Mort de Jacqueline Sauvage, l'un des symboles des violences conjugales en France

Jacqueline Sauvage interviewée en février 2020 pour l'émission "Sept à Huit" de la chaîne de télévision TF1.
Jacqueline Sauvage interviewée en février 2020 pour l'émission "Sept à Huit" de la chaîne de télévision TF1. © AFP Photo / TF1

Jacqueline Sauvage est morte le 23 juillet à 72 ans. En 2012, elle avait tué son mari après avoir subi 47 ans de violences conjugales. Condamnée à 10 ans de prison, elle fut graciée par le président Hollande en 2016. 

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C'est l'un des visages des violences conjugales. Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de réclusion en 2014 pour avoir tué son mari Norbert Marot qui la battait depuis 47 ans, est morte le 23 juillet à son domicile de La Selle-sur-le-Bied (Loiret).

Sylvie, l'une des filles de Jacqueline Sauvage, a confirmé par SMS à l'AFP son décès en précisant que "la cérémonie a eu lieu hier".

"Je suis extrêmement triste, je suis très choquée", a confié l'une de ses avocates, Nathalie Tomasini, qui a eu confirmation du décès par la famille. "Jacqueline Sauvage, par son histoire, par son affaire, a participé à éveiller les consciences sur l'existence de ces femmes qui se sont battues pendant des années dans le huis clos familial et dans l'omerta de la société", a-t-elle déclaré.

L'avocate rappelle également "l'incompréhension des magistrats" dont Jacqueline Sauvage a fait l'objet.

Condamnée à dix ans de réclusion avant d'être graciée 

En première instance comme en appel, Jacqueline Sauvage a été condamnée aux assises à 10 ans de réclusion pour avoir tué son mari de trois balles dans le dos.

En décembre 2016, après quatre ans derrière les barreaux, elle est sortie de prison à l'âge de 69 ans,  graciée par François Hollande après une vaste mobilisation en sa faveur.

Jacqueline Sauvage avait suscité un large soutien populaire, ainsi que celui de nombreuses personnalités politiques ou du monde du spectacle. La décision de l'ancien président de la République avait soulevé de nombreuses critiques, notamment parmi les magistrats.

Il y a encore "plein de Jacqueline Sauvage en France"

L'État français "ne fait pas assez" pour les femmes comme Jacqueline Sauvage, symbole des violences conjugales après sa condamnation pour le meurtre de son époux violent, a affirmé l'actrice Muriel Robin sur Europe 1. "La souffrance de Jacqueline n'aura pas servi à rien. En revanche, la souffrance de beaucoup d'autres, plus de 300 par an, n'est pas entendue", a estimé l'actrice qui avait incarné Jacqueline Sauvage dans un téléfilm en 2018 sur TF1, qui avait fait un carton d'audience.

"Il y a plein de Jacqueline Sauvage en France et dans le monde. On ne fait pas assez pour elles. Qui aura ces cadavres sur la conscience ? On a avancé avec le cas de Jacqueline Sauvage, mais dans le même temps on recule. On continuera de se battre", a encore ajouté l'humoriste. 

"On donne des milliards pour sauver l'économie de notre pays, comment ne trouve-t-on pas un milliard pour combattre les violences conjugales ? Je ne comprends pas comment on ne les trouve pas", s'est-elle encore indignée. "Je ne comprends pas pourquoi les bracelets électroniques contre les conjoints violents ne sont pas en place. Je suis en colère et triste".

Elle a affirmé avoir rencontré Jacqueline Sauvage qui, selon elle, "avait vécu sa grâce comme une justice, un soulagement un cadeau, mais aussi comme l'injustice pour ceux qui ne l'ont pas cru". "Quand on s'appelait au téléphone, je lui demandais comment elle allait. Elle me répondait: je n'ai plus peur. C'est bien de se lever le matin et de ne pas avoir peur".

AFP et Reuters

 

 

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