Ligue des champions : PSG - RB Leipzig, un duel de nouveaux riches mal-aimés

Le PSG et le RB Leipzig vont se disputer une place en finale de Ligue des champions.
Le PSG et le RB Leipzig vont se disputer une place en finale de Ligue des champions. © David Ramos, AFP

Le Paris Saint-Germain et le RB Leipzig s'affrontent mardi pour une place en finale de Ligue des champions. Un duel inédit entre deux clubs qui doivent beaucoup à leurs investisseurs récents. 

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Qui du Paris Saint-Germain ou du RB Leipzig découvrira pour la première fois de son histoire les joies d'une finale de Ligue des champions ? Les deux clubs ont rendez-vous mardi 18 août lors de la première demi-finale de l'édition 2019/2020 de la C1 à Lisbonne pour en débattre. Un affrontement au sommet entre deux équipes déterminées à se faire un nom sur la scène européenne, au risque d'aiguiser les jalousies.

Passé sous pavillon qatari depuis 2011 et son rachat par le fond souverain QIA, le PSG a depuis pour objectif affiché de remporter la Ligue des champions. Pour ce faire, les nouveaux propriétaires ont sorti les grands moyens : en 2018, on estimait déjà à 1,4 milliard d'euros les sommes investies. Des fonds qui ont permis aux Parisiens de se payer les plus grandes stars, comme le prodige Kylian Mbappé pour 180 millions d’euros ou encore le Brésilien Neymar, qui a coûté la somme de 222 millions d'euros, un record encore inégalé.

Une domination sans partage sur le football français

Fort de ses achats, le PSG affiche une insolente suprématie sur le football hexagonal : depuis 2011, le club a raflé pas moins de 25 titres (sur 36 possibles) : 7 championnats, 5 Coupes de France, 6 Coupes de la Ligue et 7 Trophées des champions.

Une domination sans partage qui irrite parfois... Notamment le président de l'Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, qui multiplie les critiques sur ce qu'il considère comme un championnat à deux vitesses, où les clubs ne peuvent lutter avec le budget quasi-illimité d'un fonds souverain.

Cependant, sur la scène continentale, l'argent et les recrutements clinquants ne suffisent pas. Avant l'année 2020, Paris s'est heurté inexorablement à un plafond de verre l'empêchant de dépasser les quarts de finale. Pis, le club qui voulait "rêver plus grand" a connu de cinglantes humiliations : la "remontada" de 2017, quand Barcelone a remporté le match retour 6-1 après une victoire 4-0 des Parisiens à l'aller, et l'élimination en 2019 par une "équipe bis" de Manchester United au Parc des Princes (1-3).

Autant d'accidents de parcours que le club a fini par mettre sur le compte d'un "contexte français" qui pénaliserait le PSG, selon les mots du directeur sportif Leonardo. Le milieu de terrain Ander Herrera ne disait pas autre chose avant le début du "Final 8" de Lisbonne :

"Nous sommes sur une superbe lancée en Ligue 1 et au moindre faux pas, les 'haters' apparaissent ou la presse cherche à créer des problèmes pour remuer le couteau dans la plaie. C’est pour ça qu’en interne, nous avons une mentalité claire : 'C’est nous contre le reste du monde'", explique l'Argentin. "Depuis l’extérieur, tout le monde fait attention à ce que nous faisons. Toute la France attend que le PSG perde, que le PSG commette une erreur."

Le RB Leipzig, mal-aimé

Son adversaire du soir n'est pas davantage prophète en son pays. Fondé en 2009, le RB Leipzig est passé en une décennie de la cinquième division allemande au dernier carré de la Ligue des champions, par la volonté et les investissements de Red Bull et de son patron milliardaire, l'Autrichien Dietrich Mateschitz. Une ascension éclair qui n'a pas été sans heurts dans le milieu du football allemand.

En 2017, pour sa première saison parmi l'élite, le RB Leipzig prend la tête du classement en novembre et parvient à la garder pendant trois semaines. En mai, le club termine deuxième de Bundesliga et se qualifie pour la Ligue des champions pour la première fois de son histoire.

Cependant, le petit nouveau est bien mal accueilli. Les dirigeants de plusieurs clubs allemands accusent Red Bull d'avoir fabriqué de toutes pièces un produit marketing sans âme, juste pour promouvoir sa marque. Et les petits arrangements des propriétaires avec le règlement ne font rien pour apaiser les tensions. En effet, les lettres "RB" dans le nom du club signifient officiellement "RasenBallsport"("sport de balle sur gazon") mais c'est en réalité une manière de contourner la loi de la Fédération allemande interdisant d’attribuer le nom d’une société commerciale à un club avant que cette dernière ne compte 20 ans d'actionnariat et de placer ainsi les initiales de Red Bull de façon "subtile".

Les supporters ultras des grands clubs n'acceptent pas non plus l'intrusion de la boisson énergisante dans leur sport. Plusieurs incidents en tribunes ont émaillé les dernières saisons, avec des banderoles insultantes ou menaçantes déployées contre les "taureaux rouges" ou leur sponsor. Exemples : "Tuer un bœuf n’est pas un crime" ou encore "Red Bull donne des ailes ? Vous risquez surtout de tomber de haut". Lors d’un derby contre Dresde en 2016, les supporters adverses ont carrément exhibé une tête de bœuf pleine de sang. Et en novembre 2017, des fans de Dortmund vont jusqu'à attaquer physiquement des visiteurs de Leipzig après un match, faisant dix blessés.

Le PSG devra composer avec ses blessés

Face au PSG, le RB Leipzig a l'occasion d'écrire une nouvelle page de sa récente histoire. Et pourquoi pas défier le Bayern Munich, qui affrontera l'OL dans l'autre demi-finale, et continuer sa contestation de l'ordre établi dans le football allemand ?

D'autant qu'en face, le sort continue de s'acharner sur le club parisien. Son gardien, Keylor Navas, sorti sur blessure lors du quart de finale contre l'Atalanta Bergame, est officiellement forfait. Et son coéquipier, le Sénégalais Idrissa Gueye, est "incertain" après une blessure à l'entraînement. Seules bonnes nouvelles, les retours à l'entraînement de Marco Verratti, Thiago Silva et Layvin Kurzawa, blessés à différents degrés. Mais seront-ils à 100 % pour la demi-finale ? L'incertitude demeure.

Le PSG peut au moins compter sur le retour de deux de ses "Fantastiques" : Angel Di Maria, suspendu lors du quart de finale, et surtout le prodige Kylian Mbappé, remis de sa blessure à la cheville et auteur d'une entrée décisive face à l'Atalanta. Si l'entraîneur parisien, Thomas Tuchel, dispose enfin de l'intégralité de son arsenal offensif, le technicien allemand pourrait être tenté de sacrifier l'avant-centre Mauro Icardi pour placer Neymar au cœur d'un 4-3-3 qui a fait des merveilles contre les Italiens.

Malgré cette litanie (pas tant finalement) de blessés, le club croit plus que jamais en ses chances de soulever la coupe aux grandes oreilles, après des années d'échecs qui ont alimenté la thèse d'une "malédiction". Une finale PSG-Bayern a d'ailleurs les faveurs des pronostiqueurs.

"La seule chose qu'on a en tête, c'est Leipzig. C'est notre objectif. On peut faire une grosse erreur si on pense déjà à ce qui pourrait venir après", a prévenu le milieu Ander Herrera, en conférence de presse.

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