Football : la Ligue 1 reprend sous la menace du Covid-19

Les joueurs des Girondins de Bordeaux à l'entraînement le 10 août 2020.
Les joueurs des Girondins de Bordeaux à l'entraînement le 10 août 2020. AFP - MEHDI FEDOUACH

Cinq mois après avoir interrompu sa saison pour cause de Covid-19, la Ligue 1 ressort  les crampons, vendredi, sous haute surveillance sanitaire, lors d'un match d'ouverture improvisé entre les Girondins et Nantes. L'annonce de cas de coronavirus dans les rangs marseillais a renvoyé à septembre la rencontre initialement prévue entre l'OM - Saint-Étienne

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Alors que les projecteurs sont focalisés sur la finale de Ligue des champions entre le Paris SG et le Bayern Munich, qui aura lieu dimanche, la Ligue 1 reprend, vendredi 21 août, presque en catimini, après cinq mois de pause pour cause de pandémie.

La menace du virus est toujours d'actualité. Bordelais et Nantais ont en effet été appelés à remplacer au pied levé les Marseillais et les Stéphanois, dont la rencontre initialement programmée vendredi a été reportée au 17 septembre en raison de quatre cas positifs au Covid-19 dans l'effectif de l'OM.

Le "derby de l'Atlantique" est certes un classique de la L1, qui a déjà connu les honneurs d'ouvrir la saison, notamment en 2001 après le dernier titre en date des Canaris. Mais cette fois, cette affiche au Stade Matmut Atlantique, propulsée en locomotive de la première journée de L1 pour le grand lancement de la chaîne Téléfoot par le nouveau diffuseur Médiapro, risque d'être un peu fade.

C'est que Bordeaux et Nantes, loin de leur gloire passée, abordent ce nouvel exercice avec beaucoup d'interrogations. Notamment parce que leur préparation a été fortement perturbée, Bordeaux par le long feuilleton du départ de son ex-technicien Paulo Sousa, et Nantes par une série de cas de Covid-19.

Un match d'ouverture de remplacement              

Devant 5 000 spectateurs masqués, la jauge maximale autorisée, la dérogation pour passer à 10 000 spectateurs ayant été rejetée par la préfecture de Gironde, cette nouvelle programmation ne fait pas les affaires de Jean-Louis Gasset.

Nommé il y a seulement dix jours sur le banc bordelais en remplacement de Sousa, le doyen des coachs de L1 (66 ans) n'a pas eu la possibilité de jauger le potentiel de son groupe. Il a d'ailleurs jugé son effectif "un petit peu traumatisé" et "lassé" par l'agitation, qui a régné cet été dans les coulisses du Haillan. De surcroît, un cas de Covid-19 détecté dans les rangs d'Auxerre a eu raison, samedi, du seul match préparatoire qu'il aurait pu diriger avant la reprise.

Malgré ces contretemps, Gasset pourra s'appuyer sur une équipe qui se connaît bien. Il n'y a eu aucune recrue et la base semble plutôt homogène, si on se réfère à la victoire en amical (4-0), obtenue à Reims le 8 août.

Dans les rangs nantais, Christian Gourcuff ne fanfaronne pas non plus à l'idée d'être mis sous les projecteurs et d'inaugurer ce championnat d'après. La succession des cas de coronavirus dans son effectif depuis la fin du mois de juillet a chamboulé son travail de préparation (match amical en Belgique annulé, entraînements tronqués...) et l'a privé un temps de sept joueurs testés positifs, dont le capitaine Abdoulaye Touré ou des cadres comme Ludovic Blas ou Marcus Coco.

Trois d'entre eux, dont Blas et Coco, viennent de passer les tests cardiaques nécessaires avant une reprise complète et seront du voyage à Bordeaux même s'ils viennent seulement de réintégrer le groupe. Les quatre autres restent encore à l'isolement ou suivent un entraînement individuel, tandis que l'effectif compte aussi trois joueurs indisponibles pour des petites blessures.

"On est très vigilant"

Dans les autres clubs épargnés par le virus, l'inquiétude est bien là. "On est très vigilant, on casse la tête aux joueurs avec des messages quotidiens assez forts. On les incite à faire tester leurs familles [...], à limiter malheureusement au maximum les contacts avec l'extérieur. Mais on sait très bien que la bulle est percée de partout", explique Nicolas Holveck, président de Rennes.

Les contaminations sont d'ailleurs en hausse de manière générale dans les villes de certains des clubs touchés, comme Marseille et Nîmes, relève Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football. Si la tendance se poursuit, les efforts des clubs et des entourages ne seront pas forcément suffisants, puisque les autorités pourraient reconfiner des villes ou des départements, et leurs clubs avec.

La longue suspension du championnat en mars a aussi coûté très cher aux clubs, qui ont perdu une partie de leurs droits télévisés et de leurs recettes, ce qui, pour la plupart d'entre eux, efface les gains espérés cette année grâce à l'augmentation des droits dans le nouveau contrat avec Mediapro. Et surtout, la limitation drastique du nombre de spectateurs augure de nouveaux manques à gagner.

Des règles drastiques

En attendant de faire les comptes, les équipes vont devoir se plier à un protocole sanitaire très strict. Dans tous les stades, et "à tout moment", le masque sera obligatoire à partir de 11 ans, et même dans les vestiaires.

Pendant l'échauffement, tous les joueurs en seront dispensés, mais une fois le coup d'envoi donné, les remplaçants devront de nouveau se masquer. La distanciation physique sera de mise jusqu'aux "conversations privées", les entrevues indispensables devant être "brèves" et "en cercle restreint".

Un "plan de nettoyage, désinfection et aération des différents espaces du stade" est en place, avec pour but de désinfecter régulièrement toutes les zones de contact. Même les ballons seront régulièrement désinfectés pendant les rencontres, par des ramasseurs de balle masqués et gantés.

Un programme de tests "rigoureux" est aussi imposé : chaque joueur doit se plier à un test PCR entre 72 heures et 48 heures avant chaque rencontre.Tout test positif consécutif au développement de symptômes imposera une mise à l'isolement du joueur par rapport au groupe pendant 14 jours à compter du premier jour d'apparition des symptômes.

Et à partir de quatre joueurs ou encadrants isolés sur huit jours glissants, le virus sera jugé "circulant" dans le club, ce qui imposera l'organisation d'entraînements par petits groupes uniquement pendant sept jours et la saisine d'une "commission Covid" chargée de se prononcer sur les reports éventuels de matches. 

Avec AFP                

 

 

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