Tour de France: Ineos sans Froome ni Thomas mais avec des nuages de doutes

Paris (AFP)

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Ineos a tranché dans le vif. Ni Chris Froome ni Geraint Thomas, cinq Tours de France à eux deux, ne seront sur la Grande boucle (29 août - 20 septembre): un choix fort en réponse aux doutes grandissants autour de l'équipe britannique depuis la reprise.

Jamais l'hégémonique ex-Team Sky, qui n'a laissé échapper qu'un Tour de France depuis 2012, n'avait paru si friable et Chris Froome et Geraint Thomas en ont fait les frais, pas retenus pour la Grande boucle.

Sur le Tour de l'Ain puis le Dauphiné, l'extraordinaire isolement en montagne du prodige colombien Egan Bernal, dernier maillot jaune à Paris, a ébranlé les certitudes britanniques.

D'autant que pour la première fois, avec l'escadre Jumbo de Primoz Roglic et Tom Dumoulin, l'armada Ineos est confrontée à une équipe qui fait armes égales avec elle. Voire qui surpasse sa puissance de feu tant les hommes de Dave Brailsford n'ont pas tenu la comparaison sur les courses de préparation au Tour de France.

Ces épais nuages à l'horizon de l'ex-Team Sky ont poussé son boss Brailsford à trancher.

- Duo en perdition -

Exit, comme pressenti, l'homme aux quatre Tours: Chris Froome ne sera pas sur les routes françaises en septembre.

Un peu plus d'un an après sa grave chute sur le Dauphiné 2019 qui l'avait laissé perclus de fractures (vertèbre cervicale, fémur, hanche, coude, côtes...), +Froomey+, 35 ans et en partance la saison prochaine vers l'équipe Israël Start-Up nation, ne figure pas parmi les huit coureurs retenus mercredi par Ineos pour disputer la Grande boucle.

"Il a besoin d'encore un tout petit peu de temps pour revenir au meilleur niveau", justifie Brailsford dans une vidéo diffusée sur le site de l'équipe.

Même s'il s'est mis au service du Colombien Bernal sur le Tour de l'Ain puis le Dauphiné, Froome a montré des limites qu'on ne lui connaissait pas dès que la route s'élevait.

Sa 71e place dimanche à près d'une heure et demie du vainqueur de l'épreuve, le Colombien Daniel Martinez, a forcé la décision.

En lot de consolation, le Britannique sera cependant le leader d'Ineos sur le Tour d'Espagne.

Plus inattendue est la mise à l'écart de Geraint Thomas, 34 ans, au bénéfice de l'Equatorien Richard Carapaz, vainqueur du Tour d'Italie 2019 et programmé initialement pour disputer à nouveau le Giro cette année.

Mais le Gallois, co-leader de l'équipe sur le Tour 2019 qu'il a achevé sur la 2e marche du podium, n'a pu signer mieux qu'une 37e place sur le Dauphiné où il a abandonné également un temps considérable --près d'une heure-- sur Martinez.

"J'aurais préféré être un peu mieux, mais mes données sont bonnes. Il faut juste que je perde encore un kilo et je serai parfait", assurait-il tout en reconnaissant un "début du Dauphiné assez difficile".

Avec son absence sur le Tour, au profit du Giro, une page se tourne dans l'histoire de l'ex-Team Sky qui pour la première fois ne fera pas le voyage en France avec un leader britannique.

- La carte Carapaz -

Pour contrer la dream team Jumbo sur le Tour, Brailsford a choisi une paire d'as sud-américaine avec Egan Bernal et Richard Carapaz.

Les doutes nés sur la condition du Colombien après son abandon du Dauphiné en raison de douleurs au dos, semblent levés: "Egan visera à nouveau le maillot jaune en France", plante le patron d'Ineos.

Mais il serait hasardeux de réduire l'Equatorien au rôle de simple équipier. Ineos aura besoin de plusieurs cartes à jouer face à Jumbo, qui n'en manque pas avec le lauréat de la Vuelta 2019 Primoz Roglic, du Giro 2017 Tom Dumoulin et du podium du Tour 2019 Steven Kruijswijk --s'il est remis de sa chute sur le Dauphiné.

Et même si l'équipe britannique reste floue sur le statut de Carapaz sur le prochain Tour, l'Equatorien, après tout, n'était pas le leader annoncé de Movistar quand il s'est imposé sur le dernier Tour d'Italie.