Port de Beyrouth : les secouristes poursuivent leurs recherches, des responsables arrêtés

Le site de l'explosion de mardi dans la zone portuaire de Beyrouth, au Liban, le 5 août 2020.
Le site de l'explosion de mardi dans la zone portuaire de Beyrouth, au Liban, le 5 août 2020. © Aziz Taher, Reuters

Les secouristes continuent de fouiller les décombres, trois jours après les explosions qui ont dévasté le port de la capitale libanaise et fait 154 morts.

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Trois jours après les explosions du port de Beyrouth qui ont fait au moins 154 morts, selon le dernier bilan du ministère de la Santé, des secouristes internationaux continuent de fouiller les décombres, vendredi 7 août, à la recherche de survivants. La déflagration d'une puissance inouïe, la plus dévastatrice vécue par le Liban, a alimenté la colère de la population, qui avait déclenché en octobre 2019 un vaste mouvement de protestation contre la classe dirigeante.

L'indignation est d'autant plus grande que le gouvernement s'est avéré incapable de justifier la présence du nitrate d'ammonium dans le port "sans mesures de précaution", de l'aveu même du Premier ministre. "La cause n'a pas encore été déterminée. Il y a la possibilité d'une interférence extérieure comme un missile, une bombe ou un autre moyen", a affirmé de son côté, le président libanais, Michel Aoun selon des propos rapportés par plusieurs médias. 

Seize fonctionnaires arrêtés et placés en détention

Le chef de l'État a ajouté que les investigations se déroulaient à trois niveaux : "Premièrement, comment le matériau explosif est entré et a été stocké […]. Deuxièmement, est-ce que l'explosion est le résultat d'une négligence ou d'un accident […] et troisièmement, la possibilité qu'il y ait une interférence extérieure". Pour l'heure, seize fonctionnaires du port et des autorités douanières ont été arrêtés et placés en détention dans le cadre de l'enquête.

Près de l'épicentre de la déflagration, à proximité des silos géants de céréales détruits, les secouristes, parmi lesquels des Français, des Italiens et des Allemands, coordonnent leurs efforts. Vendredi matin, quatre corps ont été retrouvés par les secouristes dans le port presque entièrement détruit. La déflagration a également fait plus de 5 000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de personnes sans abri dans les quartiers dévastés proches.

Appel à l'aide internationale de l'ONU

Face à l'urgence, l'aide internationale afflue à Beyrouth. Les agences de l'ONU ont lancé vendredi un appel urgent à la solidarité internationale, en sus des 9 millions de dollars déjà débloqués sur les fonds humanitaires des Nations unies.

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Le président du Conseil européen, Charles Michel, se rendra samedi à Beyrouth pour "témoigner de la solidarité de l'Europe avec le peuple libanais" et rencontrer les dirigeants de ce pays meurtri. De leur côté, les donateurs pour le Liban se réuniront dimanche, selon la Commission européenne.

Plusieurs pays, dont la France, ont pour leur part, dépêché du matériel médical et sanitaire ainsi que des hôpitaux de campagne. Le président français, Emmanuel Macron, qui s'est rendu sur place jeudi, a réclamé une enquête internationale sur l'explosion. L'Union européenne a débloqué 33 millions d'euros en urgence et l'armée américaine a envoyé trois cargaisons d'eau, de nourriture et de médicaments.

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Des aides de l'Iran, des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite étaient attendues vendredi. Enfin, dans l'immense cité sportive de Beyrouth, la Russie a installé un hôpital de campagne, dressant une vingtaine de tentes médicales où les premiers patients ont commencé à arriver, les hôpitaux de la capitale étant saturés. 

Face au silence des autorités, la colère est montée d'un cran jeudi soir dans la capitale. Les forces de l'ordre ont d'ailleurs eu recours aux gaz lacrymogènes dans le centre-ville pour disperser des dizaines de manifestants enragés par l'incompétence des autorités. Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation antigouvernementale samedi, sous le thème "Pendez-les".

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Avec AFP

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