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REPORTAGE

Au Liban, la ruée vers le billet vert

Avec la dévaluation de la monnaie nationale, les Libanais misent désormais sur le dollar.
Avec la dévaluation de la monnaie nationale, les Libanais misent désormais sur le dollar. © France 24

Le mouvement de contestation contre les élites accusées de corruption et la crise économique ont provoqué l'effondrement de la livre libanaise. Reportage de nos envoyés spéciaux dans la banlieue sud de Beyrouth, où le marché noir du dollar est florissant.

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Des devises étrangères, des livres libanaises et des caméras partout. Malgré la crise économique, ce bureau de change de Beyrouth tourne à plein régime. "Je vous fais des petites coupures ?", demande Mohammed, agent de change.

Le pays du Cèdre est en faillite. Depuis le début de l'année, la monnaie nationale a perdu 80 % de sa valeur. "C'est que du papier tout ça, c'est pas de l'argent, lance Mohammed. Ça, ça vaut quelque chose !", poursuit-il en montrant le billet vert.

Désormais, le dollar règne en maître au Liban. Les habitants n'ont plus confiance en leur monnaie. "Si une information tombe à la télévision disant que les choses s'arrangent, aussitôt les gens se précipitent pour vendre des dollars comme s'ils étaient devenus milliardaires, commente l'agent de change. Le jour d'après, les nouvelles sont mauvaises, alors les gens accourent pour acheter des dollars. Là, plus personne ne veut les vendre."

Pour contrer la dévaluation, le système bancaire limite les retraits de dollars et fixe le taux de change. Au taux officiel, un dollar équivaut à 3 800 livres. Mais la demande de devises est si forte qu'un marché parallèle s'est développé.

"C'est presque la moitié de ce que je pourrais avoir au marché noir, estime Fatma, une Beyrouthine. Les Libanais essaient de tirer le maximum de ce qu'ils ont pu épargner. Ils ont déjà tellement perdu..." Le trafic de dollars est une pratique illégale, mais généralisée.

Retour dans la banlieue sud, un bastion du Hezbollah pro-iranien. Certains accusent le puissant parti chiite de participer au marché noir. Le Hezbollah s'en défend et accuse au contraire les Américains de comploter contre l'économie libanaise.

Mohamed, qui ne cache pas sa sympathie pour le parti, dénonce une hypocrisie générale. "Évidemment que c'est le marché noir qui contrôle les prix, c'est le marché noir qui décide de tout", commente-t-il. Pour lui, les agents de change sont "des boucs émissaires".

L'agent de change a déjà été emprisonné, puis relâché sans être inculpé. Motif : accusé de spéculer sur les taux de change et de faire chuter la livre.

 

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