L'Afghanistan frappé par un attentat à la bombe devant une prison

De la fumée s'échappe après une attaque entre les forces de sécurité afghanes et des kamikazes à Jalalabad, le 31 juillet 2018.
De la fumée s'échappe après une attaque entre les forces de sécurité afghanes et des kamikazes à Jalalabad, le 31 juillet 2018. © Noorullah Shirzada, AFP

Au moins 20 personnes, dont des civils et des prisonniers, ont péri dans l'attaque, toujours en cours, d'une prison de l'est de l'Afghanistan par des combattants du groupe jihadiste État islamique (EI), ont annoncé lundi les autorités locales.

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Des hommes armés ont pris d'assaut une prison afghane dans la soirée du dimanche 2 août à Jalalabad, après avoir fait exploser un véhicule, faisant au moins 20 morts, dont des civils et des prisonniers, ont annoncé lundi les autorités locales.

Si la fusillade avec les forces de sécurité a fait 20 morts, selon un porte-parole de l'hôpital provincial, un porte-parole du gouverneur de la province fait de son côté fait état de 21 morts. L'attaque a fait une vingtaine de blessés : "25 personnes ont été blessées dans les affrontements", a déclaré un membre du conseil provincial de Jalalabad à Reuters.

L'explosion à la voiture piégée a été suivie d'au moins deux petites explosions à l'extérieur de la prison, où sont détenus de nombreux talibans et membres de l'organisation État islamique, a précisé Sohrab Qaderi, membre du conseil provincial de Jalalabad.

Des affrontements ont ensuite eu lieu entre la police et des assaillants qui avaient pris position à proximité de la prison.

Une attaque revendiquée par l'organisation État islamique

Dans un communiqué publié par son agence de propagande Amaq, l'organisation État islamique a revendiqué l'attaque. Les jihadistes n'étaient pas partie prenante de la trêve entre talibans et forces de sécurité. 

Cette attaque, dans laquelle les insurgés Taliban ont nié toute responsabilité, vient briser un calme relatif à travers le pays. Aucun heurt n'avait été constaté depuis le début vendredi d'une trêve de trois jours décrétée par le gouvernement et les Taliban à l'occasion des festivités musulmanes de l'Aïd al-Adha.

"Cette attaque n'est pas de notre fait. Nos moudjahidines ne sont pas encore autorisés à mener des attaques", a assuré Zabihullah Mujahid, un porte-parole des insurgés.

Des dizaines de prisonniers échappés

Selon un haut responsable sécuritaire afghan ayant requis l'anonymat, certains assaillants ont réussi à prendre position dans l'un des miradors, et empêchent les forces de sécurité d'entrer dans l'enceinte de la prison.

Un nombre – variable, selon les sources – de prisonniers sont parvenus à s'échapper dont certains ont été repris. "Environ 100 prisonniers, probablement plus, ont tenté de s'échapper de la prison [mais la plupart ont été rattrapés]", a assuré le porte-parole de la police du Nangarhar.

Une autre source sécuritaire s'exprimant sous le couvert de l'anonymat a elle dénombré "au moins 300" détenus évadés, estimant qu'environ les deux tiers avaient été à nouveau capturés. Selon cette source les assaillants ont distribué des armes à des prisonniers.

Le respect, ces dernières 72 heures, de la trêve entre Taliban et autorités afghanes, la troisième pause officielle seulement dans les combats en deux décennies de conflit, laissait espérer une avancée dans le timide processus de paix récemment entamé.

Le président Ashraf Ghani et les insurgés ont laissé entendre que des pourparlers entre gouvernement et Taliban pourraient débuter après l'Aïd.

Avec AFP et Reuters 

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