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Union européenne : les 27 se rencontrent pour négocier un plan de relance

La chancellière allemande Angela Merkel (à gauche), le président Emmanuel Macron (centre) et le président du conseil européen Charles Michel réunis à Bruxelles le 17 juillet 2020 pour trouver un accord sur le plan de relance de l'Union européenne.
La chancellière allemande Angela Merkel (à gauche), le président Emmanuel Macron (centre) et le président du conseil européen Charles Michel réunis à Bruxelles le 17 juillet 2020 pour trouver un accord sur le plan de relance de l'Union européenne. AFP - STEPHANIE LECOCQ
11 mn

Alors que l'épidémie de coronavirus reprend de plus belle à travers le monde, les 27 dirigeants de l'Union européenne devront s'entendre vendredi sur un plan de relance, loin de faire l'unanimité, malgré la récession historique qui menace le vieux continent. Il s'agit de la première rencontre entre les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'UE depuis le début de la pandémie en Europe. 

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Les dirigeants de l'Union européenne (UE) se réunissent vendredi 17 juillet en sommet à Bruxelles pour discuter de la relance de l'économie sur le vieux continent frappé par la pandémie de Covid-19, qui continue sa progression avec un nouveau record de contaminations aux États-Unis et désormais un million de personnes infectées en Inde, et deux au Brésil.

Le virus a sérieusement touché l'économie mondiale et celle de l'UE n'a pas été épargnée avec des dizaines de milliers d'emplois en danger. Sur la table des négociations : un plan de relance de 750 milliards d'euros, composé de 250 milliards de prêts, et surtout de subventions à hauteur de 500 milliards, qui n'auront pas à être remboursées par les États bénéficiaires.

C'est la première fois que les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'UE se retrouvent tous à Bruxelles depuis l'arrivée de la pandémie de coronavirus en Europe et les mesures de confinement qui ont suivi, les obligeant à se parler à distance par visioconférence.

Sommet extraordinaire de l'UE : 750 milliards sur la table pour la relance
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Mais le plan de relance ne fait pas l'unanimité. Chaque pays ayant un droit de veto, les négociations entre les 27 s'annoncent longues et difficiles et ce sommet extraordinaire prévu pour deux jours pourrait ne pas être le dernier.

Le défi est donc de taille comme l'a rappelé Emmanuel Macron à son arrivée à Bruxelles. "C'est notre projet européen qui se joue là, pour beaucoup", a-t-il affirmé. "Je suis confiant mais prudent. Je porterai le maximum d'ambition et avec la chancelière Merkel, aux côtés l'un et l'autre du président Michel, nous ferons tout pour qu'un accord soit trouvé".

Même constat du côté d'Angela Merkel, qui a déclaré vendredi s'attendre à des négociations "très très difficiles". "Nous nous rendons tous à ces négociations avec beaucoup d'énergie mais je dois dire que les différences sont toujours très très grandes et donc je ne peux pas encore dire si nous parviendrons dès cette fois à une solution", a indiqué la chancelière allemande à la presse à son arrivée pour ce sommet européen. 

"Un accord est essentiel", selon le président du Conseil

Dans sa lettre d'invitation envoyée mercredi soir, le chef d'orchestre du sommet, le président du Conseil, Charles Michel, a exhorté les chefs d'État et de gouvernement à trouver un compromis, pour soutenir l'économie face à la pandémie.

"C'est le moment, maintenant. Un accord est essentiel. Cela nécessitera un travail acharné et une volonté politique de la part de tous", a prévenu l'ancien Premier ministre belge, dans sa missive.

Vendredi, Charles Michel, s'est montré plus optimiste : "Je suis totalement convaincu qu'avec du courage politique, il est possible d'obtenir un accord", a-t-il affirmé. 

Lors de la dernière rencontre en face-à-face, le 20 février, ils s'étaient quittés sur un échec. Ils ne devaient alors que s'accorder sur le budget de l'UE pour 2021-2027. Mais la crise est passée par là et un plan de relance s'est invité à la table des négociations.

Des membres de l'UE divisés 

Le dirigeant le plus difficile à convaincre devrait à nouveau être le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, déjà considéré comme partiellement responsable de l'échec du sommet de février. Vendredi, il a estimé les chances de succès de ce sommet "à moins de 50 %".

Chef de file des États dits "frugaux" – outre les Pays-Bas, l'Autriche, le Danemark, la Suède, et dans une moindre mesure la Finlande –, il a émis de nombreuses réserves sur le plan de soutien qui devrait profiter avant tout aux pays du Sud, Italie et Espagne en tête.

Les "frugaux" sont partisans d'une réduction des subventions, leur préférant les prêts remboursables. En outre, ils réclament, pour tout argent versé, de solides réformes de la part des bénéficiaires.

À Bruxelles, Mark Rutte a réaffirmé ses positions : "Solidarité, oui […]. Mais dans le même temps, on peut aussi demander à ces pays de faire tout ce qui est possible pour qu'ils résolvent [leurs problème] par eux-mêmes, la prochaine fois. Et cela vous le faites via des réformes du marché du travail, du système de retraite...", a-t-il lancé.

Des exigences qui font bondir leurs voisins du Sud, inquiets de se retrouver avec l'obligation de se soumettre à un programme imposé par d'autres, comme l'avait été la Grèce au plus fort de la crise de la zone euro, obligeant sa population à de douloureux sacrifices.

Pour mieux contrôler ces pays, jugés laxistes sur le plan budgétaire, Mark Rutte souhaite que leurs plans de réformes soient validés à l'unanimité des 27 (et non à la majorité qualifiée comme l'a prévu Charles Michel).

Autre sujet délicat : le lien entre le versement d'argent et le respect de l'État de droit, pour la première fois inscrit dans un budget de l'UE. Or, la Pologne et la Hongrie, qui font toutes deux l'objet de procédures au sein de l'Union en raison d'atteintes à l'indépendance de la justice ou aux droits fondamentaux, freinent des quatre fers.

Angela Merkel partisane du plan de relance

Dans ce grand marchandage, la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays préside l'UE depuis le 1er juillet, suscite beaucoup d'espoirs.

Cette dernière, qui fête vendredi ses 66 ans, n'a pas ménagé ses efforts pour convaincre ses pairs de l'urgence d'adopter le plan d'aide.

Se rangeant à l'avis de la France, elle a accepté que des fonds soient empruntés à grande échelle au nom de l'Europe, brisant ainsi un tabou dans un pays jusqu'ici largement opposé à l'idée d'une dette commune.

Avec AFP et Reuters

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