Convention démocrate, jour 1 : Michelle Obama mène la charge contre Donald Trump

Michelle Obama lors d'un discours enregistré et diffusé le 17 août 2020 au premier jour de la convention démocrate.
Michelle Obama lors d'un discours enregistré et diffusé le 17 août 2020 au premier jour de la convention démocrate. © Reuters (Pool)

Au premier jour d'une convention virtuelle, pandémie oblige, les démocrates ont insisté sur la triple crise sanitaire, économique et raciale que traversent les États-Unis. À l'issue de deux heures d'un programme bien ficelé mais qui manquait de spontanéité, l'ex-Première dame Michelle Obama a réveillé les téléspectateurs en livrant une défense passionnée de Joe Biden.

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"Une convention peu conventionnelle." L'actrice Eva Longoria Baston a bien résumé la situation, lundi 17 août, en présentant le premier soir de la convention démocrate 2020. L'événement, qui aurait dû se tenir en grande pompe à Milwaukee, dans le Wisconsin, s'est transformé en show télévisé à mi-chemin entre le Téléthon et les Oscars.

Pendant deux heures, les téléspectateurs ont eu droit à un long clip de campagne démocrate. Il a débuté comme le veut la tradition par l'hymne national, interprété à distance par des enfants tout sourire de chaque État du pays. De quoi faire jaser les cyniques et pleurer les fleurs bleues.

Exercice difficile

Des Américains moyens ont ensuite offert face caméra leur sentiment sur la situation du pays et plusieurs personnalités du parti ont tenu des discours politiques entrecoupés d'interventions musicales. Sans oublier l'incontournable demande de contributions à la campagne.

Les démocrates, tout comme les républicains la semaine prochaine, n'ont pas le choix. Ils ont misé sur des apparitions pour la plupart courtes et rythmées afin de ne pas perdre l'attention de l'auditoire. Pour pallier à l'absence de public accompagnant les discours, les producteurs ont filmé en direct des dizaines d'Américains applaudissant depuis leur salon. Mais l'exercice était difficile et le manque de spontanéité s'est vite fait ressentir. Difficile d'imaginer quatre jours de suite sur un modèle identique.

Trump est "dépassé par les événements"

Le Parti a quand même pu compter sur la performance oratoire de Michelle Obama, l'ex-Première dame restée ultrapopulaire chez les démocrates. Dans une allocution pré-enregistrée de 18 minutes, elle a étrillé Donald Trump, "pas le bon président pour notre pays" et un homme "dépassé" par les événements.

"Si vous ne deviez retenir qu'une seule chose de mon intervention ce soir, la voici : si vous pensez que la situation ne peut pas empirer, croyez-moi, elle peut empirer et elle empirera si on ne change rien lors de cette élection", a prévenu Michelle Obama. "Il nous faut voter pour Joe Biden comme si nos vies en dépendaient", a-t-elle plaidé, parfois au bord des larmes. "Il dira la vérité et fera confiance à la science", a-t-elle assuré.

La famille de George Floyd invitée

L'intervention de la fille d'un électeur de Donald Trump, mort du Covid-19 à l'âge de 65 ans, a constitué un autre moment fort de la soirée. "Son seul antécédent médical a été de croire Donald Trump et cela lui a coûté sa vie", a lancé Kristin Urquiza. Peu après, un clip en noir et blanc a honoré la mémoire des presque 170 000 victimes américaines de la pandémie.

La crise sanitaire, mais aussi la débâcle économique qui a suivi et le combat contre les injustices raciales ravivé par la mort de l'Afro-Américain George Floyd - dont la famille a dit quelques mots depuis Houston - ont été les trois thèmes majeurs de la soirée.

Bernie Sanders motive le camp progressiste

Pour surmonter ces épreuves, le mot d'ordre était l'unité. "Donald Trump est en train de nous mener sur la voie de l'autoritarisme", a averti le socialiste Bernie Sanders, ex-rival de Joe Biden lors des primaires. "Tant que je suis en vie, je travaillerai avec les progressistes, les modérés et, oui, les conservateurs, pour préserver cette nation d'une menace que tant de nos héros ont combattue", a ajouté le sénateur du Vermont.

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Bernie Sanders cherchait à s'assurer que ses partisans ne boudent pas le candidat de l'"establishment", comme ce fut le cas en 2016 avec Hillary Clinton. Il a pour cela été le seul, lundi soir, à détailler les mesures progressistes du programme de Joe Biden, comme le salaire minimum à 15 dollars de l'heure, les 12 semaines de congé parental ou encore la promesse d'une énergie 100 % propre d'ici 15 ans.

John Kasich rallie les républicains anti-Trump

À l'autre bout du spectre politique, l'ex-gouverneur républicain John Kasich a lui aussi pris la parole pour soutenir Joe Biden. "L'Amérique est à la croisée des chemins", a-t-il affirmé, poussant la métaphore jusqu'à être filmé en pied... à la croisée de deux chemins. "Oui, il existe des domaines sur lesquels Joe et moi sommes en désaccord mais ça n'est pas grave, c’est ça, l’Amérique", a-t-il estimé, invitant ses partisans à "enlever (leurs) casquettes partisanes et placer la nation en priorité".

Les derniers sondages placent Joe Biden devant Donald Trump avec huit ou neuf points d'écart en moyenne. Si cet écart se réduit par rapport au mois dernier, aucun candidat démocrate n'a bénéficié d'une telle avance en 24 ans. Le parti tente donc de garder le cap en unifiant son message le plus possible. Pour ce faire, il compte bien profiter de ses trois soirées supplémentaires de convention en prime time. De son côté, Donald Trump a confirmé qu'il accepterait son investiture, la semaine prochaine, lors d'un discours à la Maison Blanche.

 

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