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En images : l'effondrement du pont de Gênes, une catastrophe nationale

Deux ans après l'effondrement du pont de Gênes qui a fait 43 morts en août 2018, l'Italie inaugure lundi son nouveau viaduc, construit en seulement deux années.
Deux ans après l'effondrement du pont de Gênes qui a fait 43 morts en août 2018, l'Italie inaugure lundi son nouveau viaduc, construit en seulement deux années. © Massimo Pinca, Reuters
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Deux ans après l'effondrement du pont de Gênes qui a fait 43 morts en août 2018, l'Italie inaugure lundi un nouveau viaduc, "symbole de la nouvelle renaissance italienne". De son effondrement à sa reconstruction, retour sur l'histoire de l'ouvrage en 10 images. 

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Après les larmes, la fierté. Presque deux ans, jour pour jour, après l'effondrement du pont de Gênes qui a fait 43 morts le 14 août 2018, l'Italie inaugure lundi 3 août, à 18h30, heure locale, un nouveau viaduc. Les autorités du pays assurent avoir tiré les leçons de la catastrophe, qui a jeté une lumière crue sur les défauts de gestion et de maintenance de certaines infrastructures du pays.

Avec ce nouvel ouvrage, érigé en un temps record qui contraste fortement avec les autres grands projets italiens, les responsables politiques veulent faire de la structure la marque d’un renouveau. Le président du Conseil Giuseppe Conte, qui participe à son inauguration, a déclaré que le nouveau viaduc de Gênes, baptisé San Giorgio, serait un "symbole de la nouvelle renaissance italienne". 

Retour sur cette tragédie italienne en 10 clichés.  

1965. Le pont de Gênes est en chantier. L’ouvrage est une structure en béton, avec peu de câbles pour équilibrer la route où passent les véhicules : c’est la marque de fabrique de son architecte, l’Italien Riccardo Morandi. D’une longueur de  1 182 mètres, le viaduc est construit en quatre ans et inauguré en 1967.
1965. Le pont de Gênes est en chantier. L’ouvrage est une structure en béton, avec peu de câbles pour équilibrer la route où passent les véhicules : c’est la marque de fabrique de son architecte, l’Italien Riccardo Morandi. D’une longueur de  1 182 mètres, le viaduc est construit en quatre ans et inauguré en 1967. © Archives du studio Leoni, AFP
En 1967, le jour de l'inauguration de l'édifice, le président italien, Giuseppe Saragat (au milieu), et l'ingénieur Riccardo Morandi (deuxième en partant de la droite), observent la maquette de l’ouvrage autoroutier et saluent sa modernité. Il faut dire qu’à sa construction, le viaduc Morandi est une construction innovante, car sa structure en béton s’apparente à un pont à haubans, mais avec deux tirants en béton, au lieu d’une série de câbles en acier. Mais le procédé s’avère aussi très peu résilient : si un seul morceau lâche, tout le pont tombe. Cette technique de construction n’est d'ailleurs plus utilisée aujourd’hui.
En 1967, le jour de l'inauguration de l'édifice, le président italien, Giuseppe Saragat (au milieu), et l'ingénieur Riccardo Morandi (deuxième en partant de la droite), observent la maquette de l’ouvrage autoroutier et saluent sa modernité. Il faut dire qu’à sa construction, le viaduc Morandi est une construction innovante, car sa structure en béton s’apparente à un pont à haubans, mais avec deux tirants en béton, au lieu d’une série de câbles en acier. Mais le procédé s’avère aussi très peu résilient : si un seul morceau lâche, tout le pont tombe. Cette technique de construction n’est d'ailleurs plus utilisée aujourd’hui. © Archives du studio Leoni, AFP
Le 14 août 2018, sous une pluie battante, le pont autoroutier Morandi, un axe essentiel pour les échanges avec la France, mais aussi pour les trajets locaux, s'effondrent, entraînant dans sa chute des dizaines de véhicules. L’effondrement du pont fait 43 morts dont quatre enfants.
Le 14 août 2018, sous une pluie battante, le pont autoroutier Morandi, un axe essentiel pour les échanges avec la France, mais aussi pour les trajets locaux, s'effondrent, entraînant dans sa chute des dizaines de véhicules. L’effondrement du pont fait 43 morts dont quatre enfants. © Valery Hache, AFP
Des milliers de tonnes d'acier, de béton et d'asphalte se sont effondrés sur une zone industrielle de la ville italienne de Gênes, au cours d'une soudaine et violente tempête, laissant des véhicules écrasés dans les décombres et d’autres bloqués sur le segment restant. Le lendemain du drame, le chef du gouvernement Italien décrète l'état d'urgence pour douze mois à Gênes. Cinq millions d'euros ont été débloqués pour les interventions et les dédommagements des 630 personnes habitant en contre-bas qui doivent être relogées.
Des milliers de tonnes d'acier, de béton et d'asphalte se sont effondrés sur une zone industrielle de la ville italienne de Gênes, au cours d'une soudaine et violente tempête, laissant des véhicules écrasés dans les décombres et d’autres bloqués sur le segment restant. Le lendemain du drame, le chef du gouvernement Italien décrète l'état d'urgence pour douze mois à Gênes. Cinq millions d'euros ont été débloqués pour les interventions et les dédommagements des 630 personnes habitant en contre-bas qui doivent être relogées. © Antonio Calanni, AP
Des travaux de consolidation du tablier du viaduc étaient en cours avant que le pont ne s’effondre. Interrogé le lendemain de la catastrophe, Jean-Michel Torrenti, directeur du département Matériaux et Structures à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar) met en cause la corrosion d'un câble de précontrainte d'un hauban, qui aurait pu entraîner sa rupture et provoquer la catastrophe.
Des travaux de consolidation du tablier du viaduc étaient en cours avant que le pont ne s’effondre. Interrogé le lendemain de la catastrophe, Jean-Michel Torrenti, directeur du département Matériaux et Structures à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (Ifsttar) met en cause la corrosion d'un câble de précontrainte d'un hauban, qui aurait pu entraîner sa rupture et provoquer la catastrophe. © Nicola Marfisi, AP
Samedi 18 août, déclaré jour de deuil national, l’Italie adresse un adieu sobre et solennel aux victimes dans le parc des expositions de Gênes. Lors de la cérémonie, tous les plus hauts responsables de l'État sont présents. Dix-neuf cercueils sont alignés sous d'énormes gerbes de fleurs. Les familles d'une partie des victimes ont cependant choisi de ne pas participer à la cérémonie, certains préférant des funérailles plus intimes et dans leur ville, d'autres annonçant clairement un boycott, pointant la responsabilité de l'État.
Samedi 18 août, déclaré jour de deuil national, l’Italie adresse un adieu sobre et solennel aux victimes dans le parc des expositions de Gênes. Lors de la cérémonie, tous les plus hauts responsables de l'État sont présents. Dix-neuf cercueils sont alignés sous d'énormes gerbes de fleurs. Les familles d'une partie des victimes ont cependant choisi de ne pas participer à la cérémonie, certains préférant des funérailles plus intimes et dans leur ville, d'autres annonçant clairement un boycott, pointant la responsabilité de l'État. © Gregorio Borgia, AP
Les opérations de démantèlement commencent en février 2019. L'opération s’avère délicate, car ce pont suspendu chevauche en partie des habitations – les immeubles sous le pont sont cependant condamnés – et une voie ferrée. Dans un nuage de poussière, les deux principales piles à haubans de ce qui reste du pont Morandi sont détruites à l'explosif, le 28 juin 2019 au matin, pour permettre la reconstruction d'une nouvelle infrastructure. Le déblaiement, qui doit durer six mois, doit permettre à la ville portuaire d'entrevoir la perspective d'un retour à la normale.
Les opérations de démantèlement commencent en février 2019. L'opération s’avère délicate, car ce pont suspendu chevauche en partie des habitations – les immeubles sous le pont sont cependant condamnés – et une voie ferrée. Dans un nuage de poussière, les deux principales piles à haubans de ce qui reste du pont Morandi sont détruites à l'explosif, le 28 juin 2019 au matin, pour permettre la reconstruction d'une nouvelle infrastructure. Le déblaiement, qui doit durer six mois, doit permettre à la ville portuaire d'entrevoir la perspective d'un retour à la normale. © Antonio Calanni, AP
C'est un autre architecte italien, Renzo Piano, qui a la charge de reconstruire le viaduc. Ce natif de Gênes, qui a dessiné le Centre Pompidou et le nouveau Palais de justice de Paris, a promis que le nouvel ouvrage durerait au moins 1 000 ans. Résolument différent du pont Morandi, le "pont Piano", en acier et béton, aura "quelque chose d'un bateau, parce que c'est quelque chose de Gênes", avait expliqué son concepteur en décembre. 

Il comptera 43 lampadaires en mémoire des 43 personnes qui ont péri dans l'accident. La construction du pont, d'un coût estimé à 202 millions d'euros, sera menée par un groupement d'entreprises comprenant Sailini-Impregilo, Fincantieri et ItalFerr.
C'est un autre architecte italien, Renzo Piano, qui a la charge de reconstruire le viaduc. Ce natif de Gênes, qui a dessiné le Centre Pompidou et le nouveau Palais de justice de Paris, a promis que le nouvel ouvrage durerait au moins 1 000 ans. Résolument différent du pont Morandi, le "pont Piano", en acier et béton, aura "quelque chose d'un bateau, parce que c'est quelque chose de Gênes", avait expliqué son concepteur en décembre. Il comptera 43 lampadaires en mémoire des 43 personnes qui ont péri dans l'accident. La construction du pont, d'un coût estimé à 202 millions d'euros, sera menée par un groupement d'entreprises comprenant Sailini-Impregilo, Fincantieri et ItalFerr. © Piero Cruciatti, AP
L'Italie, réputée championne de lenteur dans l'exécution des travaux publics, met les bouchées doubles et achève en avril le pont, au point que l'on parle aujourd'hui dans la péninsule du "modèle de Gênes". Le dernier tronçon du pont, long d'environ 1 km, a été posé fin avril et depuis les travaux de finition et les tests de sécurité se sont succédés pour permettre son inauguration finale. Il y a une dizaine de jours, 56 camions d'un poids de 44 tonnes chacun, pour un total d'environ 2 500 tonnes, ont ainsi testé la solidité du pont.
L'Italie, réputée championne de lenteur dans l'exécution des travaux publics, met les bouchées doubles et achève en avril le pont, au point que l'on parle aujourd'hui dans la péninsule du "modèle de Gênes". Le dernier tronçon du pont, long d'environ 1 km, a été posé fin avril et depuis les travaux de finition et les tests de sécurité se sont succédés pour permettre son inauguration finale. Il y a une dizaine de jours, 56 camions d'un poids de 44 tonnes chacun, pour un total d'environ 2 500 tonnes, ont ainsi testé la solidité du pont. © Fabio Ferrari, AP
Un concert d'hommes et de femmes ayant travaillé sur le chantier est organisé au pied du nouveau pont de Gênes, en Italie, le 27 juillet 2020, avant son inauguration officielle. 
Une absence cependant pèsera lourd sur la cérémonie du 3 août : les familles des victimes refusent d'y participer et se retrouveront dix jours plus tard pour marquer le deuxième anniversaire de la tragédie. 

Le pont devrait être ouvert à la circulation le 4 ou le 5 août, après avoir été débarrassé de l'estrade et des accessoires dressés pour l'inauguration officielle.
Un concert d'hommes et de femmes ayant travaillé sur le chantier est organisé au pied du nouveau pont de Gênes, en Italie, le 27 juillet 2020, avant son inauguration officielle. Une absence cependant pèsera lourd sur la cérémonie du 3 août : les familles des victimes refusent d'y participer et se retrouveront dix jours plus tard pour marquer le deuxième anniversaire de la tragédie. Le pont devrait être ouvert à la circulation le 4 ou le 5 août, après avoir été débarrassé de l'estrade et des accessoires dressés pour l'inauguration officielle. © Piero Cruciatti, AP

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