Le port du masque revient au cœur du duel entre Joe Biden et Donald Trump

Kamala Harris et Joe Biden s'expriment à Wilmington, dans le Delaware, le 13 août 2020.
Kamala Harris et Joe Biden s'expriment à Wilmington, dans le Delaware, le 13 août 2020. © Carlos Barria, Reuters

Joe Biden et Kamala Harris ont axé, jeudi, leur première journée de campagne conjointe sur le port du masque, qu'ils souhaitent voir obligatoire au niveau national dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Selon Donald Trump, le candidat démocrate ne fait que "politiser" la pandémie.

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Le coronavirus reste omniprésent dans la campagne présidentielle aux États-Unis. Donald Trump a accusé, jeudi 13 août, son rival démocrate Joe Biden de "politiser" la pandémie de Covid-19, et rejeté son appel au port du masque obligatoire dans le pays.

L'ancien vice-président de Barack Obama et sa nouvelle colistière, Kamala Harris, ont largement aborder la pandémie lors de leur première journée de campagne conjointe, cherchant à combattre Donald Trump sur sa gestion de cette crise majeure.

Avec plus de 166 000 morts et cinq millions de cas recensés, les États-Unis affichent le plus lourd bilan au monde. Et la crise sanitaire a ravagé la première économie mondiale.

"Sauver plus de 40 000 vies"

Après un briefing avec des experts en santé publique, Joe Biden a appelé les gouverneurs des 50 États américains à "instaurer dès maintenant l'obligation de porter un masque". Ceci pourrait permettre de "sauver plus de 40 000 vies" à travers le pays, a-t-il affirmé devant des journalistes depuis sa ville de Wilmington, dans l'État du Delaware.

"Nous sommes en Amérique. Soyez patriotes. Protégez vos concitoyens", a ajouté le démocrate de 77 ans, tandis que la sénatrice Kamala Harris, 55 ans, l'écoutait à distance, portant un masque noir.

Une "approche rétrograde (...) et très défaitiste", a réagi Donald Trump lors de sa conférence de presse quotidienne à la Maison Blanche sur la pandémie, accusant son rival de "politiser le virus". "Joe l'endormi préfère à l'approche scientifique l'idée d'enfermer tous les Américains dans leur sous-sol pendant des mois", a-t-il lancé en employant le surnom moqueur dont il affuble son rival.

Division politique

"Nous avons appelé les Américains à porter des masques. Et j'ai souligné que c'était un acte patriote", a poursuivi le milliardaire républicain, avant toutefois de semer un doute sur leur efficacité. "Peut-être qu'ils sont extraordinaires, peut-être qu'ils sont juste bons, peut-être qu'ils ne sont pas si bons, mais franchement, qu'avez-vous à perdre ?"

Malgré les recommandations des experts, le port du masque est devenu un sujet de division politique aux États-Unis, Donald Trump ayant évité d'en porter un en public jusqu'à la mi-juillet.

Une trentaine d'États américains ont instauré des obligations de porter le masque, surtout à l'intérieur ou dans des zones fréquentées à l'air libre. Mais dans certains épicentres, comme la Floride ou la Géorgie, les gouverneurs républicains n'ont pas voulu en imposer.

"Femme folle"

Il devrait "revenir aux professionnels de la santé publique de mener la politique de notre pays pour s'attaquer à cette pandémie meurtrière", a insisté pour sa part Kamala Harris.

Depuis l'officialisation de sa nomination comme colistière, Donald Trump a eu des mots durs pour l'ex-candidate à la primaire démocrate, rappelant à l'envi qu'elle avait dû abandonner la course avant même le premier scrutin. Kamala Harris est "une sorte de femme folle", a-t-il encore déclaré jeudi sur Fox Business.

Le nouveau tandem démocrate part avec un avantage: Joe Biden devance Donald Trump dans les sondages nationaux - entre 6 et 9 points de pourcentage ces 30 derniers jours, selon la moyenne du site RealClearPolitics - et dans plusieurs États-clés.

Avec AFP

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