NBA: Damian Lillard, à la bonne heure

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Orlando (Etats-Unis) (AFP)

"It's Dame Time!": depuis trois semaines qu'a repris la saison NBA, Portland joue chaque match comme si c'était le dernier, avec Damian Lillard dans le rôle du sauveur des derniers instants, dont la main ne tremble pas.

Mardi, pour la première fois en dix matches, les Blazers pouvaient se permettre une défaite face aux Lakers pour leur premier match de play-offs, dans une série du 1er tour qui se jouera au meilleur de sept matches. Mais Lillard, auteur de 34 points, en a encore décidé autrement en réussissant trois paniers à "loooongue" distance dans le money-time qui ont fait basculer la rencontre.

Le dernier, il l'a envoyé quasiment du milieu de terrain où est peint le logo de la NBA s'inspirant du profil de Jerry West, légende des Lakers qui en connaissait un rayon niveau shoot. Et il a évidemment fait très mal à l'adversaire.

"C'est sûr que c'est un gros tir, rentré à un moment-clé. Il prend des gros shoots et les met. Il faut le féliciter pour cela", a commenté après coup LeBron James, qui n'avait déjà pas manqué ces dernières heures de saluer le talent de son rival, estimant qu'"il est un des joueurs les plus sous-estimés du basket".

- "Statistiques éblouissantes" -

Pourtant, ces dernières semaines, à chaque fois c'est la même histoire ou presque. Comme Bill Murray dans son rôle de présentateur météo, qui revit sans cesse les mêmes évènements pour mieux essayer de modifier le cours de son existence dans "Un jour sans fin", les soirs se suivent et se ressemblent pour Damian Lillard, dont les shoots font la pluie et le beau temps sur le parquet, selon le camp dans lequel on se trouve, et changent le cours des matches.

Dans ces moments-là, l'arrière ne prend même plus la peine de mettre le doigt sur sa montre imaginaire au poignet comme il le faisait ces dernières années, en guise de signature. Désormais, ce sont ses coéquipiers qui indiquent que c'est l'heure, son heure.

Le "Dame Time" ne date évidemment pas de cet été. Il n'y a qu'à demander à Paul George et Russell Westbrook, qui en avaient fait les frais en play-offs la saison passée avec Oklahoma après un missile lointain entré au buzzer pour boucler la série (4-1). Mais force est de constater que sa fréquence devient récurrente.

Car dans la bulle d'Orlando, Lillard marche sur l'eau.

Sa capacité hors norme à être "clutch", décisif quand il faut l'être pour résumer, ne fait qu'un peu plus magnifier des statistiques éblouissantes. Sur ses huit premiers matches, il a cumulé une moyenne de 37,6 points et 9,6 passes. Preuve qu'il sait aussi donner la balle quand l'heure tarde parfois à sonner, comme ce fut le cas contre Memphis en barrage où CJ McCullom l'a parfaitement relayé.

- "Au sommet" -

"Dame est au sommet pour moi. Je n’ai jamais joué avec quelqu’un qui a fait autant progresser son équipe sur le terrain par son jeu et en tant que leader. Il se soucie sincèrement de ses coéquipiers. Ce qu’il réussit à faire est incroyable. C’est le meilleur gars avec qui j’ai joué", estimait son coéquipier Carmelo Anthony, avant le match contre Los Angeles.

Play-offs oblige, l'intensité défensive a été tout autre mardi soir, et la tendance ne sera pas à la baisse au fil des matches. A fortiori avec des Lakers revanchards dès jeudi pour le match N.2, qui eux ne prendront pas le risque de se moquer de Lillard, si d'aventure il vient à rater deux lancers francs dans les derniers instants, comme l'ont fait les Clippers Patrick Beverley et Paul George il y a deux semaines.

"Je ne suis pas offensé. Ça démontre surtout à quel point cela leur a fait mal, ce que je leur ai fait subir auparavant dans ces situations. Beverley, je l'ai déjà renvoyé à la maison... George pareil l'an passé", avait-t-il répliqué aussitôt, voyant un signe de respect de leur part, avant d'enchaîner deux matches à 51 et 61 points.

Refusant de célébrer ce record en carrière égalé, Lillard avait prévenu: "Ce n'est rien. Je veux plus. J'avais dit à mon arrivée ici que je n’étais pas venu pour perdre mon temps".