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La France dénonce le traitement "inacceptable" réservé aux Ouïgours en Chine

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 17 juillet 2020.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le 17 juillet 2020. © Safin Hamed, AFP
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La France a condamné mardi le traitement infligé par la Chine à la minorité ouïghoure et réclamé l'envoi d'observateurs indépendants dans la région occidentale du Xinjiang. 

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Détentions massives, travail forcé, stérilisations forcées… Paris a fermement condamné le sort que Pékin réserve aux Ouïghours : leur internement en Chine est une pratique "inacceptable", a dénoncé la France mardi 21 juillet, réclamant que Pékin autorise l'accès d'observateurs indépendants internationaux au Xinjiang, région chinoise où vit cette minorité ethnique.

"La France regarde avec beaucoup d'attention l'ensemble des témoignages relayés par la presse et les organisations de défense des droits de l'Homme", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, devant l'Assemblée nationale.

>> À lire : En Chine, les Ouïghours victimes d'une politique de contrôle des naissances imposée

Un système répressif

"Ce qui transparaît de l'ensemble des informations que nous avons ou lisons, ce sont des camps d'internement pour les Ouïghours, des détentions massives, des disparitions, du travail forcé, des stérilisations forcées, la destruction du patrimoine culturel ouïghour, et en particulier des lieux de culte, la surveillance de la population et plus globalement tout le système répressif mis en place dans cette région", a-t-il poursuivi.

"Toutes ces pratiques sont inacceptables. Nous les condamnons avec beaucoup de fermeté", a encore déclaré Jean-Yves Le Drian, suscitant des applaudissements dans l'hémicycle. "Dans l'immédiat, nous demandons à ce que la Chine permette l'accès à des observateurs indépendants internationaux dans cette zone et qu'elle permette à la Haut-commissaire aux droits de l'Homme (de l'ONU) de visiter le Xinjiang en toute liberté."

Une pratique "révoltante et inacceptable"

Dans la matinée, interrogé sur la radio FranceInfo, le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire, a lui aussi évoqué une pratique "révoltante et inacceptable, et (que) nous condamnons fermement".

Cette question "doit évidemment faire partie de la discussion que nous avons avec nos partenaires chinois", a ajouté le ministre, sans se prononcer sur l'existence d'éventuelles importations de France de masques qui seraient fabriqués dans des centres d'internement forcé en Chine.

Les États-Unis ont annoncé lundi placer onze entreprises chinoises sur une liste noire, ce qui limite leur accès à des technologies et produits américains, parce qu'elles participent à la persécution de la minorité ouïghoure.

Ces onze entreprises "sont impliquées dans des violations des droits de l'Homme liées à la mise en œuvre de la campagne de répression, d'incarcération de masse, de travail forcé, de collecte involontaire de données biométriques et d'analyses génétiques visant les minorités musulmanes de la région autonome ouïghoure du Xinjiang", accuse le gouvernement américain.

"Atteintes graves, choquantes aux droits de l'Homme"

Washington, tout comme d'autres capitales occidentales ainsi que des organisations de défense des droits humains, accuse la Chine d'avoir interné dans la région du Xinjiang au moins un million de musulmans.

La Chine dément ce chiffre et affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi afin de l'éloigner de la tentation de l'extrémisme islamiste.

De son côté, le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, a accusé dimanche la Chine de commettre des "atteintes graves, choquantes aux droits de l'Homme" à l'encontre de cette minorité musulmane turcophone.

Les Ouïghours constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), une immense région qui a notamment des frontières communes avec l'Afghanistan et le Pakistan. Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, elle est sous haute surveillance policière.

Avec AFP

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