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France : l'incendie dans la cathédrale de Nantes est "circonscrit", la piste criminelle privilégiée

L'intérieur de la cathédrale de Nantes, endommagé par l'incendie qui s'est déclaré samedi 18 juillet 2020.
L'intérieur de la cathédrale de Nantes, endommagé par l'incendie qui s'est déclaré samedi 18 juillet 2020. © Sébastien Salom-Gomis, AFP
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Vidéo par : Ethan HAJJI
5 mn

Un incendie s'est déclaré samedi matin dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes. Une centaine de pompiers ont lutté contre les flammes et sont parvenus à circonscrire le feu en milieu de matinée. Une enquête a été ouverte pour "incendie volontaire".

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Un incendie s'est déclaré, samedi 18 juillet au matin, à l'intérieur de la cathédrale de Nantes, dans l'ouest de la France. Alertés à 7 h 45 du matin par des riverains, une centaine de pompiers se sont mobilisés pour venir à bout des flammes qui ont attaqué la rosace en façade de ce "joyau gothique" et  ravagé le grand orgue du XVIIe siècle. Le feu a finalement été déclaré "circonscrit" vers 10 heures. 

"Les dégâts sont concentrés sur le grand orgue qui semble être entièrement détruit. La plateforme sur laquelle il se situe est très instable et menace de s'effondrer", a déclaré le directeur départemental des pompiers, le général Laurent Ferlay lors d'un point presse. Il a toutefois indiqué que les dégâts ne pouvaient être comparés à l'incendie de Notre-Dame de Paris en 2019.

Ouverture d'une enquête pour "incendie volontaire"

Pierre Sennes, le procureur de la République de Nantes, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "incendie volontaire". "On ne peut pas laisser un événement comme celui-là sans qu'il y ait des investigations judiciaires", a estimé le procureur.

La police judiciaire a été saisie et un expert incendie du laboratoire de police technique et scientifique de Paris va se déplacer à Nantes pour examiner les points de départs de feu et l'installation électrique de la cathédrale, a-t-il ajouté.

En fin de journée, le procureur s'est de nouveau exprimé, affirmant qu'aucune trace d'effraction dans la cathédrale n'avait été observée. "On n'a pas trouvé dans les accès extérieurs de traces d'effraction", a-t-il dit à l'AFP. Trois points de départ de feu ont été constatés dans la cathédrale "à une distance conséquente les uns des autres", a-t-il précisé. L'un des départs de feu était situé au niveau du grand orgue, qui a été ravagé par l'incendie.

Jean Castex à Nantes

Le Premier ministre Jean Castex a exprimé son soutien aux pompiers ainsi qu'aux Nantais. "En pensée avec nos sapeurs-pompiers mobilisés courageusement pour circonscrire l’incendie de la cathédrale de Nantes. Je les assure de mon soutien et de ma profonde gratitude. Aux Nantais, dont je partage l’émotion, je veux dire ma solidarité", a-t-il tweeté.

Il s'est rendu dans la ville samedi après-midi, accompagné de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, et du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Il a adressé aux pompiers les "remerciements de la République".

Plus tôt dans la journée, Emmanuel Macron avait pour sa part tweeté : "Après Notre-Dame, la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, au cœur de Nantes, est en flammes. Soutien à nos sapeurs-pompiers qui prennent tous les risques pour sauver ce joyau gothique de la cité des Ducs."

Un premier incendie en 1972

Laurent Delpire, conservateur des Antiquités et objets d'art de Loire-Atlantique, a pu lister les éléments touchés : l'orgue et le buffet d'orgue du XVIIe siècle, un tableau d'Hippolyte Flandrin du XIXe, une partie des stalles du choeur qui étaient récentes et les vitraux de la façade, dont une partie était des vestiges de vitraux du XVIe siècle, le reste étant moderne. 

"Il y a des choses irrécupérables, comme le tableau d'Hippolyte Flandrin, Saint Clair guérissant les aveugles, il est perdu définitivement. C'est un grand chagrin", a déclaré Roselyne Bachelot. 

Interrogé sur l'antenne de France 24, Alexandre Gady, professeur d'Histoire de l'art à la Sorbonne, spécialiste du patrimoine, estime qu' "il y a plus de violences, dans une société qui s'est déchristianisée, on ne respecte plus les églises comme on les respectait il y a 100 ou 200 ans. Or la culture de la sécurité est peu développé dans les édifices religieux, et plus la société se fracture, plus il faut être vigilant."

"L'orgue est une grande perte pour la cathédrale, les amateurs de musique et pour les croyants"

Ce n'est pas la première fois que cette cathédrale est touchée par un incendie. Le 28 janvier 1972, le toit de la cathédrale gothique Saint-Pierre-et-Saint-Paul, construite entre le XVe et le XIXe siècle, avait été ravagé par les flammes. Le sinistre s'était déclaré suite à des travaux effectués par un couvreur. La cathédrale de Nantes n'avait pu être rendue au culte qu'en mai 1985, après plus de 13 ans de travaux.

Sur place, la maire de Nantes Johanna Rolland (PS) a indiqué que les dommages n'étaient pas aussi graves qu'en 1972. "Dans cette matinée difficile, dans une matinée où les images nantaises resurgissent, l'incendie de 1972 est dans toutes les têtes. (...) A ce stade la situation ne semble pas pouvoir être comparée à 1972", a-t-elle dit lors d'un point presse. 

Avec AFP 

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