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Carlos Ghosn évoque un "obstacle technique" à son audition par la justice française

Carlos Ghosn, le 8 janvier 2020 à Beyrouth.
Carlos Ghosn, le 8 janvier 2020 à Beyrouth. © Joseph Eid, AFP (archives)
3 mn

Dans un entretien au journal Le Parisien publié lundi, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, s'est défendu de ne pas d'être présenté à une convocation de la justice française en raison d'"un obstacle technique".

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Accusé de malversations financières, Carlos Ghosn, toujours réfugié au Liban, continue de se défendre. Dans un entretien au Parisien publié lundi 20 juillet, l'ancien patron de Renault-Nissan, arrêté au Japon en novembre 2018, a justifié la raison de son absence lors de sa convocation par la justice française. Il devait être entendu le 13 juillet par un juge d'instruction à Nanterre, selon le quotidien français.

"Mes avocats discutaient avec le juge d'instruction des conditions de cette audition depuis des semaines. Il y a un obstacle technique. Mon passeport est entre les mains du procureur général au Liban, car le Japon a émis un mandat d'arrêt international me concernant", a expliqué Carlos Ghosn, précisant que pour se rendre en France il doit "traverser d'autres pays".

Doutes sur sa sécurité et sa liberté de circulation

L'ancien magnat de l'automobile souhaite aussi avoir la certitude que "[s]a sécurité est assurée et que l'on [lui] garantit une liberté de circulation". "Personne ne peut m'assurer que le voyage sera sans interruption, sans accident. Le juge pourrait par exemple me faire interroger à Beyrouth, où je suis prêt à répondre à toutes ses questions", a-t-il assuré.

Carlos Ghosn était sous contrôle judiciaire quand il a été exfiltré au Liban. Il était en liberté sous caution, avec interdiction de quitter le Japon, quand il a été exfiltré de l'archipel lors d'une évasion spectaculaire le soir du 29 décembre.

Une fois au Liban, il s'est posé en victime d'un "coup monté" et a assuré ne pas avoir eu "d'autre choix" que de fuir une justice "partiale".

Début juillet, un tribunal d'Istanbul a commencé à juger sept ressortissants turcs accusés d'avoir aidé Carlos Ghosn dans sa fuite. Selon l'acte d'accusation, Carlos Ghosn était dissimulé pendant le trajet dans un volumineux caisson pour instrument de musique dans lequel des trous avaient été percés afin de permettre au fugitif de respirer.

"Je n'ai pas les connexions habituelles du patronat français"

Interrogé par Le Parisien sur ce qu'il attendait de la France, Carlos Ghosn a répondu qu'il n'était "pas naïf". "Je n'ai pas fait l'ENA, je n'ai pas les connexions habituelles du patronat français, je n'appartiens pas à l'establishment. Le microcosme ne me considérait pas, à juste titre, comme faisant partie des siens", a-t-il détaillé.

Interrogé par ailleurs sur son bilan contesté à la tête de l'alliance Renault-Nissan, il a répondu qu'il en était "fier".

"J'aimerais que l'on m'explique, si j'étais mauvais, pourquoi on a renouvelé mon contrat en juin 2018, soit quelques mois seulement avant mon arrestation au Japon ? Le conseil d'administration, où siègent deux représentants de l'État, m'a demandé dans son ensemble de rester quatre ans de plus. Ils connaissaient tout de moi : ma stratégie, mon management, ma personnalité. Cela fait tout de même 17 ans que je suis à la tête de Nissan, 13 ans de Renault, 3 ans chez Mitsubishi. Si j'avais été un 'fou des volumes' (de production, NDLR), on s'en serait aperçu, non ?", a-t-il observé.

Avec AFP

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