GP de Styrie moto: KTM devant mais Zarco fait les gros titres

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Spielberg (Autriche) (AFP)

Même sans participer aux premiers essais libres du MotoGP de Styrie vendredi, le pilote français Johann Zarco a fait les gros titres en écopant d'une pénalité pour "pilotage irresponsable" après son accident dimanche dernier.

Victime d'une fracture du scaphoïde droit, Zarco a été contraint de faire l'impasse sur les deux séances et ne sait pas encore s'il pourra participer aux qualifications samedi et à la course dimanche.

Après avoir été entendu la veille par les commissaires de course avec Franco Morbidelli, l'autre pilote impliqué dans l'accident intervenu lors du MotoGP d'Autriche, il n'a pu échapper à la sanction.

"Après examen, il a été déterminé qu'il y a des preuves de pilotage irresponsable de la part de Johann Zarco qui a été en conséquence sanctionné", a indiqué la Fédération internationale de motocyclisme (FIM) dans un communiqué.

La sanction est bénigne --il devra partir de la voie des stands lors de sa prochaine course-- mais son impact risque d'être lourd pour le pilote cannois, âgé de 30 ans.

Zarco, qui pilote pour l'écurie cliente Ducati-Avintia, a rejeté toute responsabilité dans cet accident très spectaculaire mais qui n'a fait aucun blessé grave.

Lui et Morbidelli s'étaient accrochés lors d'un freinage avant un virage en épingle. Leurs motos folles s'étaient ensuite désintégrées en rebondissant sur la piste, passant de justesse devant le vétéran italien Valentino Rossi.

- Critiques de Rossi -

L'opinion de ce dernier pèse lourd. Septuple champion du monde en catégorie reine, idole de nombreux fans de MotoGP et devenu avec l'âge, 41 ans, davantage respecté que craint sur la piste, ses critiques ont déchainé les réseaux sociaux contre Zarco.

Or ce dernier sort tout juste d'une mauvaise passe.

Considéré il y a deux ans comme l'un des grands espoirs de la discipline après deux titres de champion du monde Moto2 et plusieurs pole positions et podiums en MotoGP, ses 18 derniers mois ont été difficiles.

Arrivé au sein de l'équipe d'usine KTM pour la saison 2019, il avait quitté cette écurie quelques mois plus tard dans un climat délétère, victime de chutes à répétition et apparemment incapable de maîtriser la machine autrichienne réclamant un pilotage tout en force.

Après des mois sans guidon, deux piges pour Honda l'ont remis en selle avant un contrat pour 2020 avec l'écurie cliente de Ducati, Avintia, pourtant habituée au fond de peloton.

- Rêve d'une meilleure écurie -

Le Cannois a cependant emmené sa machine au sommet lors du Grand Prix de République tchèque mi-août avec une pole position puis une 3e place en course.

Ces résultats lui permettaient de commencer à réver d'une place dans une meilleure écurie, soit celle d'usine de Ducati --pour y remplacer Andrea Dovizioso sur le départ--, soit Pramac, l'écurie satellite de la marque italienne.

La polémique, puis la sanction, risquent de lui donner mauvaise presse, même si les dirigeants de la marque de Borgo Panigale l'ont défendu ces derniers jours.

En attendant, les Ducati se sont à nouveau montrées très rapides sur le tracé de Spielberg, le même qui avait servi de théâtre au Grand Prix d'Autriche il y a une semaine, même si elles ont été devancées par les motos "locales" KTM.

Les Ducati de Jack Miller et Andrea Dovizisio ont mené la danse le matin, avant que Pol Espargaro et sa KTM ne remettent les pendules à l'heure l'après-midi en réalisant le meilleur temps.

Le pilote français Fabio Quartararo (Yamaha-SRT), actuel leader du championnat du monde, n'a pour sa part effectué que le 14e temps. Sa Yamaha n'est pas à l'aise sur le très rapide circuit autrichien et il devra s'employer lors de la course dimanche à ne pas perdre trop de points pour espérer conserver une petite avance au championnat sur son dauphin Dovizioso.

Plusieurs pilotes blessés lors des dernières courses ne participent pas à l'épreuve de Styrie dont l'Espagnol Marc Marquez, tenant du titre et sextuple champion du monde, et l'Italien Francesco Bagnaia.