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Sommet européen : le ton monte entre la France, l'Allemagne et les pays "frugaux"

Les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour trouver un compromis sur le plan de relance de l'économie après la crise du Covid-19.
Les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour trouver un compromis sur le plan de relance de l'économie après la crise du Covid-19. © ©François Lenoir, AFP
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Vidéo par : Florent RODO
7 mn

Lors de la troisième nuit du sommet européen, le président français Emmanuel Macron a élevé le ton, lundi matin, face aux Pays-Bas et à l'Autriche, pays dits "frugaux", qui sont réticents à adopter le plan de relance européen défendu notamment par la France et l'Allemagne.

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Les pays "frugaux" feront-ils un compromis sur la relance européenne ? La bataille s'est intensifiée dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 juillet entre les Pays-Bas et l'Autriche d'un côté, les deux pays les plus réfractaires, et la France et l'Allemagne de l'autre.

Emmanuel Macron dénonce des "incohérences"

Au cours du dîner entre les 27 dirigeants de l'UE, le président français Emmanuel Macron est sorti de ses gonds pour dénoncer la mauvaise volonté des États dits "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark), auxquels s'est associée la Finlande. Il s'en est notamment pris au Premier ministre néerlandais Mark Rutte et au chancelier autrichien Sebastian Kurz, considérés comme les plus inflexibles après trois jours de négociations stériles.

Il a tancé "leurs incohérences" lors du dîner dimanche soir, selon un membre de la délégation française

Il a affirmé, d'après une source européenne, que c'était la France et l'Allemagne qui allaient "payer ce plan", dans "l'intérêt de l'Europe, quand les frugaux sont égoïstes et ne font aucune concession".

Il a fustigé le comportement du chancelier autrichien Sebastian Kurz, lorsque ce dernier a subitement quitté la table pour prendre un appel téléphonique.

Le Français a aussi comparé le positionnement du Néerlandais Mark Rutte a celui de l'ex-Premier ministre britannique David Cameron, qui a souvent adopté une ligne dure lors des sommets européens, mais a fini par perdre le référendum sur le Brexit.

"Un accord est possible et un accord est nécessaire", a insisté lundi 20 juillet le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire. "L'enjeu de la négociation qui se joue aujourd'hui à Bruxelles c'est la présence de l'Europe parmi les grandes puissances mondiales au XXIe siècle, ou non."

Auparavant, le président du Conseil européen, le Belge Charles Michel, avait exhorté les 27 à ne pas présenter le "visage d'une Europe faible, minée par la défiance", réclamant un sursaut pour éviter un échec.

Un compromis rejeté

Au moment où une récession historique frappe l'Europe, les réticences des "frugaux" menacent de faire capoter un plan de soutien à l'économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud, Italie et Espagne en tête. Réunis depuis vendredi matin, les leaders de l'UE ne parviennent pas à atteindre de compromis, malgré les efforts répétés d'Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union.

Sur la table des négociations, un fonds constitué par une capacité d'emprunt de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne, adossé au budget à long terme de l'UE (2021-2027) de 1 074 milliards d'euros.

Les discussions butent notamment sur la répartition des fonds entre subventions (que les bénéficiaires n'auraient pas besoin de rembourser) et prêts. Dans le projet initial, les dons devaient s'élever à 500 milliards d'euros. Mais il a été proposé de les réduire à 400 milliards, ce qui se situe à la limite de ce que Paris et Berlin sont prêts à accepter. Les prêts du plan de relance seraient eux portés à 350 milliards d'euros, contre 250 milliards au départ, selon cette nouvelle répartition.

Ce geste en faveur des frugaux, qui préfèrent les prêts aux dons, a cependant été rejeté par les intéressés, pas disposés à aller au-delà de 350 milliards de subventions.

L'unanimité nécessaire des 27 États membres rend un accord particulièrement difficile. D'autant plus, qu'il existe d'autres points de blocage. Parmi eux figure en bonne place le lien entre le versement des aides et le respect de l'État de droit, une idée particulièrement soutenue par La Haye, mais qui hérisse Budapest et Varsovie, actuellement dans le collimateur de l'UE.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban s'est vivement opposé à une telle mesure dimanche, accusant son homologue néerlandais de vouloir le "punir financièrement" et de le "détester" lui et la Hongrie.

Au cours du sommet, Charles Michel a multiplié les gages en faveur des frugaux, par exemple en augmentant les "rabais" dont ils bénéficient en tant que pays qui versent davantage d'argent au budget de l'UE qu'ils n'en reçoivent.

Il a aussi tenté d'amadouer le Néerlandais Mark Rutte, qui réclame que les plans de relance nationaux présentés par chaque pays en contrepartie des aides du plan de relance soient validés à l'unanimité des 27.

Une telle configuration, qui équivaudrait de facto à un droit de veto pour chaque capitale, inquiète Rome et Madrid, qui craignent d'être soumis à un programme de réformes (marché du travail, retraites...) imposé.

Le Belge a présenté un mécanisme plus nuancé, permettant à un pays qui aurait des réserves sur le plan d'un autre État d'ouvrir un débat à 27.

Avec AFP

 

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