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Top 14: triste rentrée en perspective dans les stades

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Paris (AFP)

Pas de dérogation préfectorale en vue pour augmenter la jauge des 5.000 spectateurs: coincé par la résurgence des cas de Covid-19, le Top 14 s'apprête à reprendre début septembre avec un public restreint, pourtant vital pour son économie.

"On ne sait pas trop". A deux semaines de la reprise, le directeur général du Stade Français Thomas Lombard ne cache pas son "inquiétude", et pas seulement parce que plus d'une dizaine de ses joueurs ont contracté le Covid-19, entraînant l'annulation des deux matches de préparation.

Autre nuage noir: le club parisien n'a toujours pas reçu la réponse de la préfecture pour déroger à la capacité maximale de 5.000 spectateurs en vigueur jusqu'à fin octobre pour tous les spectacles.

Alors que la France connaît un rebond de la pandémie inédit depuis mai, ce plafond a été reconduit jusqu'à fin octobre et seul Perpignan (D2) a obtenu une dérogation permettant d'accueillir 8.000 personnes pour un match amical prévu ce vendredi face à Colomiers.

Les autres ont soit été recalés, soit attendent encore, comme Jacky Lorenzetti, le président du Racing 92 joint par l'AFP. "Je trouve que ça tarde. Les derniers propos du gouvernement sont plutôt dans le sens d'un resserrement des conditions, on n'est pas vraiment rassurés", s'impatiente le dirigeant francilien. Qui a pourtant fait des travaux dans son Arena, prévoyant notamment des filtres à particules très fines, afin de remplir à moitié l'enceinte fermée de La Défense qui peut accueillir 30.000 spectateurs en configuration rugby.

- Les hospitalités d'abord -

Vent debout contre un huis clos, mesure en vigueur dans le Championnat anglais et en Pro 14 (championnat de rugby réunissant des clubs des trois pays celtes, d'Italie et d'Afrique du Sud), les clubs de Top 14 martèlent depuis des mois que les revenus "jours de matches", dans lesquels ils incluent les recettes de partenariat et notamment les juteuses hospitalités, représentent 60% de leur budget, contre 20% seulement pour les droits télé.

Le Stade Rochelais, qui a justement bâti son succès sur un réseau très dense d'entreprises partenaires, attend lui aussi la réponse de la préfecture à sa demande d'accueillir 12.000 personnes à Marcel-Deflandre, un stade où il joue à guichets fermés, soit 16.000 spectateurs, en continu depuis début 2016.

En attendant, il a tranché quant aux heureux élus pour la réception de Toulon lors de la 1re journée, le 5 septembre. "Afin de garantir la survie économique du Stade Rochelais, la priorité doit être donnée aux places associées à des prestations d'hospitalités, qui génèrent plus de 50% du budget du club", expliquait-il mercredi. Les espaces de réception ont été adaptés afin de diviser par deux la densité d'occupation.

Les abonnés, eux, seront remboursés au prorata du match et pourront retenter leur chance lundi lors d'une vente privée. Les déçus seront prioritaires pour le match suivant.

- Toulouse, faible espoir -

Autre poids lourd pouvant compter sur un public nombreux (21.000 spectateurs en moyenne la saison dernière), le Stade Toulousain a acté mercredi la décision du préfet Etienne Guyot de ne pas relever le plafond de la jauge pour l'heure. Le voeu du président Didier Lacroix d'accueillir l'Ulster dans un Stadium plein (33.000), mi-septembre en quarts de finale de Coupe d'Europe, semble bien pieux, le même préfet venant d'imposer le port du masque à l'ensemble de Toulouse, une première dans une grande ville en France...

Combien de temps les clubs, aux budgets déjà fortement revus à la baisse (-5 millions pour Paris, 6 pour Toulouse, 5 pour La Rochelle...), peuvent-ils tenir avec ces restrictions? Le 11 août, au moment où le gouvernement avait prolongé la jauge, La Ligue (LNR) avait prévenu les pouvoirs publics: "L'aide apportée jusqu'ici ne suffira pas pour couvrir deux mois sans jauge pleine". Malgré le retour du rugby après six mois d'abstinence, "il y a encore des jours compliqués devant nous", soupire Thomas Lombard.

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