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Chine: des jeunes diplômés en panne de croissance

Un jeune à la recherche d'un emploi lors d'un salon des métiers à Zhengzhou, le 25 juillet 2020 en Chine
Un jeune à la recherche d'un emploi lors d'un salon des métiers à Zhengzhou, le 25 juillet 2020 en Chine WANG ZHAO AFP
4 mn
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Zhengzhou (Chine) (AFP)

Comme une âme en peine, elle erre dans les allées d'un salon des métiers, comme des centaines de jeunes Chinois dont l'avenir se heurte à la crise du Covid-19.

Ma Jingjing, qui vient de décrocher son diplôme de biologie, est à 26 ans l'une des près de 9 millions de diplômés qui débarquent cette année sur le marché du travail.

Première frappée par le Covid-19 mais aussi première à s'en sortir, la Chine assure avoir aligné au 2e trimestre une croissance de 3,2%. Mais sur le front de l'emploi, l'avenir reste sombre, au point que le président Xi Jinping en a fait une priorité politique.

Au salon des métiers de Zhengzhou, une mégapole du centre du pays, Mlle Ma, qui recherche un poste d'enseignante, "se sent perdue" au milieu des stands d'entreprises allant de l'immobilier à l'industrie.

"J'ai envoyé sept ou huit candidatures à des écoles privées. Une seule m'a rappelée pour passer un entretien", confie la jeune femme à l'AFP.

Elle hésite entre accepter un emploi à tout prix ou bien reprendre des études dans l'espoir de trouver mieux quand les jours meilleurs reviendront.

"J'ai déjà fait tellement d'années d'études, je ne veux pas que ma famille paie encore davantage", dit-elle.

- Fort chômage -

Signe des difficultés qui l'attendent, le taux de chômage des jeunes diplômés est trois fois plus élevé que la moyenne nationale: 19,3% contre 5,7% à fin juin, selon les économistes de la banque UOB.

Et ce chiffre n'est que le taux de chômage calculé pour les citadins car Pékin n'évalue pas le marché de l'emploi dans les campagnes.

Malgré la reprise, des secteurs entiers restent sinistrés, particulièrement le tourisme et les transports. D'autres comme la restauration tournent toujours au ralenti. Et des résurgences de l'épidémie apparaissent dans plusieurs régions.

Certains experts doutent de la fiabilité des statistiques chinoises et de la hausse du PIB annoncée au début du mois, après le plongeon de 6,8% enregistré au premier trimestre, au plus fort de l'épidémie.

Pour Louis Kuijs, du cabinet Oxford Economics, il ne fait pas de doute que la reprise est là, mais la question est de savoir "si elle est suffisante pour absorber" la main d'oeuvre excédentaire.

Une différence de quelques points de pourcentage se traduit par des millions de créations d'emplois en plus ou en moins, souligne-t-il.

En attendant, un garçon de 27 ans du nom de Kang enchaîne les foires aux professions, après avoir perdu un premier emploi dans les télécoms.

- 'Extrêmement inquiet' -

"L'épidémie limite les déplacements et beaucoup de salons sont annulés ou retardés. Je suis extrêmement inquiet", déclare le jeune homme, diplômé en 2017.

L'épidémie a aussi incité beaucoup d'étudiants chinois à interrompre leur scolarité à l'étranger, comme Lu Yifan, 25 ans. Ces derniers viennent gonfler la masse des chômeurs, observe-t-il.

"Obtenir une offre d'emploi, c'est vraiment l'exploit" cette année, ajoute Zhao Jingying, 22 ans.

Paradoxalement, certains employeurs peinent à recruter.

C'est le cas de Yang Changwei, responsable d'une agence immobilière, qui ne trouve pas d'agents prêts à être payés à la commission.

"Les mentalités ont changé", remarque-t-il, expliquant qu'en cette période d'incertitudes, les jeunes préfèrent s'orienter vers un métier qui leur assure un revenu constant, même s'il n'est pas très élevé.

- Emplois subventionnés -

Le régime communiste redoute une montée du chômage qui risquerait de saper sa légitimité. Le Premier ministre Li Keqiang a promis de créer plus de 9 millions d'emplois cette année.

Une circulaire gouvernementale de mars appelle les grandes entreprises publiques à accroître leur recrutement en 2020 et 2021, tandis que les plus petites doivent toucher des subventions pour toute embauche de plus d'un an.

Une politique relayée par les collectivités locales.

Les autorités du Henan, dont Zhengzhou est la capitale, ont déclaré vouloir réserver aux jeunes diplômés de cette année la moitié des recrutements dans les entreprises publiques de la province.

Quant à la ville de Nankin (est), elle a mis de côté un milliard de yuans (120 millions d'euros) pour financer 100.000 stages d'insertion professionnelle, selon l'agence de presse Chine nouvelle.

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