Convention républicaine, jour 1 : Donald Trump, rempart contre la "gauche radicale"

Donald Trump, Jr. le 24 août 2020 lors de son discours à la convention républicaine.
Donald Trump, Jr. le 24 août 2020 lors de son discours à la convention républicaine. © Kevin Lamarque, Reuters

Le Parti républicain a tenu, lundi, le premier jour de sa convention. Après l'investiture officielle de Donald Trump dans la journée, la soirée a vu défiler plusieurs profils en vue, comme le fils aîné du président, Don Jr., ou l'ex-ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley. Tous ont présenté le candidat comme le protecteur du rêve américain contre l'agenda "socialiste" des démocrates.

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Les républicains avaient promis de l'"optimisme". Ça n'est pas vraiment le message qui sera retenu du premier jour de leur convention, lundi 24 août. Une semaine après la grand-messe des démocrates, qui ont opté pour un format 100 % virtuel, le Parti républicain a tenu à ancrer certaines de ses interventions depuis la ville de Charlotte, en Caroline du Nord. C'est là que les délégués ont officiellement désigné, dans la journée, Donald Trump comme candidat du parti à la Maison Blanche. Le président, qui espère décrocher un second mandat, s'est lui-même déplacé à Charlotte pour remercier la ville de son accueil.

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Dans la soirée, l'émission en "prime time" a ressemblé à celles que les démocrates ont produites chaque soir de la semaine dernière : une succession de clips et de discours de personnalités du parti. Le tout dans un format un peu plus traditionnel pour plaire à l'électorat conservateur.

Les discours ont pour la plupart visé à présenter Donald Trump comme un protecteur des valeurs américaines qui seraient menacées par la "gauche radicale". Charlie Kirk, le responsable d'une organisation étudiante conservatrice, l'a ainsi décrit comme le "garde du corps de la civilisation occidentale".

Tableau d'une Amérique à feu et à sang

"Biden, Harris et le reste des socialistes vont fondamentalement changer ce pays", a prévenu Kimberly Guilfoyle, membre de la campagne Trump et petite amie du fils aîné du président. "Nous sommes dans une bataille pour l'âme de l'Amérique", a-t-elle hurlé au micro. Le démocrate Joe Biden appréciera l'utilisation de l'expression, devenue son slogan de campagne.

"Ils vont vous enlever vos armes, vider les prisons, vous enfermer chez vous et inviter le (groupe criminel) MS-13 à vivre à côté de chez vous", a énuméré l'élu du Congrès Matt Gaetz. Des centres-villes en proie à l'anarchie, un budget de la police menacé d'extinction, des familles vulnérables aux attaques... Avec ce tableau exagéré d'une Amérique à feu et à sang, l'électorat blanc des banlieues de classe moyenne, symbole du rêve américain, a été particulièrement courtisé. Les femmes au premier chef.

Le Parti républicain a par exemple invité Patricia et Mark McCloskey, le couple qui avait pointé des armes sur des manifestants antiracistes car ils s'étaient approchés trop près de leur maison de Saint-Louis, dans le Missouri. "Ils veulent abolir complètement les banlieues, supprimer les habitations individuelles", ont-ils lancé. "Peu importe où vous vivez, votre famille ne sera jamais en sécurité dans l'Amérique des démocrates radicaux."

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Guerre culturelle

"Joe Biden et la gauche radicale vont s'en prendre à notre liberté d'expression. Cela ne sera plus la majorité silencieuse mais la majorité réduite au silence", a pour sa part dénoncé Donald Trump, Jr., le fils aîné du président. Il a qualifié le candidat démocrate de "monstre du Loch Ness du marécage" que serait la capitale Washington. Selon lui, "c'est comme si cette élection prenait la forme d'un combat entre l'église, le travail et l'école d'un côté et les émeutes, les pillages et le vandalisme de l'autre".

Dans un ton un peu plus consensuel, l'ex-ambassadrice à l'ONU Nikki Haley, potentielle candidate républicaine en 2024, a vanté les réussites diplomatiques de Donald Trump. Mais elle est très vite revenue au sujet du soir : la guerre culturelle en cours aux États-Unis. "Il y a un autre domaine sur lequel notre président a raison. Il sait que le politiquement correct et la 'cancel culture' sont dangereux et tout simplement mauvais. Pour beaucoup au Parti démocrate, il est désormais de bon ton de dire que l'Amérique est raciste. C'est un mensonge", a-t-elle assuré, en invoquant ses origines indiennes.

Le Parti républicain a d'ailleurs pris soin d'inviter plusieurs personnalités noires pour contrer les accusations de racisme. "Les démocrates ne veulent pas que les personnes noires quittent la plantation mentale qu'ils ont créée pour eux depuis des décennies", a ainsi raillé le représentant local de Géorgie Vernon Jones.

Lors de la suite de cette convention républicaine que certains commentateurs hostiles appellent déjà la "convention Trump", le président américain a prévu d'apparaître chaque jour avant son discours final jeudi. Reste à savoir s'il s'accrochera à son cher thème de "la loi et l'ordre" ou s'il tentera de nouvelles lignes d'attaque.

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