Au Liban, le gouvernement vacille face à la colère des manifestants

Des manifestants libanais affrontent les forces de sécurité dans le centre-ville de Beyrouth, le 8 août 2020.
Des manifestants libanais affrontent les forces de sécurité dans le centre-ville de Beyrouth, le 8 août 2020. © Patrick Baz, AFP

Le Premier ministre libanais Hassan Diab doit annoncer, lundi, à 18 h 30, la démission collective de son gouvernement, six jours après la double explosion meurtrière, qui a dévasté une partie de Beyrouth. Quatre ministres ont d'ores et déjà quitté leur poste.

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Sous pression, la classe politique vacille au Liban. Le Premier ministre libanais Hassan Diab doit annoncer, lundi 10 août, à 18h30 (heure française), la démission de son cabinet, après les départs successifs de quatre membres de son équipe, a indiqué à Reuters le ministre de la Santé, Hamad Hassan.

Le ministre des Finances a démissionné à son tour, lundi en milieu d'après-midi, devenant la quatrième membre du gouvernement libanais à claquer la porte à la suite de la double explosion meurtrière du port de Beyrouth.

Selon la Constitution, le gouvernement tombe si plus d'un tiers de ses membres démissionnent. Les médias locaux affirment que d'autres ministres du gouvernement composé de 20 membres, qui doit se réunir dans l'après-midi, pourraient suivre.

Les Libanais appelés à manifester lundi

Ces démissions en série peinent toutefois à calmer la colère de la rue. Les Libanais sont appelés à manifester, lundi, devant le palais présidentiel de Baabda à Beyrouth pour réclamer la démission du chef de l'État, Michel Aoun, six jours après l'explosion qui a détruit une partie de la ville.

Le Premier ministre, Hassan Diab, a annoncé samedi qu'il allait demander la tenue d'élections législatives anticipées. Mais ces élections ne sont pas une des principales revendications de la rue, car le Parlement est contrôlé par les forces traditionnelles qui ont élaboré une loi électorale minutieusement calibrée leur permettant de servir leurs intérêts. "Tous veut dire tous", ont clamé ces deux derniers jours les manifestants, appelant au départ de tous les dirigeants.

Les manifestations du week-end à Beyrouth, qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes, sont les plus importantes depuis le début en octobre du mouvement de protestation contre la crise économique et la corruption de l'élite politique.

Dimanche, les donateurs internationaux pour le Liban ont promis d'envoyer rapidement et sans condition près de 253 millions d'euros d'aide à Beyrouth. Mais ils ont précisé que la poursuite de leur soutien dépendrait de la mise en œuvre de réformes institutionnelles.

À lire aussi : "Conférence pour le Liban : l'aide sera versée 'directement' à la population"

Avec AFP et Reuters

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