C3: Conte face à Lopetegui, deux entraîneurs revanchards en finale

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Madrid (AFP)

Ils ont touché les sommets avant de déchanter: les entraîneurs Julen Lopetegui et Antonio Conte s'affronteront lors de la finale de Ligue Europa entre Séville et l'Inter Milan vendredi (19h00 GMT), pour renouer avec leur gloire passée.

Après avoir dirigé certains des meilleurs talents européens à Porto (2014-2016), avec la sélection nationale espagnole (2016-2018) et au Real Madrid (2018), Lopetegui (53 ans) va faire son grand retour sur l'un des toits de l'Europe, à Cologne.

Marqué par ses échecs consécutifs au Portugal et en Espagne, l'ex-gardien de but basque réussit enfin avec Séville, qu'il a rejoint en juin 2019 pour trois saisons. Il a d'abord bouclé un recrutement astucieux, avec l'ex-Girondin Jules Koundé et l'ex-Marseillais Lucas Ocampos.

il a surtout redonné du corps, ensuite, à une équipe bancale mais spécialiste de la C3. Avec le soutien des dirigeants et des supporters, tout semble enfin lui sourire sur le banc d'un grand club d'Europe.

Séville est en effet en train de battre son record historique d'invincibilité (vieux de 85 ans), avec 20 matches de rang sans défaite (11 victoires et 9 nuls) toutes compétitions confondues depuis une défaite 2-1 chez le Celta Vigo en Liga le 9 février. Il a aussi arraché la quatrième place en Liga derrière l'indéboulonnable trio Real-Barça-Atlético, se qualifiant in extremis pour le tour préliminaire de la Ligue des champions.

C'est une vraie revanche pour Lopetegui, après des années d'échecs. Le technicien a en effet été remercié après son revers à Porto (aucun titre remporté mais un quart de Ligue des champions en 2015), et brutalement renvoyé de ses deux derniers postes au sein de la Roja: la veille du Mondial-2018, pour avoir acté en secret son départ vers le Real, puis au Real, après une série de mauvais résultats à l'automne 2018, quatre mois seulement après sa nomination.

"Cela ne sert à rien de regarder en arrière. La réalité, c'est ici et maintenant. Je ne sais pas encore quel souvenir va me laisser cette première saison à Séville... Nous sommes très concentrés sur ce qui se passe en ce moment, alors nous ne pensons pas à demain", a appuyé le coach basque, optimiste, dans un entretien publié mardi sur le site de l'UEFA.

- Conte, la réconciliation -

Malgré une belle fin de saison en Serie A (2e place, à un point de la Juventus), Conte, passé par les bancs de grands clubs d'Europe comme la Juventus (2011-2014), Chelsea (2016-2018) et même la sélection italienne (2014-2016), rêve encore de revenir sur le devant de la scène européenne.

A l'Inter Milan depuis mai 2019, le technicien avait jeté le trouble par des déclarations fracassantes à l'issue du dernier match de championnat à Bergame début août. Il avait accusé sa direction de n'avoir "jamais protégé" ni lui ni les joueurs, quand ils étaient critiqués et recevaient "des paquets de merde".

De quoi susciter des doutes sur ses envies de prolonger l'aventure intériste.

Mais en emmenant avec la manière son équipe jusqu'à une finale européenne, la première depuis dix ans pour le club lombard, Conte a repoussé un peu cette mise au point et retrouvé son statut. Il est largement reconnu comme l'un des meilleurs entraîneurs d'Europe.

Conte n'a pourtant jamais rien gagné sur le plan continental, ni avec la Juve ni avec Chelsea. Alors il rêve d'un premier sacre pour faire taire ses détracteurs. "Le mot peur n'existe pas chez mes joueurs ou chez moi", avait-il même lancé avant la demi-finale remportée facilement lundi contre le Shakhtar Donetsk (5-0).

Quoi de mieux qu'une première victoire à l'échelle européenne pour sceller la réconciliation, déjà entrevue sur la pelouse de Düsseldorf où le président chinois du club, de retour en Italie après la pandémie, a affiché sa satisfaction...

Et pour conforter la situation d'un entraîneur choisi il y a un an pour précisément écrire de nouvelles lignes au bas d'un palmarès en pause depuis la victoire de l'Inter en Coupe d'Italie, il y a 9 ans.