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Liban : deux fortes explosions à Beyrouth, au moins 78 morts et près de 4 000 blessés

Deux violentes explosions ont secoué Beyrouth, la capitale libanaise le 4 août 2020.
Deux violentes explosions ont secoué Beyrouth, la capitale libanaise le 4 août 2020. AP - Hassan Ammar
13 mn

La capitale libanaise a été secouée, mardi, par deux fortes explosions dans la zone du port de Beyrouth qui ont fait au moins 78 morts et près de 4 000 blessés. Selon le gouvernement, 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium, stockées depuis six ans dans un entrepôt, sont à l'origine de cette tragédie. 

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Deux fortes explosions ont secoué, mardi 3 août, la capitale libanaise, selon des correspondants de plusieurs agences de presse. Un bilan provisoire, publié mercredi, fait état d'au moins 78 morts et près de 4 000 blessés, selon un responsable du ministère de la Santé.

Une très puissante explosion a secoué mardi 4 août le port de Beyrouth.
Une très puissante explosion a secoué mardi 4 août le port de Beyrouth. © Studio graphique FMM

A l'origine de ces déflagrations, environ 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium étaient stockées dans l'entrepôt du port de Beyrouth qui a explosé, a dénoncé le Premier ministre Hassan Diab.

"Il est inadmissible qu'une cargaison de nitrate d'ammonium soit présente depuis six ans dans un entrepôt, sans mesures de précaution. C'est inacceptable et nous ne pouvons pas nous taire sur cette question", a déclaré le Premier ministre durant la réunion du Conseil supérieur de défense, selon des propos rapportés par un porte-parole en conférence de presse.

Le nitrate d'ammonium est un engrais chimique et également composant d'explosifs, qui a déjà causé plusieurs accidents industriels dont l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001.

"Nous ne connaîtrons pas de repos tant que nous ne trouverons pas le responsable de ce qui s'est passé pour qu'il rende des comptes", a promis le Premier ministre.

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La Sûreté générale libanaise avait auparavant évoqué des "matières explosives", toute en ajoutant que l'enquête devrait déterminer "la nature exacte de l'incident".

Une journée de deuil national

Le président libanais, Michel Aoun, a convoqué, mardi soir, une "réunion urgente" du Conseil supérieur de la Défense. Ce dernier a déclaré que Beyrouth est une "ville sinistrée", "recommandant" au gouvernement de décréter l'État d'urgence, selon l'agence nationale d'informations ANI. 

Durant cette période, un "pouvoir militaire suprême sera chargé de toutes les prérogatives en matière de sécurité", selon le communiqué de clôture du Conseil supérieur de défense. Le gouvernement doit tenir une réunion d'urgence mercredi.

De son côté, le Premier ministre Hassan Diab a décrété une journée de deuil national mercredi "pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth".

 

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Des dégâts à l'intérieur de l'aéroport international de Beyrouth

Vers 18 h locales (17 h à Paris), une première explosion a été entendue à Beyrouth, suivie d'une autre, très puissante, qui a provoqué un gigantesque champignon dans le ciel. Les immeubles ont tremblé et les vitres ont été brisées à des kilomètres à la ronde. Le souffle a été ressenti jusque sur l'île de Chypre, à plus de 200 km.

Dans la soirée, l'institut américain de géophysique (USGS) basé en Virginie a précisé que ses capteurs avaient enregistré l'explosion comme un séisme de 3,3 sur l'échelle de Richter.

Corps gisant au sol, carcasses de voitures et entrepôts aplatis... Dans les rues, des soldats évacuaient des habitants abasourdis, certains couverts de sang, leur T-shirt autour du crâne pour panser leurs blessures. Des volontaires aidaient d'autres à trouver de l'assistance. Des voitures, airbags ouverts, mais aussi des bus, ont été abandonnés au beau milieu des routes. Des habitations proches du port ont été rasées ou fortement endommagées.

Outre les images ahurissantes des explosions, des photos postées sur les réseaux sociaux ont montré des dégâts à l'intérieur du terminal de l'aéroport international de Beyrouth, situé à neuf kilomètres du site.

Plusieurs heures après le drame, des hélicoptères continuaient de déverser de l'eau pour tenter d'éteindre les flammes. Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissaient passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et les pompiers.

"C'est une catastrophe à l'intérieur. Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps", a indiqué à l'AFP un soldat aux abords du port. Un homme en pleurs tentait d'avoir auprès d'un soldat des nouvelles de son fils qui était au port.

Réactions à l'étranger

Le drame de mardi vient s'ajouter à la détresse des Libanais. Leurs pays connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques, qui alimentent depuis plusieurs mois la grogne sociale.

À l'étranger, la France a annoncé l'acheminement des "secours et moyens français" à Beyrouth et les États-Unis ont proposé leur aide.

Un responsable israélien s'exprimant sous le sceau de l'anonymat a assuré qu'Israël n'avait "rien à voir avec cet incident", tandis que le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré à la chaîne de télévision N12 que l'explosion était vraisemblablement imputable à un accident provoqué par un incendie.

Avec AFP et Reuters

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