre dès sa prise de fonction", précise Ismaël Obiang Nze.

Ex-maire de Libreville

Sa solide expérience d'élue de terrain a aussi dû jouer en sa faveur, car c'est surtout en tant qu'édile de Libreville qu'elle a marqué les esprits. "En tant que maire, elle s'est forgé une réputation de femme de caractère. Elle y a obtenu des résultats remarqués", rappelle Ismaël Obiang Nzé .

En 2013, cette Mpongwè [peuple du Congo], originaire de Libreville, est élue conseillère municipale dans le 3e arrondissement de la capitale sous l'étiquette du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) – et sur la liste de Patience Dabany, la mère d'Ali Bongo Ondimba. Puis en 2014, elle est élue maire de la capitale, une première depuis 1956.

À la tête de Libreville, ville qui concentre près d'un tiers de la population du Gabon,Rose Christiane Ossouka Raponda  a conduit de nombreuses réformes, assainissant en particulier les finances municipales et laissant à son départ un excédent de près de 27 milliards de francs CFA [41 millions d'euros].

Une proche de Bongo

En janvier 2019, l'édile a retrouvé le gouvernement comme ministre d'État, à la tête de la Défense nationale. Une nomination qui est intervenue moins de trois semaines après la tentative de coup d'État de quelques soldats qui s'étaient, durant quelques heures, emparés de la radio-télévision publique.

Rose Christiane Ossouka Raponda s'affirme donc comme la personne de confiance sur qui le président peut compter lorsque les temps sont troublés. Or, ce remaniement intervient alors que l'opposition et des personnalités de la société civile s'interrogent publiquement sur l'état de santé d'Ali Bongo, élu à la tête du Gabon il y a près de onze ans en succédant à son père, Omar Bongo Ondimba, mais affaibli physiquement par un AVC qui l'a frappé en octobre 2018.

Avec AFP

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