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Explosions à Beyrouth : Michel Aoun rejette toute enquête internationale et évoque "un missile"

Le président libanais, Michel Aoun, le 6 mai 2020, au palais présidentiel de Baadba.
Le président libanais, Michel Aoun, le 6 mai 2020, au palais présidentiel de Baadba. © Dalati and Norha, AFP
9 mn

Le président libanais, Michel Aoun, a rejeté, vendredi, toute enquête internationale sur la double explosion meurtrière et destructrice au port de Beyrouth, affirmant qu'elle pourrait avoir été causée par la négligence ou par un missile.

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Au lendemain de la visite d'Emmanuel Macron à Beyrouth, le président libanais Michel Aoun a rejeté, vendredi 7 août, toute enquête internationale sur la double explosion survenue sur le port de la capitale libanaise, mardi. Et d'affirmer qu'elle pourrait avoir été causée par la "négligence" ou par un "missile".

Jusqu'à présent, les autorités affirmaient qu'un incendie dans un dépôt de 2 700 tonnes de nitrate d'ammonium en était à l'origine. Cette substance chimique dangereuse était stockée depuis six ans dans un entrepôt du port "sans mesures de précaution", de l'aveu même du Premier ministre.

Négligence ou missile ? Pour trancher, Michel Aoun ne compte pas répondre aux appels à l'ouverture d'une enquête internationale car elle "diluerait la vérité". Une telle enquête avait été réclamée la veille par le président français Emmanuel Macron, premier chef d'État étranger à se rendre sur place après la catastrophe.

Une enquête ouverte depuis 72 heures

Au niveau national, une enquête est déjà en cours "depuis 72 heures", a expliqué à France 24, vendredi, Rami Adwan, l'ambassadeur du Liban à Paris. "La justice sera saisie [samedi] de l'ensemble du travail des enquêteurs jusque-là", a-t-il ajouté.

Pour l'ambassadeur, il s’agit avant tout  d’une enquête nationale, avec l'aide d'experts internationaux. "Sur la base de cette enquête, avec les experts internationaux qui y participent aujourd'hui, nous allons voir si des besoins étrangers seront nécessaires pour la compléter, la renforcer", poursuit-il, ajoutant que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) avait déjà pris contact avec les autorités libanaises, et proposé l'envoi d'experts et de matériel. "Cette enquête sera absolument transparente, il en va de la crédibilité de notre pays et de notre avenir".

Explosions à Beyrouth : "Cette enquête sera transparente", assure l'ambassadeur du Liban à Paris
05:28

Quant à l'hypothèse d'un missile à l'origine des deux explosions, avancée par le président libanais, Rami Adwan souligne qu'une "enquête bien faite est une enquête qui pose toutes les hypothèses pour se concentrer sur la plus véridique".

Celui-ci a par ailleurs ajouté que "le résultat le plus véridique semble nous mener vers un accident dû à de la négligence, de la mal-gouvernance et un manque de responsabilité de personnes d'autorité qui seront jugées si ces responsables étaient tenus coupables de l’explosion sauvage, qui vient de ravager notre capitale".

Le chef du Hezbollah nie toute implication

Plus tôt dans la journée, le chef du mouvement libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a pris la parole dans le cadre d'une allocution télévisée au cours de laquelle il a "nié catégoriquement" que son organisation possédait un "entrepôt d'armes" dans le port de Beyrouth.

"Je nie totalement, catégoriquement, qu'il y ait quoi que ce soit à nous dans le port, ni entrepôt d'armes, ni entrepôt de missiles (...) ni une bombe, ni une balle, ni nitrate" d'ammonium, a martelé le chef du Hezbollah, alors que des médias et une partie de l'opinion publique ont pointé du doigt l'influent mouvement chiite libanais.

Avec AFP

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