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Avec le report des JO, la natation australienne "fait du surplace"

La nageuse australienne Emily Seebohm (au centre, bonnet jaune) lors des Jeux du Commonwealth, à Gold Coast en Australie, le 9 avril 2018
La nageuse australienne Emily Seebohm (au centre, bonnet jaune) lors des Jeux du Commonwealth, à Gold Coast en Australie, le 9 avril 2018 Manan VATSYAYANA AFP
4 mn
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Sydney (AFP)

S'entraîner, y croire et espérer: avec le report d'un an des Jeux olympiques en raison de la pandémie de coronavirus, les nageurs australiens, à l'instar de leurs rivaux, font du surplace et se demandent s'ils pourront bien participer aux JO de Tokyo.

Le report des Jeux, une décision "dévastatrice", selon le sélectionneur australien Rohan Taylor, a chamboulé les plans d'entraînement des athlètes, mettant à mal tant la forme physique que psychologique.

De nombreuses incertitudes planent encore sur la tenue des Jeux, car si la pandémie ne faiblit pas, le Comité international olympique (CIO) et les organisateurs japonais ont publiquement affirmé qu'ils pourraient ne pas avoir lieu du tout.

Dans ces conditions, la tâche qui attend Rohan Taylor, tout juste nommé en remplacement du Néerlandais Jacco Verhaeren, est particulière: aider les nageurs à surpasser cette période d'angoisse et d'incertitudes liée au report des Jeux.

"Tous les athlètes de haut niveau trouvent une motivation quotidiennement. Ce qui les fait se lever c'est la carotte au bout du bâton. Quand on leur a enlevé, ça a été assez dévastateur pour eux", explique Taylor dans un entretien à l'AFP.

"Bien sûr, on a de nouveau une carotte, mais on a encore du mal à la saisir. Donc on fait un peu du surplace, les athlètes font ce qu'ils peuvent, en essayant de se contenir et d'admettre qu'il y a encore un long chemin à parcourir" continue-t-il.

- Entre deux eaux -

Grant Hackett, la légende de la natation australienne victime d'une dépression en 2017, a lui estimé qu'être un athlète olympique devait être "extrêmement difficile" en ce moment.

"Les gens mettent leur vie entière sur pause pour les Jeux olympiques. Tu arrêtes les études, tu arrêtes de faire autre chose, tu cesses d'être une personne complète", a dit Hackett au Sydney Morning Herald.

"En ce moment, la pire chose pour les athlètes est cette situation de transition. Tu dois t'entraîner comme si les JO auront bien lieu, y croire et s'investir en conséquence. Et s'ils n'ont pas lieu, et bien tant pis", détaille-t-il.

Après six semaines loin des bassins en raison des mesures sanitaires prises par le gouvernement, la plupart des nageurs australiens de haut niveau sont enfin de retour dans l'eau.

Mais en raison des restrictions de voyage, les compétitions qui devraient paver la route vers Tokyo auront vraisemblablement lieu en Australie, les championnats du monde 2021 au Japon ayant été reporté à mai 2022 et les Mondiaux en petit-bassin d'Abou Dhabi à décembre 2021.

Les championnats d'Australie auront lieu en avril sur le même modèle que celui des JO, avec les finales dans la matinée et les séries le soir.

- Prêt pour le jour J -

La natation est le sport olympique ayant rapporté le plus de médailles à l'Australie, qui entretient une rivalité avec les Etats-Unis.

Après un record de 20 médailles tombées dans son escarcelle grâce à la natation aux JO de Pékin en 2008, la délégation australienne n'en avait gagné que 10 à Rio en 2016.

Une pente à remonter donc, et une pression qu'est prête à assumer Taylor, qui rappelle que "le but est d'être meilleurs que par le passé".

Dans cette optique, la préparation est primordiale. Pas question de sortir les meilleurs temps trop tôt, lors des qualifications olympiques, pour ensuite caler le jour J.

"Nous avons beaucoup de temps. Il nous faut juste faire les bonnes choses maintenant. Ne pas faire de surentraînement, ça a bien aidé à ce qu'ils se sentent bien. Ils n'ont pas besoin de se donner à fond", explique Taylor.

"Si tout se passe bien, nous aurons une très longue période de rodage, donc nous sommes assez confiants", conclut-il.

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