C1: Neuer-Navas, un seul de ces géants soulèvera le trophée

Lisbonne (AFP)

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Navas, triple vainqueur de la Ligue des champions, contre Neuer, champion du monde mais une seule fois vainqueur du trophée majeur européen: ces deux gardiens d'exception, tous deux moteurs de leur équipe, s'affrontent en finale dimanche avec le PSG et le Bayern.

- Navas: l'atout expérience du PSG -

Dans le silence du huis clos qui règne depuis les débuts du PSG dans le "Final 8", on entend davantage Keylor Navas et ses encouragements en espagnol de sa voix rauque et puissante que ses autres coéquipiers présents sur la pelouse !

Discret dans la vie, l'expérimenté gardien costaricien (33 ans) se transforme en aboyeur sur le terrain pour galvaniser ses partenaires, comme lors du quart de finale renversant contre l'Atalanta Bergame (2-1).

Victime d'une lésion musculaire à une cuisse en fin de match, Navas avait dû déclarer forfait pour la demi-finale contre Leipzig (3-0), laissant son remplaçant Sergio Rico (26 ans) délivrer une partie solide.

Pour la finale, le PSG et son entraîneur Thomas Tuchel comptent absolument sur le triple vainqueur de la Ligue des champions (2016, 2017, 2018) pour tenter de décrocher la première C1 de leur histoire.

Car à Paris, seuls Angel Di Maria (2014) et Neymar (2015) ont déjà atteint le Graal européen, alors que le Bayern, fondé en 1900, va disputer sa 11e finale dans l'épreuve-reine européenne.

C'est dire si l'expérience de Navas sera cruciale pour ses partenaires. D'autant plus qu'après les passages mitigées de Salvatore Sirigu (2011-2017), Kevin Trapp (2015-2018) ou Alphonse Aréola (2016-2019), le PSG a longtemps tâtonné pour trouver le gardien censé lui permettre de franchir un cap dans la compétition continentale.

Avec ses réflexes innés sur la ligne de but et son mental à toute épreuve, Navas a déjà prouvé son apport cette saison. A l'image de sa prestation majuscule lors de la séance de tirs aux buts contre Lyon (0-0 a.p., 6-5 t.a.b.) en finale de la Coupe de la Ligue.

Après avoir participé à une deuxième session d'entraînement de suite vendredi, le gardien devait effectuer un dernier test samedi soir pour voir s'il pouvait tenir sa place. Et lancer son duel à distance avec Neuer, l'une des clés de la finale.

- Neuer: déjà une légende au Bayern -

"Manuel est le meilleur gardien du monde et notre capitaine": le patron du Bayern Karl-Heinz Rummenigge, à la veille de la finale, sait qu'il peut compter sur Neuer, qui a déjà, à 34 ans, sa place au panthéon des gardiens de légende, à côté des Lev Yachine, Dino Zoff, Fabien Barthez, Gianluigi Buffon ou Iker Casillas.

Vainqueur de la compétition reine en 2013, déjà avec le Bayern, champion du monde en 2014 avec l'Allemagne, huit fois vainqueur de la Bundesliga, six fois vainqueur de la Coupe d'Allemagne: le portier, formé à Schalke et arrivé à 25 ans à Munich, incarne à lui seul la décennie dorée du Bayern Munich.

Depuis toujours, il a joué un rôle décisif dans le succès de ses équipes. Les Français se rappellent notamment du quart de finale du Mondial-2014 (victoire 1-0 de l'Allemagne), où Neuer avait complètement écœuré les attaquants des Bleus.

Et si les victoires du champion d'Allemagne ont paru faciles lors du tournoi de Lisbonne en ce mois d'août, Neuer y a été pour beaucoup: on l'a vu gagner des duels cruciaux en début de match contre Barcelone puis Lyon, dans son style très caractéristique en grand écart, pour permettre à ses attaquants de dérouler ensuite avec sérénité.

Impérial sur sa ligne et impressionnant dans sa surface, il a aussi contribué depuis une décennie à faire évoluer le jeu au pied des gardiens, avec ses sorties - parfois risquées - très loin de sa surface: "Lorsqu'il s'agit d'être le 11e joueur de champ, Neuer a été la référence absolue", dit de lui Bodo Illgner, champion du monde 1990 dans les buts de l'Allemagne.

Désigné à quatre reprises meilleur gardien du monde, Neuer conserve une confiance en lui inébranlable, à juste titre: en sélection, Joachim Löw continue à faire de lui son capitaine et indétrônable numéro 1, malgré l'impatience de Marc-André ter Stegen (Barcelone). Et au Bayern, ses dirigeants viennent de renouveler son contrat jusqu'en 2023, l'année de ses... 37 ans!