C1: à travers l'épopée PSG, le Qatar espère des retombées positives

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Lisbonne (AFP)

Le Qatar a investi massivement dans le PSG depuis 2011, jusqu'à l'aboutissement d'une finale de Ligue des champions dimanche. Le sacre est attendu par le club, l'année de ses 50 ans, mais aussi à Doha, qui espère des retombées positives en terme d'image.

"Depuis que nous sommes ici, notre rêve est de gagner la Ligue des champions et désormais nous en sommes proches", avait admis Nasser al-Khelaifi après la demi-finale remportée mardi face au RB Leipzig (3-0).

Si Paris venait à soulever la C1 dimanche soir à Lisbonne, cette victoire serait le point d'orgue des investissements massifs consentis par les Qataris, qui ont sorti le club parisien du marasme dans lequel il était régulièrement plongé.

Une ascension permise grâce à 1,3 milliard d'euros dépensés en transferts, des investissements symbolisés par le duo Neymar-Mbappé, arrivé en 2017 pour plus de 400 millions d'euros afin de changer l'histoire du club et par ricochet, celle du Qatar, qui espère désormais en profiter.

Remporter cette Ligue des champions via le PSG serait un bel accomplissement pour le riche émirat du Golfe et permettrait à ce pays, dont l'état des droits humains en général a fait l'objet de nombreuses critiques d'ONG et syndicats internationaux, de soigner son image.

- Stratégie de marque -

Pour le fonds souverain Qatar Sports Investments (QSI), propriétaire du PSG, l'objectif d'être "reconnu internationalement comme une marque mondiale de premier plan dans le domaine du sport, du plaisir et du divertissement" est en passe d'être atteint, à condition de gagner dimanche.

Avant la Coupe du monde 2022 qu'ils organisent, c'est l'une des dernières occasions pour les Qataris de donner un coup de projecteur à leur projet.

"Tout est une histoire de stratégie de marque. Être lié à des tournois prestigieux d'un côté, avec des clubs séduisants et victorieux de l'autre", résume pour l'AFP Nicholas McGeehan, directeur de "Fair Square Projects", organisme qui enquête sur le droit des travailleurs immigrants au Qatar.

Car si l'organisation du Mondial et le rachat du PSG ont également mis en lumière le traitement réservé aux travailleurs migrants, les bénéfices que Doha espère retirer semblent dépasser les investissements faramineux consentis.

"Au final, il s'agit de politique, de pouvoir et d'influence, pas de football", résume McGeehan.

Pour le moment, il y a au Qatar plus de passion pour la Premier League anglaise que pour le PSG, malgré un intérêt croissant.

"Incontestablement, nous anticipons énormément, en attendant la victoire du PSG en finale. J'espère qu'ils vont gagner", admet le journaliste sportif Mohammed al-Jazarin, basé à Doha.

- "Enorme bénéfice politique" -

Cette semaine, une inscription "NOUS SOMMES PARIS -- LISBONNE 2020" couvrait la moitié de la vitrine de la boutique du PSG dans la capitale qatarie.

"L'intérêt pour le PSG a augmenté quand le Qatar l'a racheté. S'ils gagnent la C1, ils vont sûrement célébrer deux fois, à Paris et ici", espère le gérant du magasin Abdul.

Affronter le Bayern en finale permet aux Qataris d'avoir par la même occasion une double exposition: Qatar Airways étant sponsor maillot du Bayern, ils ont également lancé le hashtag "Qlassico" sur Twitter.

Pour McGeehan, une victoire du PSG se reflèterait positivement sur le Qatar et l'émir Tamim bin Hamad Al-Thani, dans un contexte de tensions récentes avec les pays voisins, où l'Arabie Saoudite ou encore les Emirats arabes unis ont coupé leurs liens diplomatiques, économiques et touristiques avec le Qatar.

"Pour le prestige de l'émir, c'est un énorme bénéfice politique. Son capital politique va énormément augmenter parmi les Qataris", explique-t-il.

"Leur marque est mise en avant dans les plus grands matches joués chaque année en Europe. Ils vont accueillir le plus grand match de foot du monde dans quelques années (la finale du Mondial, ndlr.). De ce point de vue là, ça ne pourrait pas mieux marcher", conclut-il.