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Dopage: World Athletics donne un dernier délai jusqu'au 15 août à la Russie, menacée d'exclusion

Le ministre russe des Sports, Oleg Matytsin, lors d'une conférence de presse de la Fédération russe d'athlétisme, à Moscou, le 28 février 2020
Le ministre russe des Sports, Oleg Matytsin, lors d'une conférence de presse de la Fédération russe d'athlétisme, à Moscou, le 28 février 2020 Kirill KUDRYAVTSEV AFP/Archives
4 mn
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Paris (AFP)

Ultime délai avant exclusion: la Fédération russe d'athlétisme devra s'acquitter de ses amendes avant le 15 août, sans quoi une procédure d'exclusion de la Fédération internationale sera enclenchée, ce qui compromettrait grandement la présence d'athlètes russes, même sous bannière neutre, aux JO de Tokyo dans un an.

La Taskforce chargée d'évaluer les progrès de la Russie en matière de lutte antidopage dans l'athlétisme a décidé d'accorder une dernière chance à la Fédération russe: elle dispose d'un délai de deux semaines pour payer 6,31 millions de dollars (5,37 millions d'euros), pour violation des règles antidopage (5 M USD d'amende et 1,31 M USD de frais de procédure).

La Russie avait jusqu'au 1er juillet pour régler les versements, mais le ministre russe des Sports, Oleg Matytsine, dans une lettre envoyée jeudi à World Athletics, a promis de payer l'intégralité des sommes dues au 15 août.

La recommandation faite jeudi par la Taskforce d'exclure la Rusaf de la Fédération internationale est suspendue, mais elle prendra "immédiatement et automatiquement effet", si la Russie ne paie pas ses amendes avant ce dernier délai.

Un congrès de World Athletics, seul habilité à exclure une fédération membre, se réunira alors "dès que possible" pour se prononcer sur cette recommandation.

Aucun statut d'"athlète neutre" (ANA), qui permet aux athlètes russes de participer aux compétitions internationales sous bannière neutre, ne sera accordé pour 2020 tant que les sommes dues ne seront pas réglées.

- L'affaire Danil Lysenko -

Rune Andersen, président de la Taskforce, a regretté jeudi lors d'une conférence de presse à distance le peu de changements observés dans la culture de l'athlétisme russe au cours des cinq dernières années.

"Je pense que la décision d'aujourd'hui est constructive. Nous voyons un désir de World Athletics de collaborer avec la partie russe. Nous avons un chemin très difficile ensemble pour créer les conditions du retour de Rusaf mais je pense que nous avons conclu des accords qui nous permettent d'espérer une étape constructive", a réagi jeudi Oleg Matytsine, cité par les agences russes.

La Russie est au centre d'un vaste scandale de dopage institutionnalisé entre 2011 et 2015, notamment dans l'athlétisme et se trouve sous l'étroite surveillance de la Fédération internationale. La Rusaf est suspendue depuis le 13 novembre 2015.

En novembre 2019, World Athletics a suspendu le processus de réintégration de la Rusaf, après que le sauteur en hauteur Danil Lysenko, vice-champion du monde en 2017 à Londres et champion du monde en salle en 2018 avec le statut ANA, a fourni avec l'appui de la Fédération russe de faux documents pour justifier un manquement à ses obligations de localisation antidopage ("no show") et éviter une suspension.

Depuis, la menace d'une exclusion pure et simple plane sur la Russie, ce qui compromettrait grandement la présence d'athlètes russes comme la sauteuse en hauteur Maria Lasitskene, le hurdleur Sergey Shubenkov ou la perchiste Anzhelika Sidorova, y compris sous bannière neutre, aux Jeux olympiques de Tokyo à l'été 2021.

- Le TAS en novembre -

Au-delà de l'athlétisme, c'est l'ensemble du sport russe qui est pointé du doigt depuis près de cinq ans.

Face aux violations répétées des règles, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a décidé en décembre 2019 de suspendre l'agence russe (Rusada) pour quatre ans, ainsi que d'exclure la Russie des grandes compétitions, dont les Jeux olympiques d'été et d'hiver pour cette même durée.

La Rusada a contesté cette suspension et c'est désormais le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui devra se prononcer, avec une audience devant le TAS prévue début novembre.

Si la juridiction suprême du monde sportif confirme les quatre ans de suspension, le drapeau russe serait absent des JO-2020 à Tokyo, 2022 à Pékin et 2024 à Paris. Les sportifs russes pourraient toutefois, sous de strictes conditions, y participer sous bannière neutre.

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