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Sarah Cooper, l'humoriste qui reprend Trump en play-back et amuse l'Amérique

Capture de l'écran d'un portable le 16 juillet 2020 montrant des mimiques de l'humoriste Sarah Cooper imitant sur sa chaine YouTube SarahCooper Comedy channel le président Trump
Capture de l'écran d'un portable le 16 juillet 2020 montrant des mimiques de l'humoriste Sarah Cooper imitant sur sa chaine YouTube SarahCooper Comedy channel le président Trump STF AFP
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Washington (AFP)

Elle prend les phrases les plus moquées de Donald Trump, y ajoute ses propres talents de comique et secoue le tout avec la viralité de l'application TikTok: l'Américaine Sarah Cooper a trouvé la recette du succès en ces temps de pandémie, à l'heure où les Américains ont, plus que jamais, besoin d'une bonne tranche de rigolade.

L'humoriste d'origine jamaïcaine de 42 ans publie des vidéos où elle imite - et caricature - les mimiques du président américain, dont on entend les vrais discours. La voix du milliardaire républicain est synchronisée avec les expressions faciales et le langage corporel de Sarah Cooper, exagérés à des fins comiques (regard exorbité, bouche en cul de poule).

Les titres de ses vidéos, massivement relayées sur TikTok par les jeunes avant de séduire un plus large public sur Twitter, moquent les erreurs grammaticales ou syntaxiques que peut faire le président, avec des titres comme "How to immigration" ("Comment l'immigration" en français) ou "How to strong death totals" ("Comment beaucoup de morts").

"Trump est un auteur comique génial sans même le réaliser", a-t-elle dit au Los Angeles Times.

En pleine pandémie, Sarah Cooper, qui se filme chez elle, s'est retrouvée sur un pied d'égalité avec les plus grands comiques du pays qui, confinés chez eux, devaient se réinventer, passant de leurs studios télé à leur salon.

Dans "How to cognitive" ("Comment cognitif"), elle refait une interview récente du président sur Fox News, où il explique avoir "cartonné" dans un test cognitif, assurant que son rival démocrate Joe Biden en serait incapable. La mine satisfaite, elle montre la preuve de sa réussite au test: une page d'un livre de coloriage.

Mais c'est surtout "How to medical" ("Comment médicamenteux"), sa reprise de la célèbre conférence de presse où Trump avait suggéré que des injections de désinfectant pourraient être utiles pour lutter contre le coronavirus, qui lui a permis de connaître le succès.

Ces interprétations en play-back lui ont valu en quelques mois de devenir une des comiques les plus en vue du pays, adoubée par ses pairs Jerry Seinfeld ou Ben Stiller et applaudie par Mark Hamill (Luke Skywalker dans Star Wars), l'une des figures de proue de l'anti-trumpisme sur les réseaux sociaux.

- "Rien compris" -

Elle est même en train d'effectuer la transition du petit écran mobile vers le petit écran cathodique traditionnel, où elle est apparue dans des émissions à succès comme les "late-night shows" de Jimmy Fallon ou Ellen DeGeneres.

La télévision, un endroit où Alec Baldwin a gagné ses galons d'imitateur de Trump en chef dans la célèbre émission "Saturday Night Live."

L'acteur américain "a toujours dit qu'il détestait jouer Trump", a rappelé récemment Sarah Cooper lors d'une session de questions-réponses en ligne.

"Mais je pense que moi, en tant que personne qui a moins de pouvoir et un statut moindre, je me dis 'oui, Trump est dégoûtant et je le hais', mais en même temps j'aimerais bien bénéficier du même bénéfice du doute que lui".

"Il y a un peu de ça dans l'interprétation que je fais de lui", a ajouté cette ancienne employée de Google qui a également écrit deux livres.

"De manière égoïste, j'ai toujours voulu être quelqu'un qui pouvait avancer dans la vie en pipeautant tout le monde. Vous savez, Trump a dupé tout le monde pour devenir l'homme le plus puissant du monde", expliquait-elle lors de sa session de questions-réponses.

Etablissant une comparaison avec son passé dans le monde de la Silicon Valley, Sarah Cooper a assimilé, dans les colonnes du magazine InStyle, le président à quelqu'un "qui entre dans une réunion, se répète beaucoup, sort des mots qui font bien et en ressort en se prenant pour quelqu'un d'important, alors que personne n'a vraiment compris ce qu'il venait de dire".

"Etant une femme noire, je ne pourrais jamais m'en tirer comme ça en parlant comme lui en réunion", a-t-elle ajouté dans Vanity Fair. "Encore moins si j'étais présidente des Etats-Unis".

"J'envie sa capacité à avancer dans la vie en pipeautant", a-t-elle dit mardi à la chaîne MSNBC. L'imiter, affirme-t-elle, lui donne "l'impression d'avoir un peu de cette confiance" qu'elle aimerait voir chez "plus de femmes". Elle y compris.

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