L'Europe s'inquiète du rebond de la pandémie de Covid-19

L'Allemagne a classé pratiquement toute l'Espagne et une partie des Balkans comme zones à risque. Ici, des passants sur l'Alexanderplatz à Berlin, le 14 août 2020.
L'Allemagne a classé pratiquement toute l'Espagne et une partie des Balkans comme zones à risque. Ici, des passants sur l'Alexanderplatz à Berlin, le 14 août 2020. © John MacDougall, AFP

Flambée des cas en Allemagne, regain inédit en France, deuxième vague en Espagne... À l'approche de la rentrée, l'Europe s'alarme d'un rebond de la pandémie du nouveau coronavirus.

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Alors que les cas de Covid-19 en Allemagne reviennent au niveau d'avril, que la France connaît une progression inédite depuis mai et que l'Espagne fait face à une nouvelle vague, le continent européen surveille de près le dernier rebond de la pandémie de coronavirus.

La pandémie a déjà fait plus de 780 000 victimes dans le monde. L'Europe s'inquiète d'un nouveau rebond à la fin des vacances d'été, malgré des mesures draconiennes pour contenir la progression de la pandémie.

L'Allemagne a enregistré au cours des dernières vingt-quatre heures 1 707 nouveaux cas d'infection au coronavirus et dix décès, ont annoncé les autorités le mercredi 20 août. Le pays retrouve ainsi les niveaux de fin avril, une période considérée comme le pic de la pandémie.

Plusieurs zones prisées déconseillées

Berlin multiplie les mises en garde face à la remontée des cas de contaminations – 228 621 au total – liée en grande partie au retour de nombreux touristes allemands de l'étranger.

"Le doublement des (nouveaux) cas" observé en moyenne chaque jour "dans toute l'Allemagne ces trois dernières semaines" constitue une "évolution, qui ne devrait pas se poursuivre mais que nous devrions au contraire juguler", a ainsi prévenu la chancelière Angela Merkel.

Cette situation a conduit le gouvernement à déclarer pratiquement toute l'Espagne et une partie des Balkans, des zones prisées des vacanciers allemands, comme zones à risque et à imposer tests et quarantaines au retour.

L'idée de ramener la semaine de travail à quatre jours refait au passage surface en Allemagne comme remède pour maintenir l'emploi pendant et après la crise sans précédent causée par le coronavirus, un sujet très controversé du côté des entreprises.

Près de 7 000 nouveaux cas en 24 heures en Espagne

En Espagne, le nombre de morts hebdomadaires a doublé : le pays a recensé, mercredi, 131 décès en une semaine, tandis que la région de Madrid redevient la région la plus touchée… comme lors du pic de la pandémie au printemps.

Le nombre de nouveaux cas a aussi bondi avec 6 700 de plus positifs recensés en 24 heures, portant le total à plus de 370 000, le nombre le plus élevé d'Europe occidentale.

Face à cette nouvelle vague, le pays a décidé, vendredi 14 août, la fermeture des boîtes de nuit et l'interdiction de fumer dans la rue si une distance de sécurité de deux mètres ne pouvait pas être respectée. Autant de mesures qui s'ajoutent à l'obligation déjà généralisée du port du masque.

"Situation d'impréparation" dans les écoles en France

La France a elle aussi dépassé ces dernières 24 heures les 3 700 nouveaux cas de Covid-19, une progression inédite depuis mai a-t-elle annoncé mardi 19 août. Au total, 16 747 personnes y ont été dépistées positives au Covid-19 sur les sept derniers jours.

Les obligations de port du masque s'étendent progressivement à de plus larges périmètres dans de nombreuses localités. Ainsi, dans le Sud, Nice a rendu le masque obligatoire dans toute la ville, à l'image de Toulouse.

L'approche de la rentrée scolaire provoque, dans le même temps, les craintes des enseignants, qui s'inquiètent des conditions dans lesquelles elle va se dérouler, alors que les règles de distanciation physique ont été nettement assouplies en juillet, permettant à tous les élèves de pouvoir revenir en classe.

"C'est une situation d'impréparation totalement inédite", estime Sabine Duran, directrice de l'école élémentaire Joséphine Baker à Pantin, en région parisienne.

Vaccin obligatoire ou non ? Le débat est lancé

Depuis l'apparition de la maladie en Chine en décembre, la pandémie a fait au moins 781 194 morts dans le monde, selon un bilan établi par l'AFP mercredi 19 août sur la base de sources officielles. Plus de 22 millions de cas d'infection ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l'épidémie.

Alors que les recherches s'accélèrent pour trouver un vaccin, le débat de son éventuelle obligation est déjà lancé. En Australie, se faire vacciner contre le coronavirus devrait "être obligatoire", a annoncé le Premier ministre australien Scott Morrison. Soit l'opposé des États-Unis, le pays le plus endeuillé de la planète mais où l'aversion d'une partie de la population est vive contre des mesures contraignantes comme le simple port du masque, le vaccin anti-Covid-19 ne sera pas obligatoire.

Le docteur Anthony Fauci, directeur de l'Institut américain des maladies infectieuses, a déclaré mercredi qu'on ne pouvait "pas obliger, ou tenter de forcer les gens à se vacciner". "Nous ne l'avons jamais fait", a déclaré ce haut responsable, membre de la cellule de la Maison Blanche sur le virus.

Avec AFP

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