C1 dames: Hamraoui délivre Barcelone, futur adversaire de Wolfsbourg

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Bilbao (Espagne) (AFP)

Dans le silence de la "cathédrale" San Mamés de Bilbao, le FC Barcelone de Kheira Hamraoui (1-0), buteuse, s'est adjugé le quart de finale 100% espagnol contre l'Atlético en ouverture du "Final 8" de Ligue des champions féminine, dans l'ombre du coronavirus.

L'équipe catalane rencontrera les Allemandes de Wolfsburg mardi en demi-finale à Saint-Sébastien, l'autre ville basque accueillant ce tournoi inédit de la C1 dames, à élimination directe (pas d'aller/retour), sur terrain neutre et sans public.

La menace liée au Covid-19, responsable de plus de 40.000 morts en Espagne, apparaissait vendredi aussi visible que les nuages peuplant le ciel de Bilbao, avec un protocole très strict mis en place par l'organisateur.

L'UEFA avait promis de créer "une bulle virtuelle" afin de "minimiser le risque d'infection". Ce fut le cas du bord de pelouse jusqu'à la tribune de presse où, après une prise de température et une désinfection des affaires, les journalistes ont pris place avec masque obligatoire et distances de sécurité nécessaires.

Vide de supporters en tribune, le splendide stade San Mamès de Bilbao, surnommé la "cathédrale", n'a été rempli de bruits que grâce à la sono d'avant-match, au speaker appelant à saluer l'entrée des joueuses, puis aux cris de ces dernières, une fois le coup d'envoi donné.

Preuve que le Covid était partout, et la fête nulle part, les deux équipes ont respecté une minute de silence en mémoire des victimes du virus, autour du rond central et de l'arbitre française Stéphanie Frappart. L'hommage n'a été rompu que par une cloche qui a sonné à 18h00, au loin, juste avant le coup de sifflet.

- Wolfsburg sans pitié -

Le premier duel 100% espagnol de l'histoire en Ligue des champions féminine s'est avéré très disputé physiquement et assez riche en occasions de but.

Finaliste de la dernière édition, le Barça a logiquement dominé les débats avec ses stars d'attaque, mais avec retardement.

La Néerlandaise Lieke Martens n'a pas fait mouche malgré plusieurs tentatives, en raison notamment d'un sauvetage d'Aïssatou Tounkara (32e). Et la Nigériane Asisat Oshoala s'est montrée trop imprécise sur une tête (53e) et une frappe (57e) hors cadre.

C'est finalement sur un centre venu de la droite que l'internationale française Hamraoui a délivré son équipe, championne d'Espagne en titre, d'un tir aux six-mètres (80e) après un geste acrobatique manqué par Oshoala.

Le scénario est cruel pour les Madrilènes qui ont livré une belle résistance au vu des conditions catastrophiques dans lesquelles elles ont préparé leur retour à la compétition.

Il y a d'abord eu la tumeur cérébrale dont a été opérée en mai la milieu Virginia Torrecilla (célébrée avant match par un tee-shirt "Animo (courage, ndlr) Virginia" porté par ses coéquipières). Puis le départ de ses deux gardiennes fin juin et enfin les cinq contaminations au sein de l'effectif, ce qui les a conduit à stopper tout entraînement du 7 au 17 août.

Dans l'autre rencontre de la soirée, à Saint-Sébastien, les Allemandes de Wolfsburg ont converti contre Glasgow City (9-1) la nette supériorité que leur statut leur conférait, avec à la clé un quadruplé de l'attaquante danoise Pernille Harder.

Les championnes d'Europe 2013 et 2014, récemment titrées en Bundesliga et en Coupe nationale, n'ont fait qu'une bouchée du club écossais, petit Poucet de la Coupe d'Europe qui a longtemps craint de ne pas pouvoir venir en Espagne, faute d'argent pour payer les tests sanitaires et l'avion.

Leur présence au Pays basque, rendue possible par la générosité d'un philanthrope d'Edimbourg, était déjà en soi une petite victoire pour le foot féminin, à l'économie encore si fragile.