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PMA pour toutes : à l'Assemblée, les opposants fourbissent les armes

La députée LREM Blandine Brocard à l'Assemblée nationale, le 13 novembre 2018.
La députée LREM Blandine Brocard à l'Assemblée nationale, le 13 novembre 2018. © Thomas Samson, AFP
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Débattu depuis deux jours à l'Assemblée dans le cadre de l'examen de loi sur la bioéthique, le texte sur l'extension de la PMA à toutes les femmes est toujours aussi clivant. Les opposants sont revenus à la charge mardi en deuxième lecture à l'Assemblée.

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Le gouvernement a tenu à organiser le vote sur la loi de bioéthique avant les vacances d'été des députés. Parmi les principales mesures de ce texte, l'extension de la PMA, la procréation médicalement assistée, aux couples de femmes et aux femmes célibataires, promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Mais les opposants farouches au texte n'ont pas tardé à sortir les armes. Dans une atmosphère tendue, une batterie d'amendements de suppression ont été défendus en vain sur cet article, objet à lui seul de plus de 550 amendements, sur les quelque 2 300 que les députés doivent examiner d'ici la fin de la semaine.

"Marchandisation de la procréation"

Les LR, en pointe contre la PMA pour toutes, ont dénoncé la création d'emblée "d'orphelins de pères" ou le risque d'une "marchandisation de la procréation", réaffirmant leur inquiétude que l'ouverture de la PMA ne mène "inéluctablement" à la GPA. "Quand on dépasse les bornes, il n'y a plus de limite", a notamment lancé Julien Aubert. Mais le Premier ministre Jean Castex, issu de LR, a pourtant encore insisté mardi sur le fait que l'interdit de la GPA demeure une "ligne rouge".

Valérie Six (UDI) a aussi exprimé une crainte que l'extension de la PMA ne conduise à "une marchandisation du vivant", tandis que Laure de La Raudière (Agir) a dit sa "perplexité" devant un texte qui selon elle, revient à priver "volontairement d'une figure masculine paternelle certains enfants".

La "marcheuse" Blandine Brocard, qui avait voté contre l'article en première lecture, a aussi estimé que la mesure "laisse en suspens les conséquences sur l'enfant, le plus vulnérable d'entre nous".

Un article "essentiel"

Le ministre de la Santé Olivier Véran a pour sa part argué que "l'amour est la base du foyer familial", vantant un nouveau droit pour "des milliers de familles qui feront des milliers d'enfants". Son propos a suscité des tensions avec les LR, pour qui l'argument de l'amour est "trop facile". M. Véran a en particulier eu un accrochage avec Xavier Breton inquiet de voir un jour "trois adultes" vouloir un enfant, le ministre lui lançant : "Vous comparez la polygamie avec des femmes qui veulent avoir des enfants dans le cadre d'une PMA, c'est indécent !". Les LR ont ensuite critiqué le départ du ministre, remplacé au banc par Adrien Taquet (Enfance et Familles), lui reprochant de "fuir" le débat.

Le co-rapporteur Jean Louis Touraine (LREM) a défendu pour sa part un article "essentiel", le "fondement même de notre loi", estimant que l'idée que cela mène vers la GPA relève du "fantasme".

À la toute fin de soirée, des amendements PS, LFI et LREM visant à ouvrir la PMA aux hommes transgenres ont été rejetés. Comme en première lecture, le gouvernement y était défavorable.

Avec AFP 

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