Accéder au contenu principal

Championnats de France: Arnaud Démare se taille un palmarès en 3D

4 mn
Publicité

Grand-Champ (France) (AFP)

Arnaud Démare n'a pas calé. Annoncé comme l'homme à battre aux Championnats de France dimanche, il a répondu au feu d'artifice de Julian Alaphilippe dans le final pour enfiler un troisième maillot bleu-blanc-rouge et rendre son bien à Groupama-FDJ qui empile un 7e titre depuis 2012.

"La pancarte de favori, ça m'est déjà arrivé. C'est pas plus gênant que ça", avait balayé le sprinteur de la Groupama-FDJ samedi. Arnaud Démare a démontré dimanche que la confiance qui transpirait de ses mots n'était pas démesurée.

Le lauréat de Milan-Sanremo 2016 n'a pas eu besoin d'un sprint massif pour tailler une troisième dimension à son palmarès. Avec trois maillots tricolores (après 2014 et 2017), +Nono+ rejoint un nom de l'imaginaire cycliste, Jean Stablinski, seul coursier depuis l'après-guerre sacré au moins trois fois champion de France (quatre au total, un record).

- L'envolée d'Alaphilippe -

Dans les jours précédents la course, il redoutait un homme, le héros du Tour 2019, Julian Alaphilippe. "Même en grande forme, je ne suis pas sûr de pouvoir le suivre", craignait le sprinteur dans un entretien à Direct vélo.

Et en effet, +Alaf+ s'est envolé à quatre kilomètres de l'arrivée sur la dernière bosselette du circuit de 18 km dans l'arrière pays breton, entre les champs et les maisons de pierre plate et d'ardoise du bourg de Grand-Champ.

"Quand Julian part, je me suis dit que c'était le moment d'y aller, raconte Démare. Je me suis pas affolé, je savais qu'il allait basculer avec seulement cinq ou dix secondes d'avance, qu'il fallait que je fasse mon effort après et ne pas me mettre dans le rouge avant."

Le retour d'un autre sprinteur, Bryan Coquard, lui a "fait un grand bien pour pouvoir souffler quelques secondes".

Le duo, revenu sur Alaphilippe à force de relais, a fait parler sa vitesse dans les derniers hectomètres. Et au jeu de la puissance brute, Arnaud Démare, sur un nuage depuis août, était le plus fort des trois. Coquard, le deuxième.

Pour la 4e place, Clément Venturini a réglé le sprint, à cinq secondes du trio, devant Anthony Turgis et Rudy Molard.

Démare, double vainqueur d'étape dans le Tour mais absent dans une semaine de la Grande boucle où son équipe mise tout sur Thibaut Pinot, était le "favori N.1" de l'aveu du tenant du titre Warren Barguil.

Après avoir levé des bras devant les cadors du sprint mondial à Milan-Turin, Démare avait roulé au Tour de Wallonie. Et sa réponse à l'accélération violente de Philippe Gilbert dans le dernier kilomètre de la dernière étape, qu'il a ajoutée à son palmarès, annonçait des cuisses prêtes à suivre, ou presque, Alaphilippe.

- "L'année de la revanche" -

Sa formation Groupama-FDJ a parfaitement cadenassé la course dimanche. "Pour moi 2020, ça va être l'année de la revanche. On a envie de reprendre le paletot dans l'équipe", avait annoncé son patron Marc Madiot.

Ses 17 hommes au départ ont tenu en bride les échappés et groupes de contre qui ont tenté dès le premier tour de faire sauter le verrou des Groupama-FDJ. Et quand après le regroupement général à 7,5 km, Florian Sénéchal a concassé le peloton pour préparer une offensive de son leader +Alaf+, Démare, protégé toute la journée, était dans les bonnes roues pour pouvoir basculer au sommet de la dernière bosse à portée de l'homme aux quatorze maillots jaunes.

"Arnaud était tout simplement le plus fort, il a fait la jonction et a réussi à sortir un gros sprint après", n'a pu que constater l'ex-N.1 mondial, "sans regret" sur ce circuit "pas assez difficile pour faire la différence" mais le visage fermé.

"Il n'y en a qu'un qui porte un an ce maillot, savourait lui un Démare aux anges. C'est quand tu ne l'as plus que tu te rends compte de ce que tu as perdu." Depuis 2012, jamais il n'avait échappé deux années de suite à la FDJ.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.