C1: Tolisso, Lyonnais pour toujours mais rival d'un soir avec le Bayern

Publicité

Lisbonne (AFP)

Quand un "Gone" défie Lyon: formé à l'OL, le milieu de terrain du Bayern Munich Corentin Tolisso affronte mercredi son club de coeur en demi-finale de la Ligue des champions, en espérant avoir l'occasion de se montrer après deux saisons mitigées en Bavière.

"Ça m'avait fait mal au coeur": le 27 avril 2010, quand les Bavarois ont brisé les rêves des Lyonnais (3-0) qui participaient pour la première fois au dernier carré de la C1, le jeune "Coco", 15 ans, était ramasseur de balles au stade de Gerland.

Aujourd'hui à Lisbonne, il porte le maillot rouge et blanc sur les épaules, avec une mission qui aurait déplu au joueur du centre de formation qu'il était il y a dix ans: écarter de nouveau Lyon du chemin qui mène à la finale.

"Ce match m'avait marqué. Maintenant, je me retrouve de l'autre côté, mais j'espère qu'il y aura le même résultat", sourit le champion du monde 2018 (21 sélections, 1 but).

Révélé entre Saône et Rhône, avant de partir pour l'Allemagne en 2017, le natif de Tarare (Loire) n'a jamais coupé les ponts avec son club formateur où il a joué dix ans, avec les jeunes puis en professionnel.

Il a vibré en voyant l'OL réaliser l'exploit contre Manchester City en quarts (3-1), samedi, depuis sa chambre d'hôtel, aux côtés de son compatriote Kingsley Coman.

- "Fidèle supporter" -

"Je suis un fidèle supporter! C'est mon club de coeur. Nous étions contents. Kingsley a aussi des amis à lui qui jouent à Lyon, plus particulièrement Moussa Dembélé", passé comme lui par le centre de formation du Paris SG, décrit-il.

"J'ai vécu le match comme les autres matches que je peux voir de l'OL, tout en les soutenant. Quoi qu'il arrive, je soutiendrai l'OL. Je les supporterai à tous les autres matches, mais pas au prochain", relève-t-il.

En observateur avisé, le milieu de terrain a prévenu ses coéquipiers allemands du danger que représente le septième de Ligue 1 qui, sur le papier, aura du mal à rivaliser avec l'ogre qui vient de terrasser le FC Barcelone (8-2).

"On ne va pas les sous-estimer. Je sais qu'ils sont capables de faire de moins bonnes choses en Ligue 1, mais lorsque les gros matches sont là, ils répondent présent. C'était aussi le cas quand j'y étais. Tout l'effectif du Bayern le sait", assure-t-il.

Mais, sur le terrain, Tolisso n'est pas pressenti pour commencer la rencontre au marquage de Houssem Aouar ou Maxence Caqueret, deux "Gones" comme lui. Remplaçant lors du quart, il passe, dans la hiérarchie des milieux, derrière Joshua Kimmich, Leon Goretzka et Thiago Alcantara.

Les blessures - ligaments croisés d'un genou en 2018, cheville en 2020 - et les changements d'entraîneurs (quatre) n'ont pas favorisé l'éclosion de l'ancien Lyonnais, qui représentait le transfert le plus cher du club bavarois à son arrivée (41,5 M EUR).

- Son futur "au Bayern et pas ailleurs" -

En 2019-2020, avec Niko Kovac puis Hansi Flick aux manettes, il a terminé la saison avec seulement 13 apparitions en Bundesliga (pour un but), dont sept titularisations.

En trois ans, il n'a débuté que 25 matches de Championnat, soit moins d'un sur trois.

Son but contre Chelsea (4-1) début août, lors du 8e de finale retour de C1, et les chaleureuses accolades avec ses coéquipiers qui l'ont suivi ont été remarquées par les observateurs du Bayern, alors que des spéculations sur son départ allaient bon train.

"Je vois mon avenir au Bayern. C'est le meilleur club du monde pour moi. J'ai eu des problèmes de blessures ces deux dernières années, mais à l'heure actuelle, je me sens vraiment bien. Le coach compte sur moi. Mon avenir, je le vois au Bayern et pas ailleurs", assure-t-il. Et tant pis s'il faudra battre Lyon pour le prouver.