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C1 dames: Lyon, une histoire d'ogre et de chasseurs

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Bilbao (Espagne) (AFP)

Dans l'Europe du foot féminin, l'ogre OL fait-il "moins peur" qu'avant? De sérieux concurrents fourbissent leurs armes pour déboulonner à terme les quadruples championnes d'Europe, mais celles-ci conservent des individualités et un coup d'avance pour griffer l'ennemi.

L'entraîneur des "Fenottes" le reconnaissait au début du "Final 8" de Ligue des champions. "Le challenge aujourd'hui est de maintenir cette équipe au plus haut, c'est dur. Tout le monde nous attend au tournant, je dis bien tout le monde", insistait Jean-Luc Vasseur.

Sur le toit de l'Europe depuis quatre ans, l'armada lyonnaise voit néanmoins la concurrence affûter ses armes, entre recrutement géant et professionnalisation des sections féminines.

C'est le cas par exemple du Real Madrid qui, après 118 années d'existence, s'est doté cet été de la première équipe féminine professionnelle de son histoire en absorbant le CD Tacon et en lançant un recrutement galactique pour rattraper son retard.

Mais la montée en puissance est encore plus menaçante, dans l'immédiat, de la part des richissimes clubs anglais comme Chelsea et Manchester City. Les Citizens ont ainsi récemment attiré les championnes du monde américaines Rose Lavelle et Sam Mewis, en attendant l'arrivée attendue de l'actuelle latérale lyonnaise Lucy Bronze.

D'autres clubs comme Wolfsburg et le FC Barcelone, à l'effectif cosmopolite, montrent aussi les crocs.

- "Les autres se renforcent" -

"Je crois que l'OL fait un peu moins peur chaque année. Et non pas parce que Lyon baisse de niveau, mais bien parce que les autres équipes se renforcent bien", résume auprès de l'AFP David Menayo, spécialiste du football féminin pour Marca, le journal le plus vendu d'Espagne.

"D'ici, on considère toujours que Lyon, c'est une constellation de stars, presque une sélection des meilleures joueuses du monde… Mais il est possible de lui tenir tête", croit savoir le journaliste.

Et la petite musique du déclin résonne de plus en plus fort parmi les outsiders aux dents longues à l'image du Bayern Munich qui, avant son élimination par l'OL samedi en quarts de finale, assurait que les Françaises n'étaient "pas invulnérables" par moment.

"Lyon a beaucoup plus à perdre que nous, et nous avons beaucoup plus à gagner", s'amusait alors l'entraîneur allemand Jens Scheuer. Le Bayern "venait ici avec la certitude de faire trébucher l'ogre Lyon, je trouve qu'on ne s'en sort pas trop mal", a réagi Vasseur après la partie.

Quoi qu'il en soit, se comparer au géant français alimente la motivation des équipes du Vieux continent à l'instar du Barça, giflé 4-1 lors de la dernière finale.

"On s'est rendu compte qu'on était loin du niveau des meilleures équipes d'Europe et de Lyon", du coup "on a changé de mentalité et on s'est mis au boulot, parce qu'il fallait s'améliorer", expliquait l'entraîneur catalan Lluis Cortes au début du tournoi.

Après la finale perdue à Budapest, "au lieu de se lamenter et de pleurer sur leur sort, les capitaines et le staff ont organisé une réunion pour se dire : +Lyon a été bien supérieur. Nous ne sommes pas à leur niveau. On doit s'améliorer quoi qu'il en coûte+", prolonge Marc Andrés i Sanz, journaliste pour le média FutFem.cat entre autres.

- Soif de vaincre -

Pour la sélectionneuse de l'équipe de France Corinne Diacre, il convient cependant de relativiser.

"Il ne faut pas enlever le mérite de l'Olympique lyonnais d'avoir gagné tous ses titres. La concurrence est rude chaque année, les concurrents sont présents chaque année et ça sera encore le cas cette année", disait-elle à l'AFP après leur qualification dans le dernier carré.

Et d'insister: "Ce n'est jamais simple de gagner même si les résultats de l'OL ces dernières saisons sont très probants et souvent avec des scores très larges. Mais ce n'est pas parce qu'elles n'ont gagné que 2-1 contre le Bayern qu'il faut minimiser cette performance, bien au contraire".

L'OL peut en tout cas toujours compter sur la motivation d'un groupe assoiffé de trophées.

"Pour les côtoyer au quotidien, ce sont des championnes" qui veulent entretenir une "dynamique de victoires", assurait mardi Jean-Luc Vasseur. "Ca anime énormément leur volonté, leur projet pour demain et les autres jours", selon leur entraîneur.

Cet été, le président lyonnais Jean-Michel Aulas a par ailleurs réussi à conserver ses cadres Sarah Bouhaddi et Dzsenifer Marozsan, sur le départ, et attiré des pointures française (Sakina Karchaoui) et étrangères (Ellie Carpenter, Sara Björk Gunnarsdótti ou Jodie Taylor). Pour un nouveau succès?

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