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Policiers accusés de racisme au tribunal de Paris: Darmanin s'interroge sur les sanctions

Gérald Darmanin lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 28 juillet 2020
Gérald Darmanin lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 28 juillet 2020 STEPHANE DE SAKUTIN AFP
3 mn
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Paris (AFP)

"Si les faits sont avérés" dans l'affaire des policiers accusés de racisme au tribunal de Paris, le ministre de l'intérieur Gérald Darmanin, veut savoir pourquoi les sanctions proposées par l'IGPN ne sont "pas encore mises en place", a-t-il expliqué mardi.

Dans un signalement à sa hiérarchie de mars 2019 révélé lundi par Streetpress, le brigadier chef Amar Benmohamed dénonçait des "propos racistes" tenus de "façon régulière" de la part d'une gardienne de la paix à "l'adresse des déférés d'origine étrangère". Dans l'article du site d'informations, ce fonctionnaire de police affirme que "sur un peu plus de deux ans, plus de mille prévenus ont été maltraités" au dépôt du tribunal.

"Si ces faits sont avérés, il m'appartiendra de savoir pourquoi les préconisations de l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) ne sont pas encore mises en place, pourquoi les sanctions, alors que ça fait une grosse année, n'ont pas été prises. Elles sont en cours m'a-t-on dit", a prévenu le ministre de l'Intérieur interrogé par la commission des lois de l'Assemblée nationale.

"Un rapport a été fait le 12 mars 2019, et l'IGPN a saisi le préfet de police le 6 juin 2019", a-t-il ajouté.

"Un conseil de discipline se tiendra en septembre pour un des fonctionnaires et des sanctions administratives, blâme et avertissements, sont en cours de notification pour cinq autres" au vu de "la gravité des faits allégués", avait annoncé à l'AFP lundi la préfecture de police.

"L'IGPN a relevé des comportements tout à fait inappropriés de la part de six fonctionnaires de police: injures, agressivité, mensonges, désobéissance (je lis des termes utilisés par l'inspection générale). Elle a proposé bien avant la révélation par l'article de presse hier un renvoi devant le conseil de discipline avec quatre sanctions directes et une alternative aux poursuites disciplinaires et dans les quatre sanctions directes, il y a aussi M. Benmohamed", a rapporté M. Darmanin.

"Fait rare, l'IGPN a fait treize préconisations et a demandé à la préfecture de police de les mettre en place pour mettre fin aux dysfonctionnements constatés", a-t-il assuré.

Selon le ministre il est aussi "un peu reproché" au brigadier-chef d'avoir dénoncé ses collègues "avec retard".

M. Darmanin doit recevoir la patronne de l'IGPN Brigitte Jullien en "fin de semaine".

Mardi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "violences volontaires par personnes dépositaires de l'autorité publique" et "injures publiques" après les accusations de M. Benmohamed.

"S'il existe quelques agents qui ont sali l'uniforme de la République, ils n'ont plus rien à faire dans la police de la République", a conclu Gérald Darmanin.

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