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Nettoyer, cuisiner, grignoter: le confinement a profité aux ventes des biens du quotidien

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New York (AFP)

Confinés à la maison, nombre d'Américains ont acheté plus de lessives, de snacks ou d'ingrédients pour cuisiner, profitant aux géants de la consommation comme Kraft Heinz et ses ketchups, Procter & Gamble et ses produits ménagers ou Kellogg et ses céréales.

Ces grandes sociétés ont d'autant plus bénéficié de la crise sanitaire qu'en temps d'incertitude, les clients se tournent vers les marques les plus connues et ont fait des stocks au début de la pandémie.

"Les consommateurs gardent chez eux des réserves plus élevées que d'habitude. Ils consomment aussi plus", a constaté jeudi le directeur financier de Procter & Gamble (P&G), Jon Moeller.

Son groupe par exemple a écoulé plus de lessives au deuxième trimestre car les Américains ont eu tendance à laver leurs vêtements plus souvent.

Le chiffre d'affaires de la société, qui distribue les marques Ariel mais aussi Mr Propre, Gillette, Oral-B, Pampers ou encore Vicks, a augmenté au total de 4% d'avril à juin.

Les ventes de la division lessives et entretien de la maison en particulier ont bondi de 11% tandis que celles de la division couches, hygiène féminine, papier toilette et essuie-tout ont augmenté de 3%.

Les hommes se rendant moins au bureau, les ventes de produits de rasage ont en revanche reculé de 5%.

- "Va-t-on retourner au bureau?"-

"On pensait que la croissance de la consommation à la maison allait ralentir de façon importante au courant du deuxième trimestre mais la crise s'éternisant, la consommation est restée élevée plus longtemps que prévu", a aussi relevé jeudi Steven Cahillane, le PDG de Kellogg.

En plus des céréales, le groupe vend les snacks Pringles et Cheez-It ainsi que des produits surgelés.

La croissance interne de ses ventes, qui n'incluent pas les effets de change ou les éventuelles cessions ou acquisitions, a affiché 9%. Et le groupe a relevé ses prévisions pour l'ensemble de l'année.

Chez Kraft Heinz, un autre géant de l'agro-alimentaire, la demande a surtout augmenté pour les produits comme le ketchup et les condiments, les populaires plats de pâtes "macaroni & cheese" et les pommes de terre surgelées.

Malgré la baisse des commandes des entreprises de restauration, ses ventes ont progressé de 7,4%.

Le propriétaire des marques de biscuits Lu et Oreo, Mondelez International, a pour sa part constaté un intérêt plus fort pour les formats destinés à être consommés à la maison, comme les tablettes plutôt que les simples barres de chocolat.

"Bien sûr, au début de la crise, on a observé un peu de stockage mais cela ne fait plus partie de l'équation maintenant", a estimé mardi son PDG Dirk Van de Put.

Tant que les consommateurs passeront plus de temps à la maison, il s'attend à une hausse des ventes aux Etats-Unis. Mais cette tendance signifie aussi que certaines catégories comme les chewing-gums souvent achetés à la volée ou les produits vendus dans les aéroports sont à la peine.

Comme beaucoup d'entreprises, ces grands groupes ont aussi dépensé plus pour garantir la sécurité de leurs employés. Ils ont fait face à des difficultés dans leur chaîne d'approvisionnement et ont parfois peiné à répondre à la demande.

Pour la suite, ils s'attendent a priori à un tassement des ventes. Avec toutefois de grandes incertitudes.

"Les enfants vont-ils ou non retourner à l'école? Va-t-on ou non retourner au bureau?", s'est ainsi interrogé jeudi le PDG de Kraft Heinz, Miguel Patricio. "Tout cela peut encore beaucoup changer", a-t-il relevé.

"On observe actuellement une consommation toujours élevée à domicile", a commenté de son côté Steven Cahillane, le patron de Kellogg. Pour les prévisions d'ici la fin de l'année, "il est impossible de savoir ce qui va se passer avec ce virus".

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