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En Biélorussie, les arrestations d'opposants se multiplient

Un Biélorusse agite un drapeau lors d'une manifestation pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle, à Minsk, le 24 août 2020.
Un Biélorusse agite un drapeau lors d'une manifestation pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle, à Minsk, le 24 août 2020. © Sergei Gapon, AFP
8 mn

De nouvelles manifestations sont prévues, mardi, en Biélorussie, pour dénoncer la réélection le 9 août du président Alexandre Loukachenko. Le chef d'État n'a toujours pas réussi à éteindre ce mouvement populaire, même si les principales figures de l'opposition se trouvent en exil ou sous les verrous.

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La répression de la contestation se durcit en Biélorussie, alors que de nouvelles manifestations sont prévues, mardi 25 août. Le mouvement inédit de protestation contre le président Alexandre Loukachenko a beau être entré dans sa troisième semaine, le chef de l'État multiplie les déclarations et mises en scène martiales.

Lundi, plusieurs manifestants et organisateurs de grève ont été arrêtés. Deux chefs de file de l'opposition ont comparu, mardi, devant la justice après une nuit passée en prison.

La lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch a été convoquée par des enquêteurs en tant que membre du "conseil de coordination". Formé par l'opposition, ce "conseil", destiné à promouvoir une transition pacifique du pouvoir, fait l'objet de poursuites en justice pour "menace à la sécurité nationale".

Deux de ses membres, Sergueï Dilevski et Olga Kovalkova, ont été interpellés, lundi, à l'entrée de l'emblématique usine de tracteurs de Minsk (MTZ), pour avoir illégalement organisé une grève, selon leurs partisans. Outre sa place dans ce "conseil", Sergueï Dilevski est également le président du comité de grève de cette usine.

Le président du comité de grève d'une autre usine de fabrication de véhicules lourds (MZKT), Alexandre Lavrinovitch, a également été appréhendé par la police, lundi, pendant qu'il collectait des signatures en faveur d'un nouvel arrêt de travail. Le coprésident du comité de grève du producteur de potasse Belaruskali, Bokoun Anatoli, a en outre été interpellé lundi, à Soligorsk, une ville industrielle située à environ 135 km au sud de Minsk.

Trois personnes ont également été arrêtées dans la soirée en marge d'un nouveau rassemblement de l'opposition à Minsk.

Un mouvement qui ne se veut ni "prorusse ou antirusse"

L'égérie de l'opposition biélorusse, Svetlana Tikhanovskaïa, a réagi, mardi, depuis son exil lituanien en déclarant que la répression accrue n'avait "pas dissuadé mais seulement renforcé la résolution de la Nation".

"Nous sommes une majorité désormais. Une révolution pacifique est en cours. Ce n'est pas une révolution géopolitique [...] c'est une révolution démocratique", a lancé Svetlana Tikhanovskaïa, lors d'une réunion par visioconférence devant des élus du Parlement européen.

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Elle a rejeté les qualificatifs de "prorusse ou antirusse" et de "pro ou anti-UE" concernant la contestation, alors que le président Loukachenko s'efforce de présenter le mouvement comme un complot occidental visant à saper les relations avec Moscou.

Alexandre Loukachenko, qui dirige la Biélorussie d'une main de fer depuis vingt-six ans et a été réélu le 9 août au terme d'un scrutin considéré comme truqué par l'opposition, a vu dans la création de ce conseil d'opposants une tentative illégale de prise du pouvoir.

Alors que les enseignants doivent manifester, mardi après-midi, le président biélorusse a prévenu que tout professeur ne soutenant pas le gouvernement serait renvoyé.

Avec AFP

 

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