Top 14: le Stade Français espère récupérer ses joueurs d'ici "une bonne semaine"

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Paris (AFP)

"Une bonne semaine" pour récupérer les "quelques joueurs" atteints de lésions pulmonaires causées par le Covid-19: le directeur général du Stade Français, Thomas Lombard, a fait le point jeudi avec l'AFP sur le cluster qui gâche la préparation de son club.

A deux semaines de la reprise du Top 14, le dirigeant parisien n'entend pas, pour l'heure, demander le report de la rencontre d'ouverture du championnat, le 4 septembre face à Bordeaux-Bègles. Il préfère positiver dans ce contexte difficile: l'essentiel est de "récupérer les joueurs", même "au compte-gouttes" et si certains sont "très en retard".

Q: Comment vivez-vous l'actualité de votre club?

R: "Ce sont des mauvaises nouvelles qui peuvent arriver. On sait que le Covid, c'est quand même une sacrée saloperie. Quelques traces ont été décelées sur des scanners rendus obligatoires avant toute reprise d'activité après un test positif. Il faut que les joueurs se soignent, ce n'est pas bénin mais ça se soigne. Les spécialistes me disent que c'est quelque chose qui se résorbe autour de huit jours. Une bonne semaine. Il faut qu'ils prennent leur mal en patience. Le problème, c'est que les semaines sans compétition commencent à s'accumuler. On a des joueurs qui, potentiellement, sont à l'arrêt depuis le 5 août et qui vont devoir observer un peu plus de trois semaines d'inactivité totale. On rajoute ça à un contexte dans lequel ils n'ont pas pratiqué pendant cinq mois, ensuite ils ont repris de manière très intensive puis ils ont à nouveau été arrêtés trois semaines. Et là, on va leur dire 'il faut vite vous remettre en forme et jouer parce qu'il faut que le championnat commence'. Ce n'est pas idéal. La volonté du Stade français, ce n'est certainement pas d'entraver la reprise du Top 14. On sait l'enjeu qu'il y a autour de ça mais on a aussi un besoin de sécurité pour la santé de nos joueurs et des exigences d'équité dans la préparation qu'on mettra en avant."

Q: C'est tout de même une mauvaise nouvelle pour la préparation physique...

R: "Le gros de la préparation physique a été fait au moment de la reprise, vers la mi-juin. Ils ont pu effectuer un mois, un mois et demi, de travail. C'est sur toute la période de mise en pratique du rugby, de l'organisation du jeu qu'on a eu un arrêt brutal, début août, à la détection des premiers cas. On a des joueurs qui sont très en retard, on n'a pas pu jouer de matches amicaux... C'est sûr que lancer les joueurs, à balles réelles, sur un match de championnat aussi important que celui qu'on devra livrer face à Bordeaux-Bègles, ce n'est pas idéal."

Q: Justement, ce match contre l'UBB peut-il être reporté?

R: "On n'a pas fait de demande en ce sens. On laisse le comité médical de la LNR (Ligue nationale de rugby) statuer sur notre cas. On est en échange quotidien avec eux pour suivre les améliorations, le testing de nos joueurs... On pense que la situation va aller en s'améliorant, on va récupérer des joueurs. Ces cas de traces sur les poumons, ça concerne quand même très peu de joueurs. Ce qui veut dire que les autres vont pouvoir reprendre petit à petit. Il y a un collège de spécialistes qui vont pouvoir établir la possibilité, ou non, de jouer cette rencontre."

Q: Quelle est la suite pour le club?

R: "Par rapport aux examens qu'on a faits, on a déjà une dizaine de joueurs qui étaient positifs, qui ont observé la quatorzaine et qui sont donc en capacité de reprendre les entraînements. Ils ont fait les examens, il n'y a rien qui a été décelé, donc ceux-là vont pouvoir reprendre l'entraînement avec les négatifs. On a eu une contamination qui a été un peu dans le temps. Donc lundi prochain on va avoir de nouveaux examens. Au compte-gouttes, on va récupérer des joueurs. La question va être sur la récupération de ces quelques cas qui ont ces lésions au niveau des poumons. Il faudra, là, décaler probablement la reprise d'une semaine ou plus. Je ne sais pas combien exactement, il faudrait voir avec des spécialistes. Il y a différents grades dans les lésions, on n'est pas sur des grades élevés mais il faut être extrêmement prudent. On laisse les gens dont c'est le métier établir le juste moment où ils pourront reprendre l'entraînement à haute intensité."

Propos recueillis par Nicholas Mc ANALLY